‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 14 sur 343 · i.i. C'est un fragment d'Ainphis · texte numérisé non relu

i.i. C'est un fragment d'Ainphis

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I.e mot y.rjy'fJ.T.'^ avait paru ^u:^pect à ^I. Ilolbig : 'M. S. Reinach a tenti', non sans succès, de lo défendre. Cf. Sextus Kmpiricus, (uh-. Milh. 1, 208.

-. Précisément en ce qui concerne Platon, (31ympiodore aflirme que ses inTiagesétaient partout répandues. 7:avTa7oO àvav.siu.r/ai. Le philos(^plie n';tv;iit cependant pas joui du même honneur qu'Aristote, dont la statue, dés son vivant, avait été érigée à D.dplies par Philippe de Macédoine en même temps que celles des princes de la famille royale.

3. On lit à ce sujet chez Pline l'Ancien (X\ V, 2) cette phrase remarqnnl)li' : r< Quin inio etiam quic non sunt, finguntur. pariuntque desideria non traditos vuUus. ))

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PLATOX JUSQU'A LA .MOUT DE SOCRATE

la galerie des Uffizl à Florence. Est-ce bien celle que Girolamo de i'istoie vendit à Laurent de Médi(a's au xv'' siècle et qui j)rovenait, dit-on, des fouilles faites sur remplacement même de rAcadémi(; ? Visconti et Schuster r;dfirment, d'autres le nient. Le désaccord n'est pas moins grand sur lauthenticité de l'inscription (pii l'accompagne : tel la considère comme contemporaine de r(puvre d'art elle-même, tel veut (pfelle ait été ajoutée sid)repticement plus tard K Schuster cite comme reproduisant le même profil une statuette de marbre, autrefois à Rome, maintenant en Angleterre, laquelle d'après les gravures qu'on en ipossède présenterait une grande analogie avec les statues assises de Ménandreet de Posidi|)pe au Vatican. La tète est b-gèrement inclinée, dans l'attitude d'un homme qui prête l'oreille à une objection. Le personnage qui tient un rouleau à la main, pourrait bien être Platon le comi({ue, et non le philo?o[>he : la chevelure est abondantt^ ,ce (pii le différencie du Platon de Florence dont la tête est celle d'un homme au seuil de la vieillesse. Quoi qu'il en soit, voici en quels termes ce dernier buste est décrit par un des platoniciens les plus convaincus de ce siècle, Victor Cousin - :

« Platon revit tout entier dans ce marbre, de demi-mesure. l']?t-ce une co[)ie réduite de la figure de la statue de bronze de Silanion^ qui était placée dans l'Académie? N'était la bandelette sacrée qui ceint la tête du divin personnage, on pourrait considérer ce petit marbre comme un portrait fait sur l'original, tant il est simple, aisé, naturel. L'ensemble de ces traits nobles

1. Le style de la sculpture, écrit M. S. Peinach, appartient à lepoque impériale, c'esl-à-dire à un temps où lo tï majuscule à branches inégales de l'inscription avait cessé d'être en usage. ]^Iais qui nous dit que statue et inscription ne sont pas la copie d'une <euvre antérieure?

-. Un moulage do cette tête célèbre lui avait été envoyé par le grand-^duc de Toscane, et se voit encore dans sa bibliothèque à lu Sorbonne, à C()té d'un petit buste de caractère assez antique (jui lui avait étt's également olTert en hommage par des amis d'Italie. Po piédestal tout moderne porte au-dessous du mot lIAATLiX, la devise suivante: 'O -/aTavoéov i-/i-M ui.

3. Silanion, qui llorissait vers Pan 32:i, Pavait faite sur l'ordre du Perse ?*Iithridate et peut-être est-ce pour plaire à ce dernier qu'il a prêté au philosophe une coilTure à l'orientale.

