‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 255 sur 343 · S A et B · texte numérisé non relu

S A et B

CONCLUSIONS

pondre au rlilomme de Socrate : « Il est également impossible à riiomme de rechercher ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas » ?

M. Schaarsclunidt s'étonne en outre de voir Socrate n'accepter ici ([u'avec réserves et ({ualifier bizarremeiît de « tragique » une déiinitiou de la couleur renouvelée d'Empédocle et de Démocrite, définit ion ({ue Platon reproduira plus tard en la développant dans le Tmu'c ^ — Sans insister sur le but ditlerent des deux dialogues, il n'est {)as inutile de faire remarquer ([ue le Tiijicc nous donne une réédition corrigée, et heureusement corrigt'e, de l'exjdication accueillie ici par Ménon en sa (jualité de disciple de Gorgias avec une admiration que Socrate se refuse à partager.

l.e même critique a soumis le Ménon et le ProUigoros à une comparaison minutieuse, d'où il résulte que le premier n'est sur bien des points (jui' la re})roduction plus ou moins fidèle du second : il se hâte d'en coîiclure à un plagiat, sans même remar({uer combie;! ces diMix dialogues sont loin de faire double emploi. Il au tait })u lire cepen tant dans l'argument de Ci)usin : « Le sujet, id'Mitiifue à celui du Prutagoras, est ex[)osé dans un nouvel ouvrage tout différent du })remier, où la m(''thode régnera presi[U(' seule, où la lumière remplacera la chaleur, un (Misembh* austère des {)arti<'S brillantes, et le mouvement un peu raid': et monotone de la dialectique Tallure aisée et variée du (irame. »

Quant aux personnages, il ; st aussi oiseux de se demander si avant son procès Socrate avait eu des ra[»[»orts personnels avec Anyius. ([u'il est sans intérêt (le (Constater que le Ménon de notre dialogue n'a pa>^ < ii du m')ins n'afliche pas tous les vices du général dont YAiiahase nous trace le portrait })eu ilatté. Kn ce ([ui touche Socrate, il y a certainement peu d'écrits platoniciens où sa physionomie traditionnelb^ et son esprit aient (Hé rendus avec [)lus i!e iinesse. .ivec une intelligence plus pénétrante de la niéthode d'interrogation et d'examen (pii lui était

familière. Pour ariiver à la définition d'un objet, de la vertu par exemple, il commandait avec raison d'éliminer les attributs particuliers pour ne s'attacher qu'à l'élément constant et uénéral, ou, selon ses expressions ', d'embrasser les choses dans leur totalité et leur intégrité au lieu de les rompre et de les réduire en fragments informes. M. Scliaarschmidt lui-m.ème ne fait aucune dil'ficult'' d'avouer que l'empreinte de Platon est ici tout autrement visible que dans le Cratylc, le Sophiste et le Politique, tandis qu'aucune assertion, aucune locution ne rappelle Aristote -. Ainsi lui échappe un des arguments auxquels il se plaît à recourir pour étayer ses condamnations.

Le Cratijle

Voici un dialogue assez extraordinaire et qui en France du moins a rarement attire l'attiujtion, soit paice que dans l'ensemble des théories platoniciennes il n'occupe qu'une place secondaire, soit parce (pie les allures insolites de la discussion sont de natuie à lebuter bon nombre de lecteurs. 11 s'agit des rapports entre les mots et les choses : soiit-ce des relations intrinsèques ou le résultat d'une convention? Question intéressante, mais traitée avec une telle désinvoltui'e. avec une telle ignorjuice des lois les [)lus élémentaires de la linguistique qu'involontairem(mt on se prend à plaindre Platon de s'être enibarqué sur celte galère, ^'oublions pas (ju'en dehors de la grammaire comparée (et elle n'existait pas ciiez les Grecs) aucune science véritable des étymologies n'est possible. Bref, tout en faisant certaines réserves % jusqu'à M. Scliaarschmidt la critique

2. (< l)t-r VtM'fasseï- dos Meuo steht noch sozusagen iniiiitten dor platonischeu WerkcunJ bezioht die Fadcn sciiics Ciewebes ans diescn.indem er nur, wie der Vfirfassor dos Eutiiydem iin.l mohrerer kleinerer Dialoi^fe, Xenophon's Schriftoii mit zii llulfe iiimuit. Dagegen voq einer Benutzung oder Keniiliiiss aristotelisclicr IMiilosopliie liiidet sich bei ilim nichts. » (p. :)7^).

