‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 267 sur 343 · Au mot :5'.> oTo:po · texte numérisé non relu

Au mot :5'.> oTo:po

•>. Dans sou Commentaire du Timée,

CONCLUSIONS

platonicien donnent à penser qu'il avait quel([ues doutes sur

son origine.

Ce qui est incontestahle, c'est (pie nous sommes ici en présence dune dissertation é'crite avec le dessein exprès de donner un supplément;iux douze livres des iLo/.v '. Mais ce su[)plément est-il réellement nécessaire, et les développements dans lesiiuels Platon était entré - ne le rendaient-ils pas à peu près superllu ? Ne lit-on pas à la dernière page des Lois i\\x'\\ est impossihlede rien statuer au sujet des connaissances à exiger des memhres du Conseil suprême avant d'être éclairé par les résultats del'expérience^'? Sans doute, mais après avoir insisté de nouveau sur les difticultés pratiques du prol)lème, l'Athénien qui a dirigé tout Tentretien ajoute : <( Si nous voulons ris- ([uer le tout [)Our le tout, il ne faut rien négliger. Je partagerai le ])éril avec vous en vous proposant et vous expliquant ma pensée sur l'éducation et l'institution dont nous venons de parler ^ ^' U y a là comme une |)romesse et l'on c imprend sans peine la tentation {pi'a pu éprouver un disciple de s'en acquitter à la place du maitre '\ « Il s'y laissa gagner |)ar la facilité d'exécuter le plan annoncé, par la gloire d'achever ce ({u'il crut que le grand philosophe n'avait pas entièrement fini, ainsi que par l'espi'rance de se voir confondu un jour avec un si célèbre écrivain ^ »

1. 793 A : « Cette question, la plus importante qu'on puisse agiter et résoudre, je veux dire quelles sciences peuvent faire un sage d'un homme mortel, nous ne l'avons ni aciitée, ni résolue. Abordons-la aujourd'hui, autrement nous laisserions imparfait un ouvrage que nous avons tous entrepris avec la résolution de nous cxpli pier avec clarté' depuis le commencement jusqu'à la fin. »

2. En particulier au Vn<^ livre et au XIP, où il avait admiralJement montré le- but, s'il ne s'était [)as expliqué sur le chemin.

3. « Hanc disciplinani Plato pnetermisit, utpote ratus in ea civitate quse qu;im proximo ad vitu' liuuiana) veritatem accederet, etiam rerum usui et ipsorum magistratuum prudentiae aliquid tribuendum esse » (Stallbaum).

5. Plermann a donc eu raison d'écrire : « Der Dialog stellt sicii nicht ais Fiilschung, sondern vielmehr als eine Ergilnzung heraus. »

G. Extrait d'un mémoire lu en 1722 par l'abbé Sallier à l'Académie des inscriptions.

L'ŒUVRK DE PLATON

Parmi les modornes. Tiedemann, Tennemami \ Grole et M. (^hai^net soûl a|)L'a près seuls ;\ considérer YEphiomis comme sortie de la pinme de Platon. Il faut leur accorder, contrairement à l'avis de Sîallbaum S qu'à parcourir le dialogue au sortii de la ictiire, je ne dirai pas du Phèdre al de la Répuhll(^w\ mais du Timée a des Lois, ni le fond ni la foriiie ne conlrai-nent impérieusemeiil a i.ii contester rautlienticiié : tout au contraire certaines pages, par la vigueur des convictions, par l'élévation des sentiments contiennent un écho manifeste de la doctrine platonicienne. Mais cette préoccupation même est si dominante que l'abbé Sallier a pu écrire : « L'auteur se démasque par la continuelle et puérile attention <^\\\"\\ a de faire revenir en foule les mêmes idées que Platon a n'pandues en ses différents ouvrages, comme si ce philosophe avait eu pour hii même d'être méconnu... Vouloir rassembler dans un même livre les beautés diverses qui brillent dans tous ses écrits, c'est les déplacer^ c'est montrer qu'on est plagiaire. »

Au reste un examen plus attentif, sinon plus sévère, condiiiî quoique par de tout autres voies à une semblable conclusion. Non que nous soyons surpris du portrait qui nous est tracé ici du sage : si la Répuh/lrjtfe représente la suprématie de l'intehigence philosnphiqueet de co (pj un moderne appellerait volontiers « la raison pure », les Lois font passer cités et sociétés humaines sous l'autorité de la législation positive, du sentiment, delà tradition, fie la coutume. Ce qui est plus grave, c'est que Platon, si enthousiaste qu'il fut de la science des nombres, n'en a nulle part poussé Tadmiration, je dirais presque i'idolAtrie au point qu'elle atteint ici '. \:Epinomis substitue hardim.Mit

1. D'après ce cri ligue, ce serait Platon lui-même qui, en raison de l'importance du sujet, aurait détaché des Lois ce fragment et lui aurait donné un titre spécial.

'2.\:Epinoynls a trouvé dans Stallbaum un juge si prévenu, qu'estimée indigne de Philipi.e d'Opunle lui-même -lie a dû se contenter d'avoir pour auteur un Alexandrin quelconque, incapable de rien comprendre au platonisme authentique.

3. Par exemple dans la phrase suivante : ITavra ir.oliXzxi to 7:àpa7iav, iàv àpiOtxr.Tcxv. t:; àvs).-?; (977 E). — Cf. Lols, VII, 818 B.

et définitivement cette science à la philosophie elle-même et i)Our élever notre âme jusqu'à la divinité, ne connaît plusd'autre route assurée que la contemplation des phénomènes célestes. Ce n'est pas du vivant du maitre, ce n'est qu'après sa mort que le pythagorisme a régné à ce point dans l'ancienne Académie.

Au reste il ne suffit pas à l'auteur de nous montrer dans les astres et leurs révolutions réglées par d'antiques décrets la manifestation la plus éclatante delà sagesse et de la puissance divines : de là à affirmer que ce sont des dieux ou des images des dieux, et à concentrer pour ainsi dire toute la divinité dans une sorte d'àme du monde, il n'y avait qu'un pas et ce pas, il ralranchi, comme le feront les stoïciens plus tard, comme le fit avant eux d'après certains témoignages ^ Speusippe, le successeur même de Platon.

Enfin les éléments sont ici - définis au nombre de cinq, parmi lesquels Péther, qu'Aristote le premier, dit-on, introduisit dans Pexplication des phénomènes physiques. Mais le nom tout au moins se rencontre déjà dans le Timée ^ et l'ensemble de la théorie passe pour dater dePythagore.

Quant à la forme, il est certain que les défauts déjà visibles dans les /.(9^^• s'y retrouvent, et pour la plupart aggravés. La diction est embarrassée, les constructions pénibles % et plus d'une fois lobscurité à larpielle se heurte le lecteur semble étudiée pour dissimuler sous une apparente profondeur le peu de consistance des idées. Bref si l'hypothèse qui fait de Philippe d'(>j)unte Fauteur de VEpino?nis n'est rien moins que certaine, elle nous paraît du moins se recommander par un très haut degré' de probabilité.

Page 1