‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 146 sur 343 · Mémorables · texte numérisé non relu

Mémorables

PLATON ET LA PuLiilQUE ATHENIENNE

Et en effet, comme Platon le lui fait dire dans la République^ : « C'est avec raison que dans les cités vulgaires le philosophe refuse de prendre sa part du fardeau du gouvernement : elles n'ont rien fait pour lui : il n'a rien à faire pour elles ». Le silence gardé par l'histoire, et le texte des écrits d'Aristote autorisent également à affirmer ([ue le fondateur du Lycée, tout entier à son zèle pi)ur la science, a réussi à se désintéresser des graves événements qui bouleversaient alors la Grèce et le monde.

Au reste, les faits venaient de montrer avec une cruelle évidence le sort r('servé au sage qui osait s'attaquer à ces soj)histes, à ces rhéteurs, flatteurs de la multitude dont ils recueillaient en retour les applaudissements -. Platon songeait déjà à lui-même tout autant qu'à son maître, quand il écrivait dans YApolor/ic : « Quiconque voudra lutter franchement contre les passions d'un peu])le, celui d'Athènes ou tout autre quiconque voudra empêcher qu'il ne se commette rien d'injuste ou d'illégal dans un Etat, ne le fera jamais impunément. Il f.iut de toute nécessité que celui qui veut combattre pour la justice, s'il veut vivre ([uelque temps, demeure simple particuliin* ^ » Et il est évidiuit que si Platon a consacré deux traités complets à Tétude des lois du gouvernement des hommes, il l'a fait en penseur et en philosophe, non en politique qui lance fièrement un programme en attendant le jour où tout un parti relèvera au j)ouvoir avec mission ou même avec mandat impératif de le réaliser. N'ayant jamais, à l'exemple de son maître, provoqué ouvertement par ses sarcasmes la vanité athénienne, Idaton ne connut pas la faveur, mais aussi il lui fut donné d'éviter la disgrâce. Comme l'a dit

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