Gicéron, De nalura deorum, ch
4. (( Oratio insignitor hiulca nec levibus maculis inquinata. disputandi ratio iners. fatua, atque inepta: verborum comprohensiones scabra^ et perplex;e ut et ipsi intelligendi facilitatimultum officiant. » (Stallbaum). « Style obscur et prétentieux », écrit Cousin.
F/'TrVRF, r>F PLATON
Le second Aiclôiade
Que Platon, avec le don d'invention qui le caractérise, ait mis le nom d'Alcibiade en tète de deux de ses compositions, c'est ce ({u'il seml)le difficile d'admettre ^ : mais comme nous l'avons vu, l'authenticité du Premier Alcibiade lui-môme est controversée.
Considéré dans l'ensemble, le Second Alcibiade rappelle à bien des égards les entretiens de Socrate ; quelques belles pensées sur le sentimont religieux y ont éti' de tout temj)s justement admii'éos, notamment celte alliance de la piété et de la science qui ici comme dans YEpinomis est présentée comme l'idéal de la destinée humaine. Ainsi s'était ex{irimé Sooratc : ainsi devaient s'exprimer dans la suite les plus célèbres d'entre les stoïciens.
D'autre part la discussion, où l'on cherche vainement quelques traces de la finesse ou de l'ironie platonicienne, a nne marciie hésilante, tantiH retardi^e par des redites nu dos longueurs inutiles, tantôt embarrassée de citations et d'allusions fort peu o|)portunos-. Si bien avant les stoïciens Platon a cherché dans la connaissance du souverain bien la science l'ondamentale, celle de qui relèvent toutes les autres (i44D\il n'aurait sans douto consenti ni a prêter aux dieux les ])assions humaines (138 D), ni à accord"^ ([ue l'ignorance puisse jamais être un biendiiC), ni à assimiler selon un paradoxe stoïcien toute
1. On sait quo les qualificatifs Tcpài-co;. Gs-jrépo: ajoutés à un nom propre dans les didascalies désignent en <]^énéral n )n deux pièces dillerentes, mais deux éditions (la seconde d'or<linaire remaniée) d'un seul et même drame.
2. Est-ce un écrivain familiarisé avec l'histoire ,!?recquo que celui (jui parle de longues et désastreuses guerres entre Athènes et Sparte dans les temps qui précéderont la naissance de Socrate (148 Di? L'envoi d'une députation au sanctuaire irAmmon (liS I]) peut paraître surprenant au v' siècle avant notre ère : mais les Oiseaux d'Aristophane et les Lois de IMaton nous montrent que l'oracle égyptien n'était guère moins apprécié que ceux de Delph"S et de Dodone. Quant à la mention de la mort d'Archélaiis, c'est un anachronisme manifeste, mais dont il ne conviendrait de s'étonner ({u'à demi chez Platon.
CONCLUSIONS
sottise à la folie (130 Bi '. — L'étude du style et du vocabulaire, où se rencontrent des formes d'une date postérieure-, conclut également contre l'authenticité de ce dialogue que dès l'antiquité certains déjà voulaient attribuer à Xénophon, sans doute à cause de la religiosité bien connue de ce disciple de Socrate. Les critiques modernes, sauf de très rares exceptions, sont d'accord pour le refuser à Platon.
Le Tui'agcs
A ne considérer que le charme de la forme, le Titrages se dislingue avantageu^emcmt de la plupart des petits dialogues f[ui ont trouvé place avec lui dans la collection platonicienne'. Les anecdotes qui y sont semées avec une abondane(> exeqv tionnelle en rendent même la lecture assez intéressante : il est vrai qu'elles n'ajoutent rien, loin de là, à sa valeur philosophique.
Dès les premières lignes une comparaison d'ailleurs assez inattendue entre l;i culture de la plante et l'éducation de l'homme conduit à des rédexions d'un tour certainement platonicierî : mais les pages (jui suivent, où à travers une série d'exemples fort inutiles la discussion se prolonge sans méthode comme sans résultat, dénotent un auteur des plus médiocres. En
1. Xéaninoins, tout eu classant le Second Alcibiade parmi les apocrj^plies , .M. Chaignet n'a pas tort d'apprécier ainsi ces apparentes contradictions : « Je trouve que c'est attacher à une œuvre bien légère une trop grosse importance : eli quoi î pour prouver qu'il faut être réservé dans les prières ù faire au^: dieux, Platon ne pouvait pas, dans une conversation si courte, faire usage des arguments que lui fournissait la croyance de son pavs et de son temps?... La proposition (juc la science est quelquefois ]ihis nuisible que l'ignorance ne vient-elle pas so lier à cette proposition •■ min^anment socratique que la science, sans la science du bien, est rarement utile / >>
2. OùOÈv et u.r,6£v par exemple, alors que Platon emploie régulièrement o-:ô:v et ar,o£v : ou encore le pronom composé aùroçauroO au lieu de la forme classique sau-roO.
