‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 60 sur 103 · S.\INT-.M.\TH1EU. C.\THEDR.\LE D ORVIETO · texte numérisé non relu

S.\INT-.M.\TH1EU. C.\THEDR.\LE D ORVIETO

pas à revenir sur les détails qui appartiennent à sa biographie, et nous n'avons qu'à décrire ici la célèbre fontaine.

1. Vasari, ;. V, p. 327. — Vali^rv. — Gualandi, Slori.i ddln piltur.T, t. XI, p. 318.

2. Il résulte des documents originaux que ce fut seulement en 1367 que Jean Bologne mit la dernière main à son œuvre.

Elle s'élève sur le prolongement de la grande place de San-Petronio. Il faut faire avant tout la part de Tommaso Lauretti, chargé de l'architecture. Les statues et les ornements en bronze doivent seuls être attribués à Jean Bologne.

Le monument se compose d\m bassin quadrangulaire à coins profilés, à retraites et saillies, auquel on accède par trois degrés de marbre rouge. Sur les faces sont gravées les inscriptions suivantes :

Côté sud : FûRi ornamento, pour l'ornement de la cité. Côté ouest : Populi commodo, pour Futilité du peuple. Côté est : ^ere pubijco, des deniers publics. Côté nord : la date MDLXIH.

Au milieu du bassin s'élève un piédestal carré, divisé en trois étages qui affectent la forme pyramidale : i" le soubassement; 2° le piédestal proprement dit; j° le socle, surmonté de la statue colossale en bronze.

1° Le soubassement. — Les quatre angles sont rompus en saillies et retraites. Dans chaque angle est placée une sirène en bronze. Entre ses jambes, recouvertes d'écailies et terminées en queue de poisson, ressort une tête de dauphin qui lance l'eau en forme de jet d'eau. De ses deux mains la sirène semble presser ses seins d'où elle fait jailHr l'eau. Sur les quatre faces, entre les sirènes, sont adaptés quatre petits bassins, en forme de coquilles, soutenus par des consoles. Sous chaque console est un masque de lion qui rejette l'eau par la gueule ouverte. Les bassins sont surmontes de cartouches avec ces inscriptions :

Au sud : S. P. Q.. B.

A l'Ouest : Carolus. Borrhomœus. Gard.

A l'est : Plus IV. Pont. Max.

Au nord : Petrus. donatus. cŒsms. gubernator.

2" Le piédestaL — Chacun des angles, au sommet, est orné d'une tête de bélier, et au-dessous, d'une guirlande de feuillage accompagnée d'une volute qui se déroule et se termine par une conque marine. Cette conque abrite la sirène du soubassement, et déverse à droite et à gauche l'eau qui est reçue dans les petits bassins inférieurs.

Sur les quatre faces, entre les angles ainsi ornés, sont quatre riches écussons où se trouvaient les armoiries (aujourd'hui effacées) du souverain pontife, surmontées de la tiare, du cardinal Borromée, du pro-légat Cési, et de la Cité.

et qui tiennent dans leurs deux mains chacun un dauphin qui lance l'eau que reçoit la conque marine du piédestal. Au milieu se trouve le socle de forme gra-

cieuse; sur les quatre faces sont les têtes en bronze des quatre vents : de leurs bouches jaillissent quatre jets d'eau.

Enfin le socle est couronné par La statue colossale en bronze de Neptune, haut de j"\42.

Les huit statues des sirènes et des enfants sont d'une exécution magistrale ; les divers ornements sont traités avec un goût parLxit. Quant à la statue du dieu, c'est un chef-d'œuvre.

Neptune est entièrement nu'. D'une main, il tient le trident; l'autre main est levée, comme pour apaiser les flots. L'artiste s'est rappelé le Qtios ego de Virgile. Le torse, musculeux et robuste, est d'une grande beauté. Les traits du visage et toute l'attitude expriment le calme et la dignité. De quelque coté qu'on contemple le dieu, ses formes sont irréprochables, et l'aspect général est iaiposant et plein de majesté*.

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