‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 168 sur 343 · Denys d'Halicarnasse, de Isocrale, p. o · texte numérisé non relu

Denys d'Halicarnasse, de Isocrale, p. o

rt'BLICirE D0:wNEE AUX ECRITS DE PLATON

telle ou telle publication n'y future pas/ Or ce moyen de contr.')le aussi commode ({u'infaillible, les scolarques l'avaient constamment à leur disposition, et ce seul fait, continue Grote. n'a pas seuhunent (h'joué toutes les fraudes, il a du même décourager et désarmer à l'avance les faussaires qui évidemment ne pouvaient lignorer.

Voilà, semble-t-il, des assertions singulièrement précises et en a}»parence presijue évidentes; en réalité sonl-eJles justifiées par les textes et les documents ? Xous savons déjà qu'il ne s'est pas reni'ontré de Lycurguc pour donner une recension officielle des dialogues, à Texemple de celle (jui fut ordonnée pour les chefs-d'œuvre des grands tragi(|ucs. Du moins Speusippe et Xéuucrate ont-ils mis à conserver tout à la fois la doctrine et les ('crits de Platon la même sollicitude dont les Pythaiioriciens avaient entourt' les enseignements de leur maître ' / Nullement. On a vu des écoles philoso})hi<jues se j)i(|uer d'une ^^nformité absolue aux théories de leur fondateur, sauf peut-êtrer^uelques variantes plus ou moins heureusescjui n'allaient jamais justju'à en dénaturer la substance : ce ne fut point le cas de TAcadé mie. (ju'on nous permette de ré'péter à cette occasion le jugement de Th. II. Martin : « Platon a eu le malheur d'avoir dans ses [>rcniiers successeurs des partisans trop faibles })our défendre sa doctrine, assez pr. 'somptueux pour l'altérer, assez négligents pour la mutiler [)ar labaiidon de quel{|ues points essenli(ds, d'ailleurs assez peu intelligents pour ne pas en saisir l'idée véritable -. « lis veulent être fidèles, et sont infidèles, faute de cette pénétration su[)érieurc qui avait permis à Platon de h)n(lre dans son système les courants les plus divers. Sj)eusi|»pe en [tarticulier abandonne la :^péculation pour se livrer aux recherches exp 'rimentales ou pour tomber dans le pythagorisme ' : bientôt la lutte qui s'établit au sein même de

1. Jamblique [Vie d^ Pythunore, l'J'J) leur rend ce témoignage : Hao[j.a;:-.a'.

-. Xuméniiis. un contemporain de Marc-Aurèle, avait écrit une dissertation Ilîp't tV,; t«v 'Axaoriaaïxrôv u£pl IlAotTwva ô'.aTTaTZw; (Eusèho, Prcp. é va )?;/., XI V, t.

3. Voir sur ce philosophe, outre la thèse latine de M. Kavaisson. quelques

INHta

l'école entre des tendances rivales ôtera tout prix à l'unité et à la persistance de la tradition. ;

Or, je le demande, comment ceux qui traitaient avec tant de légèreté les théories du maître se fussent-ils montrés jaloux de défendre son nom et ses écrits contre toute usurpation 1 Pourquoi, si indifférents à son héritage philosophique, auraient-ils été pleins de sollicitude et de respect pour son héritage littéraire? Nous ne savons que bien peu de chose de leurs propres travaux : mais rien absolument ne nous autorise à |)enser qu'ils avaient sérieusement feuilleté et médité les modèles platoniciens. Grantor est le premier, dit-on ', ([ui ait songé à en commenter le texte, et on cite comme un trait saillant d'AriMJsilas, à enté de son admiration au moins apparente pour Platon, le fait qu'il possédait ses ouvrages -.

Grote affirme que l'original de cha([uo dialogue était gardé si précieusement à l'Académie qu'il était interdit den prendre copie sans l'autorisation du scolarque. C'est là une assertion toute gratuite. Cicéron "• nous montre sans doute Crassus lisant le Gort/ias à Athènes sous la direction de Charmadas : faut-il en conclure (juc ce dialogue ne se trouvait pas ailleurs/ >on, mais bien que le grand orateur avait voulu en puisera la source même un commentaire particulièrement autorisé.

Les chefs de l'école étaient, nous dit-on, morveilleusement armés pour réduire à l'impuissance les tentatives des faussaires; mais dans la lutte il n'est utile d'être armé qu'autant que l'on sait et que l'on veut faire usage de ses armes. Des archives o:it un prixinestimablepour la conservation des actes publics: à

pages remarquables de Isl. von Stein (Sieben Uiicher zur Gcschlchtc des Plato)iismus, 11, 142 et suiv.).

Page 1