Panalhéndique, 102 ; Toïç pouXofiévoi; Xa^pâvetv
li.JL.J' *K. ^ 'l^-îb' '*^s ^
L'ŒCVKE DE PLATON
remportés à raudierice : ils songent à se faire connaître et a{)précier dans un cercle pins étendu. Phèdre, dans le dialogue qui porte son nom ', se figure encore que « les hommes les plus puissants et les plus considérables dans les cités grecques rougissent de com[)oser dos discours et de laisser des écrits, craignant de passer pour des S()[)liistes aux yeux de la postérité ». Socrate le tire charitablement d'erreur, a Tu n'entends rien, mon cher Phèdre, aux détours de la vanité et tu ne vois pas que nos hommes d'Etai les plus liers, dès ({u'ils ont achevé quelque composition, sont si jaloux de l'admiration publique qu'ils n'ont rien de plus pressé que d'y inscrire le nom de tous ceux qui leur ont donné leurs suffrages... L'approbation du grand nombre enivre l'écrivain : sa froideur le désole. Donc loin de dédaii^ner ce métier, ils Pont en grande estime ». N'oublions pas que dans le monde antique Athènes était la cité artistique et lettrée par excellence.
Si l'on demande pourquoi Démosthèiie, après sa réconciliation plus ou moins sincère avec Midias, a néanmoins rédigé à loisir sa Midienne, on peut répondre qu'il s'est servi de l'intermédiaire des copistes pour tirer de son peu scrupuleux adversaire une vengeance aussi publique que l'eût été une condamnation judiciaire.
Les philosophes ne sont pas les derniers à entrer dans cette voie : aussi bien les questions qu'ils agitiuit, loin de n'avoir qu'une actualité éphémère, sont-elles de tous les temps. Si Xénophane et Parménide avaient voulu écrire pour leurs seuls disciples, ils n'eussent pas composé les deux poèmes auxquels ils ont attaché leur nom. Heraclite dépose une rédaction de
1. 257 D. — Aristoto {Rhéton^iu\ Il t. il. 1413 b {'2) est le premier à nous parier d'àvayva)c;T:xo;, c'est-à-diro .rauteurs dramatiques renonçant, comme nous dirions aujourd'hui, aux honneurs de la rampe, et composant avec l'unique dessein d'être lus par le public lettré. Parmi h's quatorze cents dram"-. dont les historiens littéraires font mention, bon nombre étaient faits exclusivement ou surtout pour la lecture. Entre cette action « a distance » et celle que produit la parole vivante et animée de l'orateur, il y a un intermédiaire : celui de l'écrivain qui donne lui même lecture de ses propres compositions devant un auditoire plus ou moins étendu. La Grèce du iv« siecie a connu comme uous cette triple foruic de l'éducation iiilillectuoUo.