Voir îiotammonl ses Notes sur le 7/wp
3 . AU serions students are axvare of StaUbaum's incompetoncy in ail lii;iiiLT questions of Plalonic exeyesis »(Anicrican Journal of Philolo-v, 1S80) -i. Aussi ne serons-nous pas surpris des éloges qui dès la première heure
LES CRITIQUES MODERNES
complie par l'heureux rival de Scideiermacher en Allemagne, il ne sera pas inutile de revenir sur nos pas, pour faire l'histoire de la résurrection parallèle du platonisme dans notre propre pays.
0. LA GllIÏIQUE PLATONICIENNE EX FRANCE AU COMMENCEMENT DU NIX"" SIECLE
Je ne sais lequel de nos contemporains a écrit que le Français n'est p.is platonicien. Cette thèse peut se défendre si l'on entend par idéalisme un courant qui nous sépare du monde et des choses sensibles pour nous confiner dans de vagues rêveries ou nous jeter dans un formalisme abstrait, ii n'en est plus de même si l'on considère comme le trait essentiel du platonisme une certaine générosité d'àme inspirée par la double élévation des pensées et des sentiments.
A la suite de Piossuct et de Malebranche, le xvii^ siècle avait visiblement incliné vers Platon, d'ailleurs sans bien le connaître : le xviii^ sur les traces de l'école empirique, s'est rattaché de préférence à la doctrine d'Aristote : la théorie des Idées ne pouvait en effet que bien difficilement plaire à une philosophie systématiquement enfermée dans l'étude des faits et l'observation des phénomènes. Nous ne demanderons pas à Gondillac, écrivant trois volumes sur l'histoire et la philosophie de l'antiquité alors que peut-être il ne savait pas un traître mot de grec, s'il n'a pas mérité ce trait piquant de madame de Staël : « C'est le pédantisme de la légèreté » : ce qui nous intéresse, c'est que dans son Cours d'études l'auteur du Traité de sensations n'a pas hésité à écrire : « Les opinions de Platon ne me paraissent qu'un délire: ce pliilosophe a retardé les progrès de la raison. » 11 fallait dès lors s'attendre à ce que
lui furent décernés par Hermann dans la Dannstâdter ScliulzeUinuj, année 1830-1.
dix ans seulement avant (jun Cousin relevai l'étendard du platonisme, Platon obtînt à grand' peine quel([ues pages de Gérandodans son ouvrage resté si longtemps classique, Histoire comparée des systctiies de philosophie. C'est en vain que dans ses dialogues les plus remarquables le fondateur de l'Académie avait creusé les problèmes alors si vivement controversés qui touchent à l'origine et à la valeur de nos connaissances : il était frappé d'une sorte dostracisme et on pouvait lire dans le Discours préliminaire de la Logique de Destutt de Tracy : (( Les idéologues français, loin d'être des déserteurs de l'école d'Aristote, sont ses continuateurs, ses disciples et je pourrais dire ses exécuteurs testamentaires. »
La supériorité littéraire de l'auteur de tant d'admirables écrits n'était pas moins discutée. « L'ordre et la méthode ne sont sûrement pas pour Platon au nombre des mérites et des devoirs : car sa métaphysique et sa physique et sa musique et sa physiologie et ses mathématiques sont indifféremment semées dans ses livres. Tout est pôle-méle dans ses ouvrages, ce qui n'empêche pas que la lecture n'en soit agréable, parce qu'il jette sur tous les objets une étonnante profusion d'idées, la plupart très hasardées et souvent même fausses, mais toujours plus ou moins séduisantes. Aussi s'exprime Laharpe dans son Cours de Littérature -, et, à tout prendre, les réllexions qui suivent ne sont pas sans justesse : « Le défaut de logique tient de fort près pour l'ordinaire à la vivacité d'imagination. Platon pose beaucoup trop légèrement ses principes : les conséquences deviennent ensuite ce qu'elles peuvent, et comme elles ne le font jamais revenir sur ses pas, du moins dans un même ouvrage, il s'en tire par des subtilités qui à la fin le mènent très loin du point d'où il était parti ». Puis passant en revue les divers dialogues, Laharpe fait ressortir avec beaucoup de force les contradictions qui existent entre le Politique et la République, analyse les deux Alciùiade, parle avec enthou-