LA PRODUCTION LITTERAIRE AU SIECLE DE PERIGLES
son système dans le temple de Diane à Ephèse : il se fait accuser, il est vrai, de s'être à cette occasion enveloppé à dessein d'une obscurité systémati(|ue : n'a-t-il pas pris soin lui-même de nous avertir qu'il n'écrivait (|ue pour les rares esprits capables de le comprendre ? Socrate, nous dit Xénf>[)hon, feuilletait avec ses amis les trésors laiss('s dans leurs écrits par les saqes d'autrefois ^ : mais n'oub!io:is pas qu'il s'agit ici aul.uit et {)lus peut-être des anciens jioètes que des anciens pliilosoplies. D'après une tradition plus (|ue suspecte, dans un accès dindignation IMaton avait parlé d'anéantir les ('crits de Démocrite. Uêve chimérique, lui fnt-il répondu ; car ces écrits se trouvent déjà en plusieurs mains -.
Un passaiîe d(^ l'Apologie^ a soulevésur ce point unecuricuse discussion ain-i tranchée par Cousin: u Pour dire qu'on pont aUer entendre (h'^hiter au théâtre {)Our une drachme la doctrine (rAnaxai^^ore, Socrate se sert (1<^ l'expression TrcL'aTOat ^zy.yiir,; iy. Tr; ôz/'ca-Tzxzy aclietcr de t orchestre pour une dracJmic, et non pas avec tous les traducteurs français, à lorchestre, ou dans l'orchestre, ce ({ui transforme l'orchestre antique (la partie du thi'àtre ou se tenait le chœur) en une espèi^e de librairie et semble faire croire que h'S livres y (daient étalés en vente comme au fovL-r de nos théâtres modernes ».
Hientùt les [philosophes eux-mêmes ne d('daii,aieront pas de se faire polygraphes. Les ouvrages d'Antisthène ne remplissent pas moins de dix volumes ^ : Aristote et Th''ophrnste donneront à leurs disciples l'exemple d'une activité littéraire infatigable; enfin los stoïciens, et notamment Chrysippe, laisseront après eux des ('crits presque innombrables.
Puis les disciples d'un homme célèbre se font comme un f)ieux devoir de perpétuer le souvenir de ses leçons [lar des Mémoires '" qui |)()u valent être très fidèles, si tous avaient
1. Mé)itornhles, 1,6, 14; Toj: Orjaaupo-j; ■zû^y rA'i.x'. <70và>v àvoGfov, oC: iy.sTvo; xaiéXiTiov £v Toî; [^tiSAto:; ypâ'|»avT£;, àve/.iT-fov ôiép-/oaa'.. — Cf. Mem. I, 2, .J6.
2. Diogéne Laërco, IX, 40 : Ilapà 7;o>.>,oï; yàp etvac -rà [:ii,SÀ(a.