‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 256 sur 343 · VlnhAoijm, XXVII. p. ISO, Pl.\To\. 1. il · texte numérisé non relu

VlnhAoijm, XXVII. p. ISO, Pl.\To\. 1. il

I/ŒUVIIE DE PLATON

Ouoi qu'en dise Scliaarschmidt, la méthode nest pas plus pour surprendre.

La disposition générale du dialogue oflVe sans doute de l'analogie avec celle du Protagoras : mais m môme temps quelle diversité! Gomme chaque personnage, qu'il s'agisse d'Eutliydènie ou du Gliuias. de Dionysiodore ou de Ctésippe, de Griton ou de Socrale, se dessine avec sa physionomie propre î Quelle netteté dans l'exposition, qiielle vivacité dans la riposte ! Si le comhit d'abord régulier dégénère peu à peu en inrlée plus ou moins confuse, c'est nii trait de [)lus emprunt.' à la réalité : d'autre i)art si après avoir iutté d'esprit et de subtilité avec les sophiste.^ dans It- /^/v>/^7yo/Y/s, Platon comme un autre Aristol)bane les couvre ici de ridicule, sauf à donner carrière à son indignation dans le Uoryias^nnl a>sur('ment ne sera étunné de lart avec lequel le grand écrivain adapte le genre de défense et d'attaque à la <iualit.' de son adversaire '. Schaarschmidt aflirme que les lois de la compositir.ii dramatiqno ne permettaient pas au pliilosopbe de réunir ainsi dans la personne de Socratc la dialectique, la critique et 1 ironie : quel est le cude littéraire, ancien ou moderne, où pareille interdiction se trouve promulguée:' L(\s dernières lignes du Hanquet attestent que l'iaton était conséipi.jnt avec lui-même lorsipfil ambitionnait d'associer la verve coini([ue à la dignité tragique.

Enlin, en ce qui touclii' bélocution, le sujet et le ton gén.'ral de la discussion expliquent dans une certaine mesure cette exubérance au moins relative de comparaisons, de métaphores, de jtMix de mots, d'allusions de tont genre qui a scandalisé tel ou f.d critique : çà et là sans doute la pointe nous écbappe : pour la saisiril faudrait être unAtbénien du grand siècle.Schaar>clinudt lui-mèuie ne [)eut s'enq)écher de reconnaître que, pris dans l'ensemble, le style du dialogue est manifestement platonicien-.

CONCLUSIONS

1. C'est ce qu'a très bien mis on lumière IJonil/ dans la y èaition de ses matonische StucWn (p. i;5T-15l). Cf. Anton lîoizer, Uber die EchlUeit des Euthi/donus, (JlmiUz, 1874.

± u Im Cianzen bewaiirt sich der Verfasser eine ziemliche ll.dnheit der Si)rache. der namentlich Iveine aristotelischen Wenduncren und Au.^drucke

Nous nous approprierons donc volontiers pour conclure cette appréciation d'A. Saisset:

(( J.e plan très étudié de VFAifJu/dème, dont plus dune page semble empruntée à une comédie achevée, les dialogues différents (pii s'y succèdent comm.^ autant de scènes (Lu la variété relève sans la ronq)rc lunité de la composition, le mélange des traits profonds et comiques, parfois bouffons, dont elle est semée à pleines mains, le choix des personnages, l'ordre et l'objet des enlrrliens, tout ici conspire au même but, tant de fois choisi par Platon, la ruine des sophistes. Jamais peutêtre l'h.'ritier de Socrate ne leur a fait la guerre avec tant d'adresse et de force, parce qu'il n'a mis nulle part plus de fidélité ni^de suite à les peindre tels (pi'ils étaient. On les voit dans XEiahijdcmc entrer en scène avec leur prestige populair.% jouer bMir personnage avec toute Idiabileté dont ils étaient capables, et([uand ils ont épuisé leurs rôles, sortir démasqués, bafoués, deux foi. discrédités par la preuve de leur impuissance et par le ridicule. G'est à ce résultat qu'il faut mesurpr la profondeur de Vtut/ujdèmc. Gar à son ordinaire, Platon met beaucoup d'art à dérober sous les agréments d'une raillerie légère la forte trame de ce dialogue ».

Lp Critias

Deux raisons nous permettent d'être ici très courts. La première, c'est que nous sommes en face d'un simple fragment que la mort, au dire de Platarque, empêcha Platon de terminer '. La seconde, c'est que l'autlienticité de ces quinze pages n'a été contestée que par Socber et Suckow.

anzumerkcn sind, und weiss seinenStil dem platonischen ziemlich ^eschickt nach/.uhilden ». — Badham dans son édition qnnlifie \i:ulhydème de « suavissimus dialogus ».