3. « Viol Miilio hat deii Freuiidon des Plato von altem Sclirot und Korn

âi

r.'(EUVRl-: DE PLATON

CONCLUSIONS

allemande ello-mùrne avait cru à ranthcnticitc du Cratyle.

Nulle part, il faut le recounaîtie, le dialogue n'est cité par Aristote ^ : mais qui obligeait le di-ciple à parler sans aucune exception de tous les écrits du maître ? Ast^ frappé de ce qu'avait de brusque rentrée en matière, avait émis Tliypothése que le Cratyle devait primitivement entrer dans une trilogie : mais ce qui lui avait paru un défaut est loué au contraire [)ar M. Bongbi comme un mérite.

M. Scliaarsclimidt s'attaque aux personnages ; il ne veut pas d'un Socrate le.juel. dit-il, au lieu de s'in«j,irer do la dialectiipie platonicienne n'est occnpé qu'à se railler lui-même -. llermogène a été tiré des Mémorables : (piant à Cratyle, Heraclite trouve en lui un partisan aussi timide ({u'inlidèle, au lieu d'un disci{)le assez convaincu pour exagérer jusqu'à ses paradoxes ^ — Mais, demanderoiis-nous à notre tour, une dialectique semblable à celle de la République et du Théétctc était-elle de mise dans un pareil sujet? Xénoplion lui-même nous apprend (pie îlermogène était un Athénien du temj)s, très estimé de Socrate : enlin en s'appuyant sur le témoignage des Alexandrins, >î. Dongiii a ('tabli (|ue non seulement Heraclite croyait à lorigine naturelle des mots, mais qu'il les considérait comme la voie la plus sure [tour atteindre à la connaissance des choses.

La doctrine de l'auteur est flottante, ajoute le critique alle-

dieses Gospriieh imnier gemaciit. » Ainsi s'exprime Schleieriuachor, ani ajoute à propos de certains passacros plus faibles : « Wenn nian ])ei dergleiclien SteUeii aUeia stehen bleibt, moclite man fast zweifein, ob sie pluton isrh Wiiren. »

1. M. r.on-îii, quoique assez vainement, à ce qu'il nous semble, a essayé de prouver qu'en composant le premier et le deuxième chapitre du llepi Epar.vcia:, Aristote visait le rralyle et les théories qui y sont exposées.

2. « Das sticht nicht nui- von der Feinhoitund Urbanitat des platonischen Sokrates gewaltig al), sondera \\-i<ierspricht dem Bilde des Mannes, wie es Plato uns liefert, aneh geradeza. Siokrates, das Mustcr geisliger Niichternheit und Besonnenheit. darf auch niclit im Scherz von Krankheitsstoffe unsauberer Besessenheit angosteckt erscheinen : und wenn er auch bei Plato sich mituntcr in ironischer Art nach dem Flitîergold der sophistischeu Weislieit liistorn stollt, so darf er docli nicht sen)St mit solchen fulschen Munzen spielen und zahleu woUen » (p. 25 P.

■'^. Cf. Aristote, Métaph., loin» iii.

mand : la thèse qu'on devait croire démontrée dans la première partie du dialogue est combattue dans la seconde, si bien ({ue la discussion aboutit à un résultat purement négitif K — Cette assertion n'est vraie que du problème philologique; or peut-on dire qu'aujourd'hui ce problème ait reçu sa solution définitive, et les meilleurs philo-^ophes n'allèguent-ils pas d'excellentes raisons })our considérer la parole humaine tant^.t comme un langage naturel, tantùt comme \m langage artificiel?

