Journal des Savait t!<, 1S25, p
Introduction au Philèbe, ne se méfie pas assez des sens raffinés sur les passages les plus clairs, tandis que souvent il glisse sur des passages difficiles et vraiment obscurs. » Le même écrivain ajoutait cette seconde observation dans un autre de ses ouvrages ^ : « Nous nous permettons de remarquer une fois pour toutes que Stallbaum se complaît un peu trop à signaler entre les devanciers de Platon et Platon lui-même une foule de ressemblances plus apparentes que l'éelles. On ne saurait le redire, tout en rappelant les ressemblances qui établissent la suite et l'enchaînement des pensées de l'humanité, ce sont surtout les différences qu'il faut faire ressortir, pour marquer le caractère propre de chaffue système et de chaque philosophe. » C'est qu'en effet si Stallbaum a été un philologue du plus haut mérite, auquel Cousin a été le premier à rendre justice \ si les inexactitudes sont rares dans les notes littéraires ou historiques qui font le prix de ses éditions, en revanche le sens métaphysique lui a mampié pour pénétrer dans la pensée intime des anciens philosophes grecs ^ : Platon lui-même, qu'il a cependant étudié avec une si constante prédilection, ne lui était (pie bien peu connu. A ses yeux, ce n'est gu''re autre chose qu'un second Socrate, plus savant, plus éloquent, mais aussi dédaigneux de toute synthèse savante que le premier. En négligeant trop le fond pour la forme, Stallbaum s'est condamné à n'introduire qu'une unité factice dans la collection platonicienne : 0:1 cherche en vain sous sa plume le lien commun, quel qu'il soit, qui rapproche et réunit en un faisceau unique tant de mem])res épars.
En somme, c'est lui qui a été le précurseur direct et immédiat d'IIermann, lequel n'a eu qu'à préciser, à approfondir et h convertir en système les considérations esquissées i)ar Stallbaum \ Mais avant d'aborder l'analyse de l'œuvre ac-