Stallbaum qualitie le Vaticanus A de (( optinue notaœ
3. Voici au surplus les conclusions textuelles de son mémoire Ueber die Classen derplatonischen Ilandschriflen : « a) Die gute Classe der plat. Ilandscb. giobt uns nur die 6 ersten Tetralogien : die Ueborlioferung der siebenten beruht auf der geringen llandschriftenclasse : 1)} der Clarkianus kommt fur die 6 ersten Tetralogien vorzugsweise in Betraclit : c) der Vaticanns ist gânzlich aussor Acht zu lassen : d) der Tubingensis gcliurt, der Timaios ausgenommen, zur giiten Classe : e) mit Ausschluss des Symposion giebt uns der Venetus II den Text der guten Classe. »
LES MANUSCRITS DE PLATON
grès. Pour la constitution du texte de la République, il ne reconnaît d'importance, en dehors du Parisinus A, qu'au Venetus il, où les interpolations sont plus nombreuses. Pour le Timée, A est également seul à posséder une valeur réelle. Quant au Venetus t, de tous les manuscrits de la seconde famille c'est celui qui se rapproche le plus du Clarkianus : il passe môme aux yeux de Schanz pour la source de tous les autres, notamment du Parisinus ?*, qui a subi les retouches de deux correcteurs K II n'y a dès lors pas d'autre source à consulter pour la 7"^ tétralogie.
Les conclusions de M. Jordan - diffèrent sensiblement de celles de Schanz. Tandis que ce dernier a proclamé hautement la supériorité du Clarkianus en ce qui touche les vingt-quatre dialogues qu'il renferme, le premier, moins exclusif, n'admet pas que ce manuscrit (qui est loin en effet d'être de tout point irréprochable, ainsi qu'en témoignent d'assez nombreuses corrections de seconde main) serve de règle absolue pour juger du mérite des copies qu'on lui compare ^ Pour sa part, M. Jordan distingue trois familles de manuscrits, sans aucune prétention d'ailleurs à rattacher définitivement i\ Tune d'elles chacune des copies existantes. La première comprend le Clarkianus, le Vaticanus A, le Venetus n, tandis que la seconde où certaines variantes remontent au vi* et peutêtre au v* siècle, se divise en deux groupes, l'un formé des Pari-
1. M. Schanz s'est appliqué à en faire le départ dans sa récente édition de VEulhyphron, à l'occasion de laquelle il a collationné une série considérable de manuscrits d'ordinaire très justement négligés (Studien. p. 68-86).
2. Voir sa brocliure intitulée : De Platonicorum codicum auctoritate, Leipzig, 1814. V(Mci le résumé de ses recherches : « Très sunt codicum ad sei priores tetralogias coUatorum familiae, a, [5, | : dure priores ex duobus unicis arclietypi apographis originem duxerunt, quorum uterque multis variisque vitiis erat atîectus : utraque igitur ad hîec detrimenta sananda alterius auxilio egot. Harum scriplur^e (quales vel omnes vel optimi ntriu?que codices prapbent) si diverse sunt, utri obsequendum sit, a nexu sententiarum, Platonis dicendi genrre, artis paLpograpliicn' rationibus dijudicandum est. Tertia i ila est comparata ut quoties altéra utra reliquarum quod verum videatur prœbeat, ea abstineamus : non igitur nisi si in familiis a et [î peccatum esse manifosto appareat, ad tertiam refugiendum est videndumque si forte verum vel veri vestigia in ea dcprehendi possint. » .Jordan tient notamment en grande estime le Venetus t*
3. C'est le même conseil que répétait naguère ^l. Weil dans le Journal des Savants : « Il convient non de s'inféoder à la tradition d'un seul manuscrit ou d'une seule famille de manuscrits, mais de garder la lilierté de ses jugemen!s, et tout on n'accoi'dant pas la même confiance à ces divers témoins, d'entendre toutes les déposition;> et de faire entre elles un choix raisonné. «
sini C E F cl dos Florentini a, c et i ayant à leur tête le Parisinus B : l'autre composé du Venetus A, des Parisiiii 1 et X, et dont le type est lo Florentinus b. Pour certains dialogues, le Cratyle par exemple, la seconde famille lui paraît l'emporter sur la première. Ounnt à la troisième, formée avant tout de i, 1 et Y, elle n'a qu'une valeur très inférieare.
