‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 61 sur 103 · II. — LA CHAPELLE GRIMALDI , A GÈNES · texte numérisé non relu

II. — LA CHAPELLE GRIMALDI , A GÈNES

En 157), ^^'^^^ Grimaldi, un des riches et puissants seigneurs de Gênes, eut la pensée de faire ériger dans l'église des Franciscains de Castelletto, voisine de son palais, une chapelle que Jean Bologne, avec l'autorisation du grand-duc, fut chargé d'orner de bas-reliefs et de statues.

Son œuvre, exécutée en grande partie par Franqueville, sur les dessins et d'après les modèles du maître, ne fut terminée qu'en 1580.

Lorsque, après 1815, le gouvernement sarde établit à Gènes un nouveau système de fortifications, le Castelletto devint un fort, et l'église des Franciscains fut démolie. Les objets d'art qu'elle renfermait furent dispersés, sans que la famille

I. Cette nudité, au xviii' siècle, donna lieu à plus d'une réclamation. Le Sénat en fut saisi, et il eut le bon sens de n'en tenir ancnn compte. (Gualandi.)

a. On voit, au Musée de TUniversité de Bologne, une petite statue du Neptune en bronze florentin. Elle offre quelques différences avec la grande statue de la fontaine, qui a plus de simplicité; peut-être est-ce le modèle envoyé au pape Pie IV par le gouvernement des Quarante ?

Au -wnr siècle, le Neptune colossal fut modelé en plâtre sur la demande du duc de Parme. Un des deux plâtres, offert au pape, se trouve aujourd'hui au couvent de San-Michele in Bosco, près de Bologne ; l'autre est à l'Académie de peinture de Parme.

Enfin, en 1S67, M. Foucques a vu à Florence, chez M. Gagliardi, marchand d'antiquités, une terre cuile coloriée qui représente probablement le premier objet de Jean Bologne. C'est, parait-ii, un petit chef-d'œuvre de finesse et de grâce. L'exécution sans doute aurait entraîné de trop grands frais. Qu'on songe que la fontaine, telle qu'elle est, a coûté à la cité de Bologne 70,000 écus d'or !

j. Soprani, t. I", p. 423. — Baldinucci.

L'ITALIE

Grimaldi élevât aucune récLuiiatioii. L'État fit Iransporter les statues et les basreliefs de Jean Bologne dans l'église des Saints-Jérôme-et-François, qui sert de chapelle à l'Université. Enfin, en 18; 5, les statues furent transférées dans la grande salle des examens, les bas-reliefs dans la salle du conseil, où, en 1845, les statuettes d'enfants ou de petits génies furent également placées. Quant au crucifix qui complétait la décoration de la chapelle, on ne sait ce qu'il est devenu.

L'œuvre de Jean Bologne dans la chapelle Grimaldi se composait : i" d'un crucifix aujourd'hui perdu ; 2° de six statues; j° de sept bas-rehefs ; 4° de six petits anges. Le tout est en bronze florentin.

Les six statues, hautes de i"',70, représentent les six Vertus.

La Justice tient un glaive d'une main, et de l'autre une balance. Elle manque de physionomie,

- La Charité, avec ses deux enfants, forme un groupe bien composé. L'expression des traits pourrait être plus douce.

La Tempérance tient d'une main un mors, de l'autre un compas et une règle.

La Force a en main une massue.

La Foi se reconnaît à son calice.

Ces trois vertus ne sont pas assez caractérisées.

L'Espérance est, sans comparaison, la plus belle de ces statues. Ses mains sont jointes, son regard dirigé vers le ciel ; elle semble se soulever avec une sorte d'entraînement involontaire. La pose est noble et gracieuse, l'exécution irréprochable.

Ce qu'on ne saurait assez louer dans les six figures, c'est l'art avec lequel les draperies sont disposées.

Les sept bas-reliefs représentent les scènes de la Passion. Le sixième, qui a pour sujet le portement de la croix, est plus estimé. L'artiste a reproduit à peu près ces diverses scènes dans les bas-reliefs de ['Anniin^iala, et sur une des portes de la cathédrale de Pise.

Les enfants (angiolini), à demi couchés dans les poses très variées, semblent animés; ils sont gracieux et charmants; s'ils étaient debout, ils auraient o°',8o à g'", 90 de hauteur.

L'œuvre de Jean Bologne, à Gènes, mérite la visite de tous les amis de l'art. On la connaît peu, parce qu'il faut la chercher. On ignore que c'est à l'Université, qu'on la trouve.

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