Valéry. L. IV, ch. xvni
2, Baldinucci, t. VllI, p. ijo.
a h st.itiie k ressemblnnce d'une princesse; et en i6j6, à l'occasion du mariage de Ferdinand 11, elle fut définitivement convertie en déesse de l'Abondance — Doviiia, — en mémoire de la prospérité dont la Toscane jouissait, grâce à la sagesse
ETATL'E DE I, ' AB O N D A KCn .
Jardin des Baboli (Florence).
de Ladministratlon de son grand-duc, alors que le reste de l'Europe était affligé par la guerre et par la famine; cest ce qu'explique l'inscription gravée sur le piédestal :
PARIO. E. MARMORE. SIG>r[:M. COPIA HIC. POSITA. SL-M. A. D. JIDCXXXVI MEMORIA. ETERNA. UT. VIGEAÏ. QUOD GMNIS. FERE. EUROPA. DL'M. FUNES T ISS I JIO ARDERET. BELLO. ET. ITALIA. CARITATE
ANNON.li. LABORARET. ETRURIA. SUB FERDIXANDO. II. NUMiNIS. BENEVOLENTIA PACE. REH.I;M. OPTIMA. ATQUE. UBERTATE. FRVKBATL'l!. VIATOR. ABI OPTIJIVÏI. PRIXCIPEM. SOSPITEM. EXSPOïULA TUSCI,E. FELICITATEM. GRATULARE.
FLORENCE
La statue est placée au sommet de l'amphithéâtre de verdure qui s'élève eu face des fenêtres du palais Pitti. E[le produit le plus hetireux effet. Le corps tout entier, œuvre de Jean Bologne, a de belles proportions ; les draperies, traitées avec grâce, sont d'une souplesse remarquable. C'est une des bonnes productions de l'artiste, et la seule statue colossale de femme qu'il ait exécutée.
4° Buste colossal de Juj-itcr
Avant de quitter le jardin des Boboli, arrêtons-nous devant le buste colossal en marbre de Jupiter, dont Jean Bologne avait fait présent à Vittorio Sodcrini, et qui, possédé enstiite par la famille Martelli, fut enfin acquis par les grands-ducs.
Ce buste, d'une large exécution, atteste chez son auteur une étude approfondie de l'antique, ce qui a fait supposer que c'est un de ses premiers ouvrages après son séjour à Rome.
Si l'on considère cette œuvre comme un essai, c'était à coup siu' un essai plein de promesses.
Le buste a i m, 95 cent, de hauteur.
Nota. — Baldinucci nous apprend que Jean Bologne, pendant qu'il travLiillait au colosse de Pratolino, exécutait, ou faisait exûcuter par ses élèves afin d'en diicorcr les allées du parc, des groupes en pierre de paysans — villaui — se livrant à des jeux ou à des occupations champêtres. Lorsque le grand-duc Pierre-Léopold renonça au séjour d'été de Pratolino, la plupart de ces statues furent transportées dans le jardin des Boboll. Quelques-uns de ces groupes existent encore. Sont-ils du maître ? nous ne le pensons pas.
g II. LE JUPITER PLUVIEUX OU l'aPENNIN
Villa de Pratolino '
La villa de Pratolino, située à cinq milles de Florence, près de la route de Bologne, a été construite en 1569 par Bernardo Buontalenti pour le
j. Voy. Valéry ; Fontani ; Castelbn, notice sur Pratolino.
duc Fnint^ois de Mcdicis. La dépense s'éleva à la somme de 782,000 éciis.
On voit que ce prince, qui ne fut pas généreux, sous l'empire de la passion se montrait prodigue. PratoHno devait être le séjour de la ûinieuse Vénitienne Bianca Capello, et c'est pour lui pLaire que le duc, son amant avant de devenir son époux, fit tracer ces merveilleux jardins, que le Tasse ne dédaigna pas de chanter.
Aujourd'hui, de cette magnifique résidence il ne reste plus que des ruines, et parmi ces ruines s'élève, comme un témoin des vicissitudes de la fortune, le colosse de VApenmn, qui lui-même a mal résisté à la redoutable action du temps.