Citons en terminant les travaux plus récents de U. W ohlrab ', lequel conlCble également l'autorité exclusive accordée pnr la plupart des éditeurs au Clarkianus. A son tour il a essavé de répartir les m muscrits platoniciens connus en un certain numbrc de groupi'> : mais cette classification plus on nininv nrbit pair.' n'a pas rencontré beaucoup de faveur.
Somme toute, comme on le voit dans c*^ qui précède, à coté de divergences de détail à peu prc^ inévital)le>, i! y ;i un accord presque unanime entre rriti<]ues pour mettre au premier rang le Clarkianus et le Parisinus A, et au second, mais à une grand.- distance l'un de l'autre, le Venetus t et le Parisinu^ B. nu;i:it à la plupart des juanuscrits qui pourrai^'ut rovfMidiqner \c droit de tigurer à la suite, ce qui rend leur classement dillicile, c'est (pie ce sont ou des manuscrits incomplets, ne comprenant (ju'une paitie souvent fort restreinte de i'béritage platonicien, ou dos manuscrits mixtes se rapprocbant tantôt d'un groupo, tantôt d'un autre -, ce qui fait que leur autorité varie selon les écrits (jne l'on rouMdèi-e et l'édition qu'oii se ;)j'opo.>e : le texte de chaque dialogue a ainsi sa généalogie et sa tradition à part '. La seule chose raisonnable, comme Ta montré M. Croiset, c'est de so servir d." tous sans s*y asservir et de tacher d'en tirer ce qu'ils contitMincnt de bon sans en prendre le mauvais.
A ce propos il n'est pas sans intérêt de constater que la pr-M'uiinencc reconnue du Clarkianus vient de -ubir un redoutable assaut. A deux i-'q-rises di'jà nous avons en occasion de pai'lor des
1. Die PtatoJumdschrif'len und ihre gegenseUirjen Bczlehungcn (article publié d'abord dans les .lahrburher fur classische P/iilolof/ie, 15 Suppl. Band). Wohlrab compte jusqu'à 13 m muscrits qualitiës pour servir de régie au critique.
2. C'est ce que M. Jor \m déclare expressément en ce qui touche la classe ;, se rapprochant tantôt de a, tant U do ,3.
3. Ainsi le Vaticauus A i>our la première tétralogie et le Gorgias, le Venetus II pour le Banquet, le Tubingensis pour le Timée dérivent d'une source très défectueuse.
LES MANUSCRITS DE PLATON
fragments relativement considérables du Phédon *, contenus dans un manuscrit récemment rapporté d'Egypte par M. Flinders Pétrie. Or ce manuscrit, écrit dans l'Attiquc, ainsi que le conjecture Mahalfy d'après certaines particularités orthographi(iues, a le mérite de remonter à la première moitié du iii*^ siècle avant notre ère et p;ir suite d'être antérieur de mille ou onze eents ans au Clarkianus. Comme il fallait s'y attendre, les deux textes comparés entre eux olïrent mainte diClerence, et tout aussitôt certains criti(jues- ont pris sévèrement à partie les grammairiens des Ages suivants, coupal)l(>s d'avoir, selon l'expression de Tun d'eux, versé leur eau claire dans le vin pur de IMaton, en d'autres termes, d'avoir pai- leui's importunes p;iraphrases, par les iidr-rpolations de leur goiit timon'". |»ar des interversions conformes aux nouvelles règles de l'euphonie, poli, adouci et du même coup défiguré la concision éiiergiifue, l'allure màb^ et hardie de l'original. D^'sormais, ajoutait-on, il s(^ra ai>é d'arracher à ce Platon de la décadnnce son mas(pi<' d"em[)runt.
Cne étude plus attentive, modifiant ces impressions de la |)remitM'e heure, a (honontré que si Ton pouvait sur ((uebpies points s'inspirer irès utilement de ce modèle inattendu, tout cejMMnlant iiTdait pas à lui emprunter : à la suite d'I^sener, M. W(^il a même tiré de ce parallèle une preuve de la haute idée qu'on doit se faire^ d(3 la ri'cension nqjrésentée par le manuscrit d'Oxford. Les gi'ammairiens alexandrins ont fait des efforts louables, sinon toujours h.'iiri'ux. {xuir riMUOnter aux sourc<'s, et il n'y a pas lieu d'être surj)ris de ce que c<' papyrus (>gy|)tiiMi, malgré son anti([uité respectable, n'offre en somme aucune garantie supérieure d'exactitude K
11 importe d'ajouter en terminaiu ({u'au point de vue de l'exégèse philosophique, cette laborieuse confrontation des manuscrits s'est montrée presque partout stérile, en ce sens que parmi les