Venise
4. Elle parut pour la première fois à Venise, en 3 petits volumes in-i2, de 1601 à 1607 : eu 1742 elle a été réimprimée avec les arguments et les notes de Serranus en 3 volumes in-4°. Dans sa dédicace à Marin Grimani, l'auteur après avoir fait l'éloge de la philosophie, poursuit en ces termes : « Hor di quanti d'intorno a questo ad util nostro si nfTiiticarouo, fu son/a
confondre avec le cardinal du même nom, dont le rôle fut si brillant à la cour des papes de la Renaissance. C'était un admirateur convaincu de Platon : son Apologia Platonis ainsi qu'une dissertation qu'il avait composée sur la philosophie platonicienne sont malheureusement demeurées inédites. Il a apporté h sa traduction une application extraordinaire dont témoigne notamment à la fin du dernier volume un rrratum spécial, contenant les corrections que la comparaison et l'étude des textes lui avaient suggérées depuis l'impression. Cousin en jugeait le style agréable : aux yeux de ses compatriotes il passe pour n'avoir qu'imparfaitement rendu les beautés de Platon.
Après lui on ne cite plus en ce genre pendant deux siècles que des tentatives partielles, presque toutes de fort peu de valeur, telles que celles de Bonotto, de Stellini, de lîianchi et de Prieri.
En 1873, M. Ferrai a inauguré à Padoue une traduction nouvelle dont quatre volumes étaient achevés en 1881. Les documents nous manquent pour donner une appréciation de ce travail, qui en Italie même paraît à peine connu : l'auteur a une réputation de lettré et d'écrivain plutôt que de philosophe ^
Mais l'interprète par excellence de Platon dans l'Italie contemporaine, c'est M. Ruggero Bonghi, élève de Rosmini, homme d'Etat et érudit merveilleusement initié à toutes les publications littéraires ou philosophiques de ce siècle. En présentant à l'Académie des sciences morales, à la fin de 1881, les deux premiers tomes de ce travail, 31. Ravaisson avait raison de le signaler comme un véritable service rendu à l'histoire de la philosophie et à la philosophie elle-même.
Sept volumes ont paru jusqu'ici - : Euthuphrun, A/jolo(jir et
pari il divino Platane, il quale, oltre all'haver trattato le cose naturali e sopranaturali di-yinamente, gli alïetti e i loro etletti in maniera si maravigliosa esplicô, che si non pur) desiderar meglio : e per ciô a ragiono per tutti i tempi fu sennpre tenuto in sopreaia veneiatione. Di (jiiesto autore essendomi io sopra modo dilettato sempre, volentieri hi diedi tutto (lucl tempo, che mi avanzava, e che levava agli al tri affari o mie occupazioui : con che mi venuto fatto di trasportarlo nella lingua nostra materna ».
1. Nous signalerons volontiers, à cause du problème intéressant qui y est agité, la récente brochure de 'M. Pellaveri : // Critone e ciel miglior modo di traduvre Plaione (Mantoue).
2. A la librairie Fratelli Bocca à Rome : au mérite du fond s'ajoute le coquet aspect typographique de ces charmants in-18, d'un maniement si commode.
LES PRINCIPALES TRADUCTIONS DES DlALOdUES
Criton (1880) — Plœdon (1881) — Protagoras (1882) — Eul/iydèmCy suivi du mp>. ffoy«aTtxwv è)iy)(oiv d'Aristote (1883) — Cvatrjle (1885) — Banquet (1888) — Théétète (1891).
Les compatriotes de Téminent auteur sont unanimes à rendre hommage à la fidélité et à l'élégance de sa traduction, où il a mis merveilleusement à profit pour rivaliser avec son modèle la souplesse harmonieuse de l'idiome italien K Quant à son talent et à son zèle, quant à Part qui s'associe à sa science, les lecteurs français pourront en juger par l'analyse d'un de ses volumes : je choisis de préférence le Cratijle, si rarement édité et traduit dans notre pays.
Le livre s'ouvre par une lettre-dédicace à la comtesse Arese sur l'origine du langage, suivie d'un avertissement du traducteur relatif aux difficultés tout à fait spéciales qu'il a rencontrées dans les étymologies et les jeux de mots semés comme à plaisir d'un bout à l'autre de l'entretien. La préface proprement dite contient en huit chapitres la liste des mots expliqués dans le Cratyle, une étude sur les interlocuteurs, sur le sujet et la marche de la discussion, une revue très complète de tous les commentateurs et interprètes depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, la défense de l'authenticité du dialogue contre les attaques récentes de Schaarschmidt, ontin la philosophie du langage en Grèce avant Platon, chez Platon et après Platon. Vient ensuite la traduction ellemême, justifiée et commentée dans les cinquante-six pages de notes qui suivent: on peut affirmer qu'aucun détail littéraire, philosophique ou bibliographique n'échappe à l'érudition curieuse et pénétrante de l'auteur. Le volume se termine par des appendices consacrés à l'examen de deux questions spéciales.
Il est vivement à souhaiter que ce beau monument s'achève : on voit assez par cet exemple quelle profusion de lumières et de renseignements de tout genre peuvent y puiser les amis de Platon et de sa philosophie.
1. M. Bonghi se plaint cependant, et peut-être a-t-il raison, d.e Tabsence d'une langue philosophique véritable chez les Italiens, qui ont si peu de philosophes à eux, si même ils en ont jamais eu.
L'ŒUVilE DE PLATON
n. Traductions en d'autres langues
Notre rùle se borne nécessairement ici à l'éniimération des titres que les circonstances ont fait passer sous nos yeux. Ce sont :
En Espagne :
1) Une traduction assez appréciée de la République, par Thomas y Garcia (Madrid, 1804).
2) Les œuvres de Platon, traduites en espagnol d'après les différentes versions tant latines que françaises, par D. Patricio de Azcarati (Madrid, i871-d876).
3) Cinto dialogos (la première tétralogie de ïhrasylle et le Banquet) traducidos directamente del griego con argumento y notas, par A. Longue y Molpeceres, professeur de grec à l'Université centrale (Madrid, 1880).
4) Platon, dialogos polemicos, traduccion y prologo de Antonio Zozaya (Madrid, Tomes I et II.)
o) Platon^ dialogos soeraticos, traduccion de J. de Vargas, — ouvrage qui est arrivé très rapidement à sa deuxième édition.
En Russie :
Les deux traductions de Resener et de Ivarpolf (1863j.
En Suède :
Valda Skrifter af IHafo : svensk ofversntining of M. Dalsjii (Stockholm, 1872-1886, en six volumes). Cette version passe pour aussi exacte qu'élégante.
En Hongrie :
M. Pau! Ilunfalvy ^ a traduit la République, le Banquet et neuf autres dialogues.
LES PRINCIPALES TRADUCTIONS DES DIALOGUES
plètes de Platon en persan, faite par les ordres de Chosroès. Une partie considérable des dialogues a été traduite également par les savants arabes : l'histoire parle notamment d'one version de la République, du Timée et des Lois entreprise pour le calife Al- Mamoun par Ilonain-ben-Isak, le plus célèbre et le plus laborieux des commentateurs qui florissaient alors à la cour de Ragdad. Enfin la bibliothèque du Vatican possède une traduction de la République en hébreu.