Vis-à-vis de l'une des faces du château, à l'cxtrémitc d'un long tapis de gazon, au milieu d'un massif d'arbres, se trouve adossée la statue gigantesque de ÏAfeuniii ou du Jupiter pluvieux. Le dieu, accroupi et penché en avant, s'appuie d'une main sur le rocher, et de l'autre il presse sous un quartier de roche un monstre marin, dont la tête seule est visible et dont la gueule ouverte laisse échapper une belle nappe d'eau qui tombe dans un bassin demi-circulaire. Le;; cheveux et la barbe du colosse descendent comme des stalactites sur ses larges épaules et sur sa poitrine.
L'œuvre est du style le plus grandiose et la tête d'un beau caractère. La statue, telle qu'elle est, a plus de 2j mètres de hauteur; si on la supposait debout, elle en aurait
Il fallait être architecte aussi bien que sculpteur pour arriver à exécuter cette œuvre gigantesque, et Jean Bologne a dû se montrer savant aillant qu'artiste, pour construire dans des conditions de solidité et dans de justes proportions ce prodigieux colosse.
Nous ne décrirons pas avec détail les procédés de construction de la statue, les matériaux dont elle se compose, les trois étages de grottes qu'elle renlerme.
C'est pour satisfaire le caprice d'un petit souverain et de sa favorite que Jean Bologne a dû consentir à faire une œuvre extraordinaire plutôt qu'une œuvre d'art. Dans l'exécution de cette tache il a fait preuve d'un rare mérite, mais il nous est permis de regretter que, pour tenter un tour de force, Fauteur de la Sabine et du Mercure ait été détourné de ses nobles travaux.
g III. VILLAS DE CASTELLO ET DE LA PETRA1A\
i'' La Baigneuse. — 2° Les Oiseaux de broute
Cosme I" aflcctioiinait La vilLa de Castello, située à deux railles de Florence, près de la route de Pistoi.i. Il avait fait réunir dans les jardins des eaux abon-
LA BAIGNEUSE DE LA i'ETRAlA
dantes, et le Tribolo y avait construit deux fontaines d'une élégance et d'un goût parfaits. L'une d'elles devait être surmontée d'un groupe représentant Hercule étouffant Ante'e. L'autre devait recevoir à son sommet une baigneuse, qui, en
1. Voy. Vasari, Viia ihl Tiiboh, t. IV, p. 70-98. — Raldinucci, Noli^ic di Gw Bologna, et une brochure du marquis Achille de Lauzière, sur la statue de la Petraia. Florence, 18^2.
FLORENCE
sortant du bain, presse sa chevelure, l'eau s'ccoulant de l'extrémité des cheveux. Le Tribolo mourut avant d'avoir terminé ces deux œuvres. Le groupe à' Hercule et Antée, exécuté après sa mort par l'Ammanato, est resté sur son piédestal à Castello. Qiiant .à la seconde fontaine de Tribolo, elle reçut son couronnement de la main de Jean Bologne.
Les deux fontaines ornaient les jardins de la villa de Castello. Toutes deux étaient placées dans l'axe de l'allée pi-incipalc.
OlSIi.^UX BEONZE DE CASTELLI
C'est seulement sous le grand-duc Pierre-Léopold que la fontaine de la igneuse fut transportée à la villa de la Petraia, située à peu de distance de la villa de Castello, et qu'avait embellie la grande-duchesse Christine de Lorraine, femme de Ferdinand 11.
Que le Tribolo ait conçu l'idée ingénieuse de la Baigneuse qui fait découler l'eau de l'extrémité de sa chevelure, la chose est possible ; mais il
est hors de doute que l'exécution de la statue appartient à notre sculpteur'.
Cette statue de bronze, qui surmonte la fontaine de marbre blanc du Tribolo, est un chef-d'œuvre de grâce.
2° Les Oiseaux de broiiy^e'
Dans la grotte de l'Orangerie, située au fond du jardin de la villa de Castello, on voit des oiseaux de bronze, perchés sur diverses saillies anguleuses d'un rocher artificiel. Ces oiseaux, œuvre de Jean Bologne, sont d'une rare perfection.