Mais que penser de 1.1 méthode suivie dans le Crafylel Le lecteur ne se heurte-t-il pas à des répétitions fastidieuses, à des longueurs interminables? D'autre part traiter l'ensemble de ces étymologics de pur jeu d'esprit, impossible : leur reconnaître une valeur scientiliipie (luelconque, plus impossible encore. — ïgnore-t-on que c'est le propre de Platon et des attiques de mêler si étroitement le sérieux et l'ironie qu'il est malaisé de marquer où finit l'un, où commence l'autre? — Il v a de l'obscurité dans l'exposition de la thèse de Cratvle : ne serait-ce i)as un elFet de style calculé pour rappeler la manière même d'Heraclite?

A toutes ces raisons M. Schaarschmidt ajoute la suivante qu'il regarde comme décisive: il déclare la question ici débattue absolument étrangère à la curiosité hellénique avant l'âge d'Aristote et les travaux de l'école stoïcienne. — Sans doute les textes man(pient pour donner à cette assertion un démenti formel : ils suffisent du moins pour la reiidre ('niinemment invraisemblable. Est-ce que les sophistes n'avaient pas étudié sous toutes les faces les éléments constitutifs ci les propriétés essentielles du langage? Antisthene notamment n'avait-il pas soutenu qu(; l'analyse des noms était le commencement de la science-? Pourquoi refuser à Platon la [icnsée et le droit d'abor-

1. c( In der That behauptet weder die ç-jasi ôpOÔTr.ç das Feld noch die ^jvOfjxr, ôpOoTT.ç. weder der Satz, dass die Worte Erkonntniss verleihen, noch auch die Lehre von der gOUlichen Abkunft oder barbarischen lierknnft der Sprache, weder die Grundlegung der herakliteischon noch der entgegengesetzten Weltansicht. •>

2. Arrien, Epiclete, I, 17. En plus d'un passage probablement ironique du Cralyle, Antisthene est sans doute visé à notre insu.

L'ŒUVRE DK P T, \TON

der a Sun loui, à ses périls et risques, cet ordre si curieux de recherches ^•? Ses dialogues les plus authentiques, le Phèdre, \3l Rrpu/)Iiqi(e elles Lois, par exemple, ne contiennent-ils pas des essais dV-tymologie de tout point comparables à ceux qui font sourire dans le Cratfj/e? Li variété même et la richesse des expressions ici employées pour caractériser les deux thèses opposées n'annoncent-ellcs pas des sujetsdont la discussion était

devenue familière ?

Nous scandaliserons-nous avec M. Schaarschmidt de voir Platon mettre l'étude des choses mémos au-dessus de celle des mots:' Xon sans doute -'. — Les rapi»rocliements à établir entre le Cratylc et le Théétcte ^ sont nombreux : d'aulres passages rappellent ou le Gorgias. ou le Phcdon, ou la Républitjuc. Il semble que ce soient là autant d'indices sérieux d'authenticité : erreur! ce sont des plagiats trahissant le faussaire, si nous en croyons le criti(iue allemnn 1 lequel certainement, ici comme dans le PJiilèbr, a du le voir à l'œuvre, tant il excelle à le suivre à la piste, tout occupé càdérobcr ii llaton et à Aristote tant.H une pensée ou un développement, tantôt une métaphore brillante ou quelque curieuse expression.

Pour tunniner cette réfutation, il nous sera permis de faire observer ([ue le Cratyle contient assez de pages remarquables pour avoir provoqué l'admiration non seulement de critiques tels que TieJemann. mais de philologues aussi éminents qu'Otfricd Miilleret Benfey, Accorder non seulement à chaque syllabe primitive, uiais à chaque lettre de l'alphabet une signification spéciale peut paraître téméraire : cependant aujourd'hui encore

1. 11 est à remarquer que, dans les dernières pages du dialogue, la théorie des idées est nettement affirmée.

