‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 58 sur 103 · PETRUS. A. FRANCAVILLA · texte numérisé non relu

PETRUS. A. FRANCAVILLA

CAJIERACENSIS. FECIT. PISIS.

A. C. CIO ID XCIIII

11° SECTION. — Lacques, Are:^{o, Orvieto % \. — LUCQUES. — Autel du Cltrist de la Liberlc'

En I )6q, les Lucquois avaient élevé un autel en bois à la gauche du maîtreautel de leur cathédrale de San-Martino, et ils l'avaient dédié au Christ libérateur, en mémoire de la victoire qu'ils avaient remportée sur les Pisans avec laide de l'empereur Charles IV.

I Giuseppe Matraja. Sloria di Luca. 1836. Mail. n° 68 de la Bibl. pabl. de Lucques. — Arch. nolarialcs de Lucques, fol. 964-1011, — Borghini, Cicognara, Valéry.

AUTEL DU CHRIST Dl

En 1(77, résolurent de remplacer le bois par le marbre, et d'ériger à la Liberté un monument digne d'elle. Ils s'adressèrent au grand-duc François 1", le priant d'autoriser son sculpteur à réaliser le vœu de la cité. Jean Bologne accepta de grand cœur la mission qui lui était confiée, et, en 1579, son œuvre était achevée.

LG CHRIST DE LA LIBEIiTÉ. LUCQUtS

1579. L'autel du Christ de la Liberté est en marbre blanc de Carrare. La décoration architecturale est tout entière de la composition de notre artiste. Elle est d'une noble simplicité.

Le milieu, supporté par deux colonnes de marbre violet, est surmonté d'un deuxième ordre et d'un fronton triangulaire, au sommet duquel est sculpté un aigle qui tient un écusson'. Les deux parties latérales sont couronnées d'un fron-

I. Entre le Christ et le fronton triangulaire est un cartouche au milieu duquel est gravée en grands caractères dorés l'inscription suivante ;

LiriKR ATOKI.

T U T E I. A R nul s .

L'ITALIE. 113

ton semi-circulaire, coupé par les côtés verticaux qui soutiennent le fronton central. Dans la niche du milieu, carrée du haut, et dans les deux niches latérales cintrées, sont les trois statues, en marbre blanc, du Christ libérateur^ de saint Pierre Gt àe saint Paulin. Chacune de ces statues a 2 mètres de haut. Le saint Paulin, placé à gauche, est correct mais froid, sans physionomie. A droite, le saint Pierre a de grandes qualités : l'attitude a quelque chose d'énergique, la tête a du caractère. Mais c est la figure du Christ qui a surtout inspiré l'artiste. Le Sauveur est sorti du tombeau ; les regards et le bras droit sont élevés vers le ciel ; on sent qu'il ressuscite, que sa douloureuse mission est accomplie et qu'il va quitter la terre. Le corps, presque entièrement nu, est d'une rare perfection ; le style est élégant et noble Le linceul, à peine attaché au-dessus de l'épaule, forme en arrière une draperie volante, d'une souplesse et d'une légèreté remarquables.

Cicognara a donné place au Christ de Lucques dans son recueil des sculptures choisies de l'Italie.

Il faut mentionner aussi les deux petits anges en marbre qui reposent sur les frontons latéraux, et qui tiennent dans leurs mains les attributs de la Passion. Rien de plus naturel et de plus gracieux. Le Christ et les deux enfants, dit Borghini, excitent Ladmiration de tous ceux qui les voient : le quali figure fanno maravigïiare chiunque le mira '.

Au-dessous de la console qui supporte le Christ on lit ces mots, gravés dans le marbre :

JOANNIS. BOLOXIE, FLANDREN. OPUS.

A. D. MDLXXIX.

Un peu plus bas est un bas-relief représentant la ville de Lucques.

S " — STATUE PÉDESTRE DE FERDiNAND l", A AREZZÛ ".

En 1^90, le conseil général d'Arezzo vota une statue de marbre du grand-duc Ferdinand I"', et demanda que l'exécution en fût confiée à Jean Bologne. L'artiste se rendit à Arezzo pour étudier l'emplacement. Quatre ans après, la statue

I. On sait que Michel-Ange a représenté aussi un Christ glorieux, qu'on admire à Rome dans l'église de la Minerve ; il est intéressant de le comparer au C/irist de la Liberlc de Jean Bologne.

1. Arch. med. Cart. di Ferdinando 1°, fîka 159. — Arch. commtnula d'Arc-^^^o, copia iettere 17, 18, 30, etc. — Baldinucci.

était érigée :i l'angle sud des degrés de la cathédrale. Cette statue, en marbre blanc de Carrare, a 2"', 50 de hauteur. Elle fut exécutée par Franquevilie, sur le dessin et d'après le modèle du maître.

Sur la face antérieure du piédestal on lit l'inscription suivante :

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