‹ La vie et l'œuvre de Jean BologneChapitre 99 sur 103 · L — DE LA FONTE · texte numérisé non relu

L — DE LA FONTE

11 y a eu à Florence des fondeurs de profession : Vasari, dans sa Vie de Michel-Ange, cite un certain maestro Jacopo Ciciliano, eccellente gettatore di bron:^i.

A la fin du xv'' siècle, on citait le Vénitien Giovanni di Giulio Alberghetti, et, au xvi% le P. Portigiani, souvent associé à l'œuvre de Jean Bologne. En outre, les artistes italiens dirigeaient eux-mêmes leur fonte.

I, Cette note ne complète-t-elle pas notre étude sur Jean Bologne, qui fut, à Florence, un des fondeurs les plus expérimentés?

198 NOTE

ff A vnii dire, écrit Baldinucci, en ce qui se rapporte au jet de la fonlc, Jean Bologne, de son temps, a eu peu d'égaux. — l'aglia il vcro, in cio chel al getto apparteneva, Gio Bologna, ne! suo tcnipo, ebbe pochi eguali. »

Il est à remarquer que les artistes les plus renommés comme fondeurs, tels que Pietro Tacca et Adrien de Vries, sont de son école.

Qiiant aux procédés employés par les Florentins, les renseignements sont à peu près nuls.

Les notes de Ghiberti sont d'une brièveté extrême; Vasarî, qui, dans son Introduction de la sculplure,, entre dans de grands détails sur la fonte des statues, se contente de dire, en ce qui concerne l'alliage : « On fait l'alliage du métal statuaire avec 2 / j de cuivre rouge et de i / j de cuivre jaune. — Les Égyptiens, au contraire, chez qui cet art a pris naissance, mettaient dans le bronze i/j de cuivre jaune et r/j de cuivre rouge. — Si fà la lega del metalla statuario di due ler^i di rame e un ter^o di ottone. — Gli Egi^i, da' quali questa arte ebbe origine, meltevano nel bron':^o i due îerrj d'otlone e un ter'^o di rame. »

Il ajoute : « Dans la fonte des cloches, on emploie 20 parties d etain pour 100 parties de cuivre rouge. — Pour la fonte des pièces d'artillerie, 10 parties d'étain pour 100 parties de cuivre. — Nelle campane per ogni cento di rame, si mette vcndi di stagno. — Aile artiglieri per ogni cento di rame dieci di stagna. »

Ces indications son évidemment incomplètes et insuffisantes.

Dans son Histoire des Beaux-Arts au temps des Grecs et des Romains, Vasari n'est pas plus précis en ce qui touche l'art du fondeur dans l'antiquité. 11 cite le bronze corinthien, le plus estimé de tous, et qui, selon Pline, prenait une teinte vert clair; puis le bronze déliaque, le bronze éginétique. — Il ajoute que les artistes obtenaient ce bronze par l'alliage du cuivre, soit avec l'or soit avec l'argent, soit avec l'étain, dans des proportions plus ou moins grandes — « Mescolando il rame, clii con oro, chi con argento, chi con istagno, e chi viù e clii meno. »

M. de Clarac mentionne le bronze des anciens, connu sous le nom d^aiirichalcum (couleur de chrysocale), et qui était dû à l'alliage de gelamina ou oxyde de zinc, alliage qui donnait au bronze une couleur semblable à l'or, et augmentait son poids.

LE BRONZE FLORENTIN

On le voit, rien de plus vn.gTic'.

Revenons ii nos Florentins. On ne peut douter que leur alliao-e ne comprît, outre le cuivre rouge (rame) et le cuivre jaune :otlone), une partie de zinc (gelamina) et une partie beaucoup moindre d'étain (xtagno).

Mais quelles sont les proportions ?

Il semble que chacun de ces artistes ait voulu faire mystère de ses procédés. Peut-être scst-il tout simplement conformé à l'usag-c, à la tradition sans règles constantes, sans proportions déterminées. Peut-être aussi chaque atelier avait-il son secret qu'il n'avait garde de divulguer.

On connaît l'acte désespéré de Benvenuto Cellinij jetant dans le fourneau, d'où le Pcrsée devait sortir, toute sa vaisselle d'étain.

Dans la fonte des portes de la cathédrale de Pise, nous savons que le P. Portigiani employa, après l'avoir modifie, le bronze des cloches incendiées.

Qtiant à nous, nous inclinons à croire que les artistes florentins ne se sont pas soumis à une formule, et que le secret de leur alliage n'a pas été perdu, parce que, à vrai dire, il n'a jamais existé '.

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