1. Peut-être Platon a-t-il spontanément renoncé à pousser plus avant nn ouvrage où la liction matérielle, si l'on peut ainsi parler, tenait tant de place et qui dès lors le rapprochait nml-rô lui de ces poètes et de ces sophistes dont il s'était montré l'implacable adversaire; peut-être aussi n-t-il

L'(KUVIili Di: l'LATON

Le premier alléguait qu'en guise de théories pliilosopIii([ues le Critias uotlre (jue des descri[)lions romanesques impri'gnées (iini l'trange mervtilieux. Le reproche, si c'en est un, tombe nécessairement sur Platon lui même, car ce que nous avons ici n'est que le développement de la Table iugénirusemeni i- ^uméc au d«'l)ut du T'nnéo '. Ce n'e-t pas un Eiat ordinaire, c'est une r(q)ubb'qiie idéale (ju1l s'aii^itdi; dépeindre sous une l'orme ([ui lui prête couleur ei vie, et i on >ait (ju^dies Lbertés s'arroge l'imagination platnnitienue dans lÏMuploi du mythe et de la légende. Les douze livres des Ijus sont là d'ailleurs pour noub attester que Platon vieillissant se détournait de plus en [»lus des hauteurs de la nu'tapliysique pour se consacier à des ('(ndes

politi([ues et sociales^ d'une aj)[)lication plus immédiate au 1 -

heur de riiumanité.

De son CiUé Suckow avait été frappé de l'absence:' de toute citation du irHla^ et m^me de toute allusion à C(^ dialogue dans un [)assage curieux de l'roclus, racontant d'après ( j'antor, platonicien de la première Acacbunie, (pie l'histoire de l'Atlantide était re[)roduite en entier sur d'anciennes stèles égy|)tiennes. Ce silence de Proclus ne sul'iit pas évidemment pour nous convaincre qu'à ses yeux le Critias était un vulgaire a])ocryphe.

A ne considérer (pie le style, le Critins a une étonnante aflinité avec les Lois, et des raisons de pins dim genre nous amènent en ellèt à assigner l'une et l'autre de ces conijxisilions -inx dernières années de la carrière philosophiipie de Platon.

été détourné d'y donner suite par les cruels désencliautemonts que lui avaient vnlus SOS tentatives politiques en Sicile.

!. l.ii (^'/rnpéd't' de Xénophon, véritable roman philosophique, paraît avoir l)iov(»qué un grand nombre de compositions analogues, aux(iuelles la curiosité grecque fit le meilleur accueil. Ici la critique doit se montrer d'autant plus réservée qu'elle n'a entre les mains qu'un fragment insignifiant d'un ensemble dont les grandes ii;jnes ne sont même pas connues.

CONCLUSIONS

•3. LES IMAbOGUES INCERTAINS

Les dialogues dont nous nous sommes occupi's jusqu'ici se recommandaient d'eux-mêmes à l'attention par leur importance intiinsèque, par la [)Iaee au moins relative quils tiennent dans Lexégèse platonicienne, parles mérites d'exposition et de stylo (jui s'y révtdeut à tout lecteur non i)révenu. Les refnser à Platon, c'est d'nno |)art excéder visiblement les droits de la critique et de l'autre supprimer sans raison dans l'héritage du philoso[)lie certaines parties (jui ne sont })as au nombre des moins instructives ou des moins int('ressantes.

.Nous arrivons maintenant à une si'rie assez considi'ràble de dialogues qu'il y aurait t('mérité à réunir dans une mémo classe avec les précédents. Quel(jue opinion que Ton s'en fasse, ce sont des compositions d'arrièreq)lan, qui passent le plus souvent inaper(jues et pour b^s historiens des lettres grecques, car leur mérite littéraire pâlit complètement à cnié des grandes (ouvres platoniciennes, et pour les bistoriens de la philosophie, car (paebjne lumière qu'elles jtdtent snr des points de détail, elles ne nous apportent aucun renseignement de valeur sur les bases mêmes et sur le dévelopj)ement du platonisme: comme elles intéressent en somme bien j)Ins la connaissance des mœurs (pKM-elle des idées J(Mir élimination caus(M'ait à coup silr moinsderegretsau philosopbe de professionqu'au curieuiet au letfii'. Authentiques ou non, elles n'ajoutent ou n'(*»tent rien à la gloire de Platon et ne sauraient exercer snr notre conception de sa pliilosophie (pi'urM} intluence très lointaine. Tout au jdus j>ouvons-nou$ leur demander quebpies traits complémentaires pnnr [)réciser davantage tel ou tel aspect particulier de la doctrine : pucore. à aller au fond des choses, resth('ti(jue de Platon, par exeinpîc, a-t-elle fort peu à [)erdre à Pexclusion du (jya)i(l mppias, et sa i)sychologie à celle du Premier Alcibiade. Dans le nombre de ces dialogues de rang manifestement infé-