LA \ lE DE PLATON

et réguliers respire le seiUiriienl de la proportion et de l'harmonie.Ge vaste front est bien le si^gc d'une vaste pensée ; les yeux un peu saillants et la bouche légèrement entr'ouverte indi(juent Tentliousiasme, tandis (jue sur les mêmes lèvres repose un sourire fin et bienveillant. Cette large poitrine nous rappelle celle de Ciœtbe. »

Une autre reproduction supposée du grand philosophe a inspiré à M. Gebhart des réflexions presque send)lables : (( I.e buste de Platon est au Vatican dans le cabinet de Méléagre. Il a le front droit et haut, les arcades sourcilièrcs légèrement prononcées ; les yeux, autour desquels on ne remanpie aucun de ces plis délicats, signes des émotions intérieures, ont un regard assuré et immobile. Les joues unies, la bouche presque close et qui ne sourit pas, puis la chevelure qui retombe des deux cotés de la tète, et la barbe qui descend sur la poitrine, sans (pie rien ne trouble leur parfaite régularité, tout en un mol indique que chez le philosophe la sensibilit»' est endormie et que seule rintelligence veille... 11 contcni})le d'ailleurs plutôt ([u'il ne raisonne : c'est Platon poète, le Platon du Phèdre et du Banquet oubliant la terre et songeant au ciel. »

M. Gel)hart retrouve les mômes caractères, mais avec un degré de plus de grandeur et de majesté dans le furt l)eau buste de bronze découvert à liercidanum le jiS avril IToD, et dont s'est enrichi le mu-ée de Xaples ; <^ Li tète par un mouvement admirable, s'incline en avant ' ; il plonge [)lus profondément dans les rêveries métaphysiques, il va pouvoir écrire les discussions subtiles du Phédon. » Veut-on maintenaiit entendre l'abbé Perreyve, cette ;inie jeune et enthousiaste, [irnfondément éprise de la beauté philosophique : « Arrivé devant ce buste, j'ai été saisi d'admiration. J'ai longtemps contemplé ces traits sublimes. Quelle àme ! quelle vie immatérielle! la force et la clarté de l'intellii^^ence s'v reflètent comme en un miroir. La tète est légèrement inclinée comme celle d'un homme qui sort d'un rêve

1. PliitarqiiG parle [De aud. /.oel., 28 ]]) de ;:oii3 qui prenaient plaisir à copier tr.v Il/ctTOivo: xuproTYjta.

PLATON JUSQU'A LA MORT DE SOCHATE

et écoute ses souvenirs. Je ne puis croire que l'artiste n'ait pas pensé en ce nioiiieiit au divin système de la réminiscence. 11 y a sur ce front une piireté (jui rayonne, un effort calme qui d.hiotela richesse de lame'. » Etrange ironie ! dans cette statue un juge de (prehiue autorité, Visconti, a cru reconnaître une figure de Bacchus triomphateur, ou comme s'expriment d'ordinaire les archéologues, du lîacchus indien. Pareille confusion n'est pas d'ailleurs sans tourner à l'honneur de Platon.

La question en était là, comme on peut s'en convaincre en parcourant la brochure si intéressante de Schuster^, lorsf[u'un élément nouveau fut jeté dans la discussion. En 1881, M. S. Pieinach avait acheté à Smyrne une tète en marbre d'époque romaine, (|ui vint jirendre place dans les collections du Louvre où elle était menacée de passer inaperçue, lorsqu'en 188G laltentiondu jeune érudit se trouva attirée au Musée de Berlin par une tète d'apparence à peu près semblable^, avec un socle portant l'inscription: ILVATliX, laquelle, à en juger parla forme des lettres, n'est pas antérieure au siècle des Antonins. D'autre part, il existe au Vatican un buste analos^ue inscrit au nom de Zenon. Le cas est donc singulièrement embarrassant, mais MM. Ilelbig et Reinach''' l'ont tranché tous deux en faveur de Platon. Ce dernier [)rétend même ([ue i)0ur retrouver la vraie physionomie du ])liilosophe, avec sa sévérité et sa rudesse naturelles \ c'est le buste de Smyrne qu'on doit avant tout considérer, le premier d'ailleurs et jusqu'ici le seul portrait de Platon incontestablement de i)rovenance hellénique. La tête que l'on voit au Vatican, de proportions plus svcltes, est en même temps plus délicatement travaillée.

1. Ampère éprouve un cj^al ravissement en face de ce buste « sur le front duquel rayonne une si majestueuse sérénité, et dont le regard semble plonger de si haut dans de si profonds abîmes. »

2. Ueôcr die erJiallcnen Porlrails der grlecldsclicn P/ùlosophe/i (1880).

3. EUe faisait partie précédemment de la collection Castellaiii.

4. Le premier de ces érudits a publié son travail dans le Jahrbuch des deuischen archœolof/ischeu Institiiis (188G), le second dans YAmerican Journal of Archeolugy (IV, 1).

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