3. D'après Stallbaum, le ton dominant est une « anfractuosa atquo diffusa disserendi ratio. » D'ordinaire si indulgent, le critique allemand nous parait ici bien sévère.
Platon, t. II. ^g
L'iEUVRE DE l'LATON
somme, il s'agil de déterminer Socrate à prendre pour disciple Théagès, le([uel ne rêve que d'honneurs et de dignités: mais le philosophe se récuse, alléguant ({u'une permission divine est nécessaire à qui veut [)roriter de ses entretiens ; et au dire de quelques critiques, le déveloj^jement de cette pensée donne au dialogue « une sorte de gravité pieuse ». Sans doute Socrate nous est volontiers représenté i)ar les anciens comme possédant une douhle nature où la lucidité de la réflexion s'unit à l'illuminisme de Ti'xtase '. I) ^ même ({ue \éno[)hon, Idaton parle du ^:xiv.oviovqui en tant de circonstances lui servait d'oracle : jamais ce[)en(lant Socrate ne lui a reconnu une autoritj aussi décisive, jamais il ne l'a envisagé comme une puissame su[)érieure ({u'i! faut a[>aiser par des prières et par des sacrifices-.
11 y a dans le T/iéayes un certain nomhre de néologismes : mais quel est le dialogue, fVit-ce le plus induhitahlement aulhenti(|ue, où il ne s'en rencontre? Parce que certaines pensées, certaines expressions mêmes se retrouvent dans le ThéétcteeiluBafujuet.diins \e Mf'noji etlMy:?o/oy/>,Stallhaum s'écrie: (( UuaMiuis sihi persuadeat ah ipso l'iatone ita iterata esse / » — (( Ces réminiscences, répond M. Chaignet, me paraissent hien permises à un homme (pii a hcaucou[) écrit, et qui se répète quelquefois sans le savoir et sans le vouloir, et prouvent plutôt contre la thèse des adversaires de rauthenticité «.En somme, à propos de ce dialogue comme de ki plupart de ceux qui précèdent, Tune et Tautre conclusion peuvent se défendre, hien que la grande majorité des criti(iues incline à le déclarer apocryphe.
1. 131 A. — Slallbauui prétend même que le T/iéayps n'a pas clù voir le jour avant les discussions auxquelles Xcnocrate et les stoïciens se sont livrés sur le oa:[x6v:ov et les ôacîxovsç .
2. Ou, comme s'exprime Grote, « a mixture of tlie sublime and Ihe eccentric, of racionative acuteness witth impulsive superstition. »
CONGL USIONS
•J'hii
Les Rivaux
ijiielle idée convient-il de se faire de la philosojdiie '/ C'est une ('tu le inutile et ridicidc, if'piMwl un j"nne A thi-ni^n (p;i semhlahle au /('dhns d'Iùiripido est tout entier aux exercices du corj)S. Xonjni répliqui.' un rival, c'est une culture géné>rale qui permet de s'inti'resser à tous le^ arts et d'en parler avec (ju(dque compétence ', sans a! teindre en aucun d'eux à la hauteur de ceux (pii on font leur oC(,'U[)ation exclusive. Socrate qui re[)Ous^e la première thèse, ne consent pas davantage h accepter la seconde : |)our lui la philosophie est avant tout une science morale : en matière d'éducation comme en matière de politiipie, (ju'il s'agisse de diriger sa maison ou de gouverner l'Etat, il faut (jue le philosophe non seulement ne le cède à personne, mais donne l'exemple à tous i 1.3(S E).
Sans doute ni le fond ni la forme de ces quelques pages n'ont rien d\ihsolument indigne d'un Platon ou d'un Xénophon : néanmoins Platon n'a pas Phahitude de mettre ninsi en scène des persoimages anonymes, sans physionomie caractérisée, et de plus il a du tout jeune encore à l'école de Socrate entrevoir les j)rofondes sp('Culations oii devaitle conduire la philoso[)hie. Celte discussion correcte, ingénieuse même parfoi<^. mais sans portée, sans éhh'ation intellectuelle, es» d'un auteur et surtout d'un penseur de second et même de troisième ordre. Aussi les criti([ues modernes sont-ils à peu près unanimes à rejeter ce dialogue que Thrasylle lui-même, tout en l'admettant dans son catalogue, ne considérait pas comme sûrement platonicien -.
1. Quelffues anciens, se rappcdant le savoir encyclopédique de Démocrite, ont prétendu que ce philosophe était visé ici au moins indirectement par l'auteur du dialo,î.me : Eïnzp o\ "AvtsparrTaV rD.atwvôc zIgi. zr^'jl HpaaOAo;, o'jto; av str, ô Trapay&vofj.cvoç àv(ovj[xoç. ■zùvj Tispl OhjOT'.or^v -/al 'Avaça-'opav sTspo;
(Dio|T. Laërce, IX, 37. A la place de ce dernier mot qui se lit dans rt''<lition Didot, le texte primitif portait sans doute z-oLipo;).