L^Eivut: DI-: l'LAïu.x

rieur, il eu est nième qui nous étûoiient par leur totale iiisii^iiifiance : ([ii'il s'agisse de les rejeter ou de les admettre, la critique même la [)lus érudite, rnùaie la plus exercée ne sait ou se prendre, et elle se veni^e par son inrlillerence du peu d'inti'rtM qu'inspirent ces rejetons en grande partie stériles du tronc platonicien.

Les anciens eux-mêmes, sauf de rares exceptions, en avaient déjà jugé ainsi. Les témoins compétents gardent le silunce sur ces compositions ; Aiistoto iK.tninmcnt, autant du moins qu'on peut en juger par ses écrits, ou en ignorait l'existence ou,(juoiqu'ii les connut, les a conq)lètement négligées : ce qui ;i la riguf^ur pourrait s'expliquer nu par hnir date relativement ancienne, ou par ce fait (pie Platon lui-même, parvemi sur les hauteurs de sa nn'ta'iliysique et en pleine possession de son système, aurait le premier comme oublié ces premiers-nés de sa verve philosO[)lufpie. Telle de ces courtes dissertât ions, le Pnmier Alcihiade, par exemple, acquieit au temps des Alexanilriiis une sorte de notoriété postluime: mais Texception eonlirmo i( i la règle, et il est [>"rnds de les compat'or dan^ Imr ensendile à ces satellites «pii tout en empruntant leur iiimini' à l'astre principal, s'ell'acent rt disparaissent dans son éclat.

Dès lors on comprend sans peine les incertitudes du critique (pi'ici le double critérium externe et iiderne laisse également dans un complet embarras. Pour en sortir il a devant lui,e"est vrai, deux solutions radicales qui lune et l'autre si'dui-ent par leur apparente simplicité\ La première consiste à s'en rappor* ter docilement à la tradition ou du moins à aecejyter comme règle absolue le canon de Thrasylle qui en est dans l'antiquiti' la dernière expression ; la seconde, à secréer un ty[)(> platonicien [)lus ou moins réel, plus ou moins imaginaire. et à condamner sans piti(' tout C(^ qui s'en éloigne, tout ce (jui lui e^t inléricur.

La première de ces théories, il faut le reconnaître, est très commofle: elle fournit un criti'rium aisé, dune apjilication extrêmement facile, et disjiense du souci de raisonner son propre choix. Ce n'est jias qu'elle ne puisse invorjuer en sa 'faveur des motifs en apparence assez plausibles. Assurément on n'a

CONCLUSIONS

pas encore reconnu ni à la présomption ni à la prescription les mêmes droits en matière littéraire qu'en matière juridique: mais jusque dans les questions histori(iues lun et l'autre de ces éléments d'information ne sont pas sans valeur. Luc opinion qui a traversé tant de siècles en ralliant tous les suffrages doit reposer sur des titres véritables ' : œuvre du temjis et des années, ajoute-t on, la tradition n'est-elle pas en somme le seul garant de rauthenticité de la plupart de nos textes classifpies- / Pour les critiques dont je parle, elle a même fini par acqu('rir une sorte d'infaillibilité grâce à laquelle elle suffit à tout, réj)ond à tout. Ce n'est pas pour eux évidemment (ju'a été imaginé le pro/erbe antique si goûté de Cicéion : Xr/^g /.y.î acayy.rr' y.^i'îTsiv. S'agit-il d'une (cuvre manifestement inh'rieure :Mln les voit prendre triomphalement leur parti des invraisemblances, des disj)arates, des contradictions ([u'on leur signale ou au contraire, en garde contre leurs scrupules personnels les mieux fondés, dépenser tout ce qu'ils ont de talent et d'érudition à se dissimuliT à eux-mêmes et à dissimuler aux autres les imperfections et les inconséquences les plus ('videntes. A les croire, pas de dialogue platonicien ou donn<' comme tel qui ne doive être à sa manière et qui ne soit en réalité un petit chefd'œuvre.

