Voir le texte d'Amphis cité plus haut
LA VIE DF- PLATON
Sollicités par ces rapprochements, les archéologues se sont mis en campagne ponr les multiplier et dès maintenant on compte jusqu'à huit répliques dérivant d'un mémo original. Ce chiffre élevé tendrait à prouver, d'après M. lieinach, qu'il existait dans ranti(|uité une statue de Platon, datant de son époque, celle de Silanion peut-être, et d'après la(juelle toutes les autres, dans la suite, furent modeh'es à peu près exclusivement. Mais la contradiction ne pouvait manquer de se produire et tout récemment M. Ravaisson a fait remarijuer que ce type, d'expression plutôt vulgaire, où les tempes sont recouvertes par la chevelure, 011 le visage se rétrécit au lieu de s'élargir i^n remontant yers]le haut de la tète, ne répond qu'assez mal à l'extérieur tout aristocratique, à l'imposante prestance et au large front que les anciens sont à peu près unanimes à attrihuer à Platon ^ De telle sorte qu'avec M. lleydemann nous dtn'rions renoncer à posséder une seule représentation vraiment auth('nli(j[ue do Pil lustre Athénien.
Heureusement ses écrits sont là pour nousdonner de son caractère et de toute sa personne la plus heureuse image : ce qui n'empêche })as d'attacner un véritahle intérêt au témoignage d'Apulée, invoquant Pautoriti' de Speusij)pe pour attester à la fois l'heureux naturel et la brillante ('ducation du futui' philosophe : « Xam Sp<^usip|)us et pueri ejus acre in percipiendo ingcnium et admiranda^ verecundia^ indolem laudat et puhescentis primitias labore at([uc amore studendi imbutas refert et in viro harumincrementa virtutum et ceterarum convenisse testatur. »
A cet éloge j'ajouterai un dernier (h'tail. Platon, nous dit Dioiiène Paérce-, avait la voix faible. Cette circonstance n'aurait-
1. La trailition antique se résume tout entière dans ces mois d'Epictètc {Diss. I, 8, 13) : KaÀb; /,v TDarfov v.y.\ ît/'j^ô:, ainsi coninientés au xvr siéclo par Le Masle dans des vers fort naïfs :
Joint qu'il était robuste et d'un corsage Plaisant et beau, si bien que de son âge L'on n'eust sceu voir un subiect plus divin Ou'estoit l'obiect aîi^g^réable et divin De sa personne...