‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 184 sur 343 · Den Gipfcl des Unsinns · texte numérisé non relu

Den Gipfcl des Unsinns

L'ŒUVKE J>E PLATON

force nouvelle à la déinonstratiou négative qui résultait pour nous de sod silence.

En matière de platonisme, Arislole, on le comprend sans peine, est un juge d'une compétence exceptionnelle et ce serait se faire une étrange illusion que d'espérer trouver parmi ses contemporains im second témoin d'une autorité égale ou même comparable à la sienne. Cependant nous l'avons vu, s'il projette sur certains points déjà évidents par eux.m('mes une nouvelle et éclatante lumière, il laissedans l'ombre ou du moins n'éclaire que i îirie façon insuffisaïUtj les parties les plus obscures et les pl'îs controversées de nos recherches. xVussi est-ce avec empressement que nous accueillerions (juicunqiie se présenterait ave.: d. s htrr-s sérienK po-r rombler les lacunes ou corriger le vague de ses dépositions. Mais semhlalib salisfaction ne nous sera [H.jru accordée. Dan^ 1 iii^Loirc iitt.'raire, pas de période p1(P [)aiivrc que le iii*^ et le ii'- siècle avant notre ère; la littérature grecque est sur son déclin, comme épuisée par la riche moisson (|!]"t']|r vient d,' pro.luiro- !;i littérature latine est encore dan- l'enfance : la philosophie, sans être absohiment délaissée, n'e^t phis cultivée, sauf de très rares exeeptions. que par des esprits de second ordre plus jaloux de se créer des voies nouvL'lles, au risque d'étonner par leurs paradoxes, que de teuird un- inain fermcle drap'-a'î d.^ li tra lition. D'ailleurs les écrits de ce temps, presque tous perdus aujourd'hui, ne nous sont connus que par des fragments conservés comme au hasard, et dont le sens véritable, en Tabsence du contexte, n'est pas toujours aisé à définir.

Lus exffnples suivaiits ^ti f-iinuruni la preuve.

TllKOPOMPi:, DiGEAilQUE, PERSEE

Le premior autour airpi.] nmis nous arrêterons est Théo^ pumpe de Chio. Historien de (pidipie renom, mais iiullonient

LES TÉMOir.NACES HISTORIOIES 4,^1

philosophe, cet élève d'isocrale a trouvé dans Tanliquité boa nombre d'accusateurs à côté de l'un ou de l'autre panégyriste *. Peut-être pour venger son maître, peut-être pour satisfaire une animosité personnelle, il avait composé du vivant de Platon, ou assez peu de temps après sa mort, une sorte de pamphlet contre ce philosophe. C'est là, selon toute apparence, plutôt que dans ses Philippiques qu'on lisait celte critique bien inattendue reproduite avec empressement par Athénée : « On jugera la plupart des dialogues de Platon inutiles, faux et étrangers à leur auteur, un grand nombre étant empruntés à Aristippe, quelques-uns à Antisthène, plusieurs à Bryson d'iiéraclée \ »

Que x^eulent dire ces singulières paroles? Que l'on était surpris de rencontrer assez fréquemment sous la plume de Platon la délicatesse efféminée d'Aristippe et la rigueur toute stoïcienne d'Antisthène:^ Le mot isuSsi; se trouve ainsi complètement sacrifié. 11 ne s'explique qu'à demi dans l'hypothèse d'Ub3rweg lequel sattachant surtout à la première épithète i^à/cciou:) suppose que Théopompe, frappé de voir reproduites dans les dialogues platoniciens des assertions vingt fois exprimées ailleurs, contestait formellement Tulilité d'ouvrages aussi dénués de mérite et d'originalité. Steinhart, cet admirateur de Platon si convaincu, si entliousiaste, crie au scandale et [iroclame le jugement de Théopompe << uq comble de déraison * )).TeichmuUer l'en reprend doucement : si les expressions employées

1. Que l'on consulte, par exemple, les jugements de Gicéron {De Legihus, I, 1) et de Denys d'IIalicarnasse (VI, 183). Bœckh appelle Théopompe a omnium et hominum et civilatum calumniatorem maledicentissimum. »

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