Diogèiie Laërce, A^II, G
2. Je lis dans François Lenormant ce texte curieux. : « Dans le silence de riiistoire, la numismatique des Tarentins prouve qu'ils faisaient partie de la ligue commerciale et monétaire qui dans le vi« siècle avant l'ère chrétienne se forma sous les auspices de l'école pythagoricienne et groupa momentanément dans des intérêts commiuis toutes les villes heUéuiques de l'Italie méridionale. Elle émit notamment des monnaies de poids semblable et de même fabrication, aux. types et aux noms des diiïérentes cités, dites monnaies incuses. »
PLATON APRÈS LA MURT DE SOGRATE
Grecs, fut aussi éphémère que brillante : longtemps comprinn'e, l'indépendance populaire se vengea à la fin par la révolte et le massacre. Néanmoins les principes adoptés par les membres de l'association survécurent à sa ruine : philosophes et poètes comi([ues des premières années du iv^ siècle parlent également d'un 'r!,io; IPjOayopuôç, comme d'un genre de vie particulier et distinctif, auquel demeurait attaché un renom de savoir et de dignité : ceux-là pour en faire l'éloge, ceux-ci pour railler des imitateurs dont le zèle n'était sans doute pas exempt d'affectation. Voilà pourquoi dans les pièces d'un Cratinus, d'un Alexis, d'un Aristophon, de même ({ue plus tard jusque dans les idylles d'un Théocrite, les disciples du fondateur se virent malignement confondus avec ceux qui prirent leur costume et leur extérieur sans trop se préoccu})er d'hériter de leur vie laborieuse et de leur amour de la science.
Pythagore, chef reconnu dune école philosophi(jue, aurait eu un successeur; l'histoire cependant ne lui en donne aucun : elle se borne à citer sous le nom assez vague de pythagoriciens, dans le siècle ([ui s'écoula entre le soulèvement de Crotone et la fondation de l'Académie, des personnages investis de rôles assez divers, savants, médecins, politiques, hommes d'Etat. Porté plutôt à exagérer l'importance philosophique de Pythagore, M. Nourrisson n'en reconnaît pas moins quà sa mort «ce n'est pas une doctrine (pii subsiste, s'accroisse et se fortifie : ce n'est [)his ([u'une tradition ({ui va sans cesse en s'oblit('rant ».
Il faut, il est vrai, se hâter d'ajouter que plusieurs de ses disciples auraient incontestablement mérité le titre de philosophes, si les traités (pii leur sont attribués ou même les seuls fragments (|ui nous en ont été conservés avaient une authenticité indéniable. Pythagore, jaloux de conformer sa pratique à ses préceptes, n'avait rien écrit; ceux([ui vinrent après lui, retrouvant leur indépendance d'esprit, ont évidemment très bien pu' ne pas se croire tenus à la même réserve. Mais dans l'état actuel de nos connaissances, on peut affirmer que ces divers ouvrages ont été absolument ignorés avant la période alexan-