-1. La confusion qu'étaljlit ici le critique allemand entre ^oyoi (èv xotç ),6- Y0i;j7X0TT£r(7Ôat xh. ovta, Phédon, 100 A) et ovoixara (aOrà il aCroiv ::r,Tr,T£ov txâ),- >ov \ h. Tôjv ôvofjiaTwv. Cvatyle 409 B) n'est nullement justifiée.

6. Les anciens déjà en avaient été frappés, comme le montrent les deux classillcations d'Aristophane et de Thrasylle. A propos des conséquences que M. Schaarschmidt veut tirer do ce double fait que Cratyle quitte Socrate pour se rendre à la campagne et que Terpsion en revient au début du ïhéf'tèle, M. Bonghi ne peut s'empêcher de s'écrier : « Noi italiani questo lo chiamiamo arzigolare. »

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cette tht'orie n'a pas cessé de recruter des partisans. Platon a parfaitement discerné les rapports nécessaires entre la parole et la pensée; par une vu(' de génie il a compris la [lait (pii re* venait à chaipie race dans la constitution définitivede son idicme et ce fait (\a{)i(al que le^^ langues subissant des transformations incessantes sont, pour parler le langage hégélien, dans un devenir [»erpétuel.

LEuUiijdème

Au temps de Socrate et de Platon tout sophiste était-il nécessairement un beau parleur dou(' d'une intarissable faconde, à la façon d'un Protagoras et d'un Gorgiasî^ Le même dédain des principes qui ruinait par la base et la métaphysique et la morale devait tôt ou tard se retourner contre la raison et l'intelli^^ence elles-mêmes et s'attacpier aux lois essentielles de la logique ; or unedialecti(pie assez perverse pour ne se complaire qu'en mille inventions fallacieuses et pour jouer sans pudeur avecles idées aussi bien qu'avec les mots ne méritait-elle pas d'être miso en scène pour elle-même, si je puis ainsi parler, et réfutée avec une verve ironiipie où pourrait se reconnaître l'auteur des Nuées'! Comme l'a fait reniar^pier Cousin, après des attaques indirectes et d'inutiles escarmouches, il importait à Platon d'en finir avec le sophisme et de lui livrer une bataille décisive. Aristote a consacr(' à cette polémique un traité tout entier ; et il aurait été interdit à Platon de le devancer' Il nous semble bien plut«U (|ue XEuUujdètnc avait sa place marquée à l'avance dans la collection platonicienne : c'était en quelque sorte le com- I)h'ment nécessaire de la lutte engagée par Platon contre les erreurs et les négations doctrinales des sophistes.

Cependant ce dialogue n'a pas été épargné pai- la critique. Schleiermacher sans doute n'a [ioint osé en suspecter, moins encore en contester formellement ranthenticité. Comme tout lecteur non prévenu, il a été frappé du talent avec lequel les divers interlocuteurs sont tour à tour mis en scène, de ce mé-

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I/ŒUVRE DK PLATON

lange de sérieux cl de malice, de hauteur et de d<'rnison que couronne chez Eulljydème et chez Dionysodore une irrésistihle habitude de s'admirer soi-même. Mais comment et pourquoi ridée d'un tel dialogue se serait-elle présentée à l'esprit de Platon? iV celte question Schleiermacher ne trouvait pcas de réponse : est-ce l'école de Mégare, est-ce Anlisthène qu'il s'agissait de combattre, ou fallait-il venger la dialectique socratique et platonicienne de certains rapprochements par lesquels on s'était (latlé de la compromettre ? Aucune de ces solutions ne simposait avec évidence.