En ce qui touche Platon, nous ne pensons ))as nous faiie illusion en aflirmant que l'étude impartiale contenue dans le premier vohnnede cet ouvragea [)our consétfuence directe d'oter d('finitiveme[it à cette opinion ses prét'Uidus appuis historiques. Kn elfet, comme nous Pavons vu. les ('crits platoniciens, en raison mêin<' de la célébrité de leur auteur et de la iaci-

1. '< Si jetais seul :'i avoir rontiance dans ce que la U'adition rapporte %\iv I.'s faits niiciens et dans les écrits de ce temps qui sont arrivés jusqu'à Il )us, Mil poni'raJt ^n'adresser de justes reproches : mais un ^v^nA noniliro d'hommes, et des hommes d un jup:ement éclairé, ont les mêmes convictions (jue moi » (Isoci'ate, Panatliéna'irjue, (10).

i\ C'est ce qu'assurait déjà S. Aujj^ustin : « Platonis, Aristotelisque, Ciceronis, Vnrroni^ aliorumque ejusmodi auctorum lihri, unde noverunt homines quod ipsorum sint, nisi eadem temporum sibimet succedentium contestât ione continua? »

L'ŒLVUE Oi: l'L \'[0^

lité avec la([uelle le dialogua se prête h riiiiilalion, onl été exposés plus (pie d'autres peut-être à se voir associer dans les grandies bibliothèques des compositions analogues, œuvre de quelipie socrati({ue de moindre renom : telh^ ([u"elle nous est [)arvenue. la succession tki grand pliilo<o}>lie iie peut diuic être acceptée (pic sous bénéfice d'inventaire. Bref, grâce au j)errectioniiemcnt incessant des méthodes et des investigatinus de la criti([ue, les modernes, apri-s vingt si('cles, ont sffumi- à une légitime révision l.'s décisions (h'S Alexandrins. .Vussi parmi nos contemporains ji- ne vois (pie (irote en Angl(terre et à sa suite M. NVaddimiton en l'^rance aflirmer catégoriipicraent que le canon [)latonicieii rédigé et fix(' par ThrasyHe doit en ces matières couper court à loute contestation '.

Mais en tare des es[)rits circonspects (pii s'attiichcnt invariablement à hi tradition sans hasarder contre (die la protestation même la phis mod(^ste, comme s'ils craignaient en toucdiant à la moindre pierre (r(d)ranler tout r('di{ice. se dressent les es[)rits aventureux ({ui se com[)laiscnt dan< !<'< négations les plus hardies, ils savent (pie la tradition est essentiellement ennemie de tout retour sur elle-même et que la renommée n'a pas été calomniée dans le tableau que nous en fait le poète latin :

Tain licli praviiiue teoax quaui iiuutia vcri.

Le pararloxe les tente, loin de les rebuter et, par exenqile. toutes les fois (pie s'agite la ({uestion platoin'cienne. au lieu de s'incliner devant les (b'cisions d'un Thrasvlle (mi mèuK^ d'un Aristophane, ils di'clarent ({u'ils n'ont pas à en tenir ciunple.

Que faire alors, et sur ({uelle base api>uyer leur- priipres concbisions? Uéduire toute Td'uvre de JMaton aux dialogues directement couv(^rts par un témoignage ex[!i< s d"Aii<tote, K'S plus tém('r;iires n'oseraient le proposer : une élinnnation aussi

CONCLUS lOiNS

1- Aux uuteurs ([w I'imi vi.'iit do uoninicr jiouî'rait ^■lij.iu;! r M. f liai.uiict. dans son livre : La vie cl les écrits de Platon, si do ta listo des < ci-its ;iul!i- ntiques il n'éliminait pas, avec les Lettres, la qualrieme tôtralocçit; dr rtira>\ll" tuut entière, sauf le Premi>'r At-ihiadc.

radicale passerait à bon droit [»our un acte de folie, et tout décid('S qu'ils fussent à rompre en visière àro})inion universelle, Ast et Schaarschmidt eux-mèmc^ ont su se [)réserver d'un tel excès. Le mov<Mi ima^in(* est assez dilb'rent. Il consiste à se rej)résenter un certain Sdaton élevé par naluie au-dessus de toutes les imperfections et de toutes les incons('quences humaines, métaphysicien constamment idé;djste, ('-crivain constamment sup('rieur. iialiitaiil une sj)hère intellectuelle à part, caractéidsé par une })erfection dont il lui est comph'dement interdit de déchoir. Des lors parmi les œuvres que la tradition lui attribue, ledé[)art à faire est très sinq)le. Tout cc^ qui ne répond pas à ce type arrêté, très variable d'ailleurs, cela s'entend"! (piand on passe d'un critifjue à l'autre, sera impitoyablement écarté, proscrit, condamné.

Dans plusieurs des chapitres pri'cédents ^ nous avons apprécié, comme il convenait, (vCtte singulière méthode. Sous peine de méconnaître les lois fondamentales de l'humanité, il faut permettre au génie d'une p;iit de n'atteindre que par degrés aux sommets où il doit briller un Jour, et de l'autre do se lapjirocher ensuite ([uelquefoisdu niveau commuii. par lassitude ou par condescendance -. IMaton est sans contredit le plus brillant philosophe de l'antiquité païenne : ce n'est pas une raison })Our que du commencement à la lin de sa longue carrière il n'ait con(;u et publié que des couvres hors ligne ^

1. \'oir la page 497 de noire pr^'uiier voluiiir cl dans celiu-ci les jugemonts portés sur Ast et Schaarschmidt.

2. Pouri]Uoi serait-il interdit même à un ojrand l'iiilosoplie de ressembler parfois à cet urhanu!^ dont nous pari; Horace et (pa'il nous représente

parceutis viribns atque extenuantis eas eonsiiKo.

3. On se plaint, non sans quoique exagération, de la pauvi'el('' au moins rel itive au point de vue philosophique de ces compositions, antérieures sans doute de hion dos années au lia?iquel, au PliC'Ioii et au Théétèle. I\Iais il y a tout au moins dins plusieurs do celles que l'on incline oént''ralement à regardor comme aulhimtiques une abondance d'idées, une' richesse d'expressions, un mouvement dans le style, qui n'appartiennent qu'à un écrivain de marque. Si pour ce molif personne m' conteste à Platon le Profat/oras, pourquoi no pas étendre la même conclusion à d'autres dialogues où brille un talent à peine inférieur?

i.'iKU Vin: i)i: platox

Mais celte réfutation générale ne saurait nous dispenser d'examiner l'un après l'autre les griefs invoqués par les critiques auxquels nous avons ici affaire.

Dans ces petits dialogues ^. disent-ils. on cberclie une pensée philosophique, on ne la trouve pas. — A ce com})fe, on devrait soutenir (fue Socrate lui-même, si célèbre cependant comme philosophe, n'a pas eu de théories personnelles. CiHui ({ui saiv.iut uîi mot sjuveuî rite de Cicéron, (■ fir descendre In philoso[)hieduciel sur hi terre, et rintnidm'sitdans les cités et dans 1rs maisons, » nétait que par accideul lI pour ainsi dirr iiiconsciommput un métaphysicien au sens précis de ce terme. A son école Platon, vivant dans un temps etchez un jxuijile où le suhjrctivisme le j)lus iMimiti' se (h^nnait carrière, avaif appris à considérer comme une tache méritoire et peut-étri' comme la plus importante le redressement intedectuel et la lérnrmc morale de ses concitoyens. Avant fie dérober au mi)nde idi'al le ravon de clarté rationnellr (jui devait illumiiKU" la science totale, la science par excellence, il importait de bannir le préjug'' ou l'ignorance eu portant successivement la lumière sur tons lesd<'taiis, de même ({u'avant de chercher à expliquer et à dt'peiudre la vertu éminenlequi est le propre du sage, il était nécessaire de passer en revue les dilb'rentes habitudes morales, de dé'finir avec <[ueiqu<' précision lesdiverse^ vertus particulières. Si élevé ({ue soit IN'difice du platonisme, on oublie que seul le socratisme hii a servi et pouvait lui servir de b)nd(unent.

Mais ou insiste. Dans ces [>etits dialogues, dit-<»n, ce n'est {)as seulement le sujet (pii est le plus souvent banal et vulgaire : c'est l'argumentation (pii est d('fectueus(\ presque enf.antine, s'attard mt à de< comparaisons multipliées qui n'éclairent ni le but à atteindre ni la route qui doit y conduire. Les interlocuteurs semblent converser au hasard, sans avoir une conscience bien nette de ce qu'ils cherchent et de ce qu'ils veulent décou-

1. Co n'est pus seulement dans les dialogues « socratiques », c'est dans t >ns les é.-rits de Platon presque sans exception que von S\i)el (De Plafonis proœndis a<Yi(lemicis, Marburi,^ 1881») nous invite à voir non des leçons rérriilières. mais des pro,i,Tammes de discussions.

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