Plus 11 lîdi, suriout plus téméraire, Ast déclara purement et simplemerif YEutInjdcmc indigne de Platon. Est- il admissible que le philosophe auquel nous devons le Gorgias et le T/irétète ait pu concevoir et écrire une " boulTonnerie » sans coté sérieux, sans valeur scientifique, où les rapports entre le vrai, le bien et le beau sont si peu clairement, si peu rationnellement définis? En accumulant les expressions insolites, les métaphores, les locutions proverbiales, les allusions historiques et les réminisc<Mices mythologiques les plus bizarres, rauteur entend sans doute nous donner une haute idée de son érudition : mais il n'aboutit ([u'à ('taler son insufiisance.

M. Schaarsclimidt ne s'est pas contenté de ce réquisitoire, et au risque d'affaiblir sa thèse, ii \ a introduit de nouveaux arguments d'uno très médiocre efficacité. Le plan du dialogue, écrit-il, est renouvelé du ProUnjoras, et des sophistes qui s'abaissent à de pareilles logomachies ne sont qu'une caricature de la réalité. A moins d'inter[)r<'ter Z'jvs/iy. dan< un sens purement subjectif, c<»mment soutenir, comme c'est le cas ici, que Socrate identifiait la vertu et le bonheur? Platon partout se sert de la socrati jue pour combattre la sophistique : pourtpioi ici se serait-il b-irn*' à d'Ux tablcauv parallMos. d'ofi ne sedéiiaîze aucune conclusion / C'est le seul dialogue où Socrate soit à la fois ironique, didactique et critique : convenait-il de lui attribuer trois rôles aussi différents i' Ce moraliste et ce politi([ue de cabinet si cruellement raillé dans les dernières pag(^s ne peut être qu'lsocrate devenu chef d'école : par quel impardonnable

CONCLUSIONS

anachronisme Socrate appréciet-il de la sorte des faits postérieurs do!it il n'a certainement pas été témoin ? Mettez entre les mains d'un écrivain même ordinaire les M nn arables ào, Xénojdmn et le lie:- cocpt.'77i/.ojv èÀsy/cov d'Aristote : rien ne lui sera i)lus aisé ({ue d'imaginer et de composer VEuthydcmc.

Cette argumentation, qui a paru ébranler Uberwei^Mui-mème^ serait-elle convaincante ? nous ne le pensons pas.

En ce qui concerne Aristote, il faut renoncer, il est vrai, à aucune démonstration positive de Porigine jdatonicienne de l^"?^thydcmc. Cousin a relevé avec le plus grand soin dans les écrits du Stagirite tout ce ({ui rappelle ou reproduit un passage de notre dialogue : mais en l'absence de toute allusion et de toute citation, ces rapproeliomcnts n'oll'rent dans la discussion pré- S(mtefpruii tr(\s iin'nce intérêt. Constatons toutefois avec Teichmrill.M- (pK^ jtoni- tirer de ces textes, même en y joignant (^eux deXénuphoii, la comédie savante de XEnthudèmc il ifcùt fallu* rien moins ({u'un second Platon.

Uuant au dessein fondamental du dialogue, nous avons déjà dit (piil sex{)li([uait sans j)eine à l'heure même où a})paraissaient pour la première fois, avec le prestige de la nouveautt', des sophi>mo5 la phiparl grossiers sans doute, quelques-uns cej)endant assez captieux pour être restés célèbres dans les ('coles bien au delà de i'anli(piité. Rompre le prestige qui fascinait au délrimx3nt de la vérité les imaginations éblouies, confondre ces àvTO.oyuo- qui n'abjutissaientjiu'à énerver les intelligences et à jeter un discrédit mortel sur la philosophie, opposera l'incurable frivolité des sophistes la portée utile et sérieuse de la dialectique socratiipie, Platon pouvait-il avoir uno plus pressante et [)lus légitime ambition :' Où découvrir même l'a))|)arence d'une contradiction entre sa doctrine et un dialogue qui place le mobile d-'terminant de nos actions dans le désir du bonheur, qiii fait de la science le bien humain j)ar excellence, et qui attend d'une réforme philosophique la résurrection politique de l'humanité ?

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