A LEICESTER
« Notre départ de Sunderland pour Leicester, écrit M™» Mac-Ail, impliquait un grand changement devieetdetravail.Là, tout était mouvement; à Leicester les choses n'allaient pas vite à cette époque. Les calmes et respectables habitants de cette ville assoupie semblaient attendre de la religion, selon le mot de Bunyan, « qu'elle mît, dimanches et fêtes, ses pantouiBes d'argent ». Les deux sphères de notre activité étaient entièrement différentes; mais c'était la main de Dieu qui avait mis là son serviteur. C'était là qu'il devait travailler. »
Cependant, le sentier du devoir ne lui apparut pas distinctement tout d'abord, ni pendant bien des mois. Les premières off*res de Leicester avaient même- été repoussées ; mais à la fin, au temps marqué par Dieu, son serviteur vit sa voie ouverte et s'y engagea. Dans ses adieux à Sunderland, M. Mac-AU mentionne avec reconnaissance, que le nombre total des admissions au titre de membres de l'Église, durant son ministère dans cette ville , — y compris le temps de son pastorat à « Bethel », — fut de trois cent dix, nombre qui donnait, dit-il, « près d'un nom pour chaque dimanche que je passai à Sunderland. » Et Dieu continua de bénir ce ministère. Un grand nombre de nouveaux fidèles furent adjoints à la chapelle de Bond-Street, à
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Leicester, comme en fait foi le témoignage d'un de ses auditeurs en cette ville, dans une lettre datée de 1856 :
Il y en a qui ont été attirés par les efforts faits en faveur de ceux qui ne vont dans aucun lieu de prières. C'était pour faire le bien qu'il alla parles carrefours. Ses sermons sont devenus le sujet de conversation des ateliers, et il s'y trouve bien des gens qui expriment leur gratitude de ce qu'il est allé à Sanvey Gâte et en d'autres endroits. Et les effets de son œuvre ne se bornent pas là. D'autres ont organisé des classes bibliques. La jeunesse a attendu avec, impatience les réunions hebdomadaires, et a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance pour celui qui a travaillé de son mieux à leur bien. Il a fait l'œuvre de son Maître.
Après deux ans de travail fructueux, M. Mac-AU se démit de ses fonctions de pasteur de la congrégation de Bond-Street, et en 1857 la chapelle de London-Road fut érigée d'après ses plans. Une lettre de lui, adressée au conseil de FEglise et qu'on trouvera citée tout au long dans sa biographie anglaise , met en un vif relief ses vues de réformes dans le sens, peut-on dire, populaire et démocratique.
L'essai fut fait de ces réformes conformément à ses suggestions, et on continua de les appliquer avec succès pendant les huit dernières années du ministère de M. Mac-AU à Leicester. Il eut la grande joie de savoir, que le préjugé populaire qui prêtait aux églises des motifs mercenaires, était désarmé dans la classe ouvrière; beaucoup furent
attirés dans ce bel édifice largement ouvert à toutes les classes sociales, et plus d'un, parmi ceux qui, jusque-là, ne le cherchaient pas, trouva le Sauveur.
Chapelle de London-Road
Ecoutons ce que quelqu'un disait, plus de trente ans après, en une touchante occasion (') :
Convaincu que rÉvangile devait être à la lettre prêché «gratuitenoenti, M. Mac-Ail, secondé par des diacres imbus d'un même esprit, fit litière de tout le système des revenus de bancs d'église et de contributions fixes, et s'en remit sans réserve au bon vouloir chrétien des membres de sa com-
(1) L'érection d'un monument à la mémoire du premier pasteur et fondateur de l'église, 1894.
munauté. . . On n'aura pas de peine à croire que cette méthode ne fut pas universellement approuvée ; mais dans les esprits et dans les cœurs de la majorité, elle provoqua un enthousiasme affectueux, qu'une période de plus de trente ans n'a pas éteint.
Pendant cette période de son ministère (1857-1866), ajoute l'ami de Leicester, le .nombre des adhésions à l'église s'accrut de cent vingt à quatre cent cinquante ; une florissante mission fut établie dans le village de Rearsby ; on réunit une nombreuse école du Dimanche ; on fréquenta la prédication en plein air ; des classes, des réunions amicales ou en faveur de la tempérance et des œuvres philanthropiques furent créées, et une vie saine et vigoureuse se manifesta pour tout ce qui touchait au travail et à l'œuvre de l'église. L'assistance aux services du dimanche fut, à cette époque, tout à fait phénoménale ; les bancs ordinaires étaient fréquemment tous occupés. On dut en ajouter d'autres dans les baâ-côtés et jusque dans le pourtour de la table de communion. L'escalier de la chaire même dut être mis en réquisition.
Ces résultats étaient d'autant plus remarquables qu'aucun procédé à sensation ne fut employé pour les obtenir, le service et la prédication étant tous deux d'un caractère sobre et sans prétention. L'intense sincérité du messager de la bonne nouvelle, sa profonde conviction de la vérité et de la portée solennelle de son message, son désir ardent de le voir accueilli par ses auditeurs; qu'on y joigne une vie et une conduite marquées au coin de la plus grande pureté, du plus grand zèle et d'une affectueuse abnégation, ce furent là les seuls procédés qu'employa jamais M. Mac- Ail pendant son ministère à Leicester.
Sa prédication fut « sans prétention », parce que M. Mac-All ne pouvait être prétentieux; elle
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fut (( simple », mais avec la simplicité que donne la culture de Tesprit, alliée à une soigneuse exégèse et à une maîtrise parfaite de son sujet ; par-dessus tout, était le désir ardent de son cœur d'amener des hommes au Christ crucifié, comme à leur Sauveur et leur Rédempteur, en qui seul peut être sentie la vraie paternité de Dieu. Sa parole, comme lui-même, était diverse ; les textes de ses sermons en font voir quelque chose, et quel que fût le sujet, son style et sa manière de les traiter restaient les mêmes. Voici quelques-uns de ces textes :
t Et il est arrivé que, comme son serviteur faisait
quelques affaires çà et là, cet homme-là ne s'est point
trouvé. » (I. Rois, XX, 40.) « La noblesse d'Israël a été tuée sur tes hauts lieux.
Comment sont tombés les hommes forts? » (II. Sam. 1, 19.) « Et comme il ne pouvait pas survivre à sa chute, j'ai
pris la couronne qu'il avait sur la tête et le bracelet qu'il
avait à son bras, et je les ai apportés à mon Seigneur. •
(II. Sam. I, 10.) « Jean a achevé sa course. » (Actes, XIII, 25.) « La Loi a été notre précepteur pour nous conduire à
Christ. • (Galates, III, 24.) « Que pensez-vous du Christ ? • (Matth. XXII, 42.) « Et ils dirent : le Seigneur en a besoin. » (Luc. XIX, 34.) « Et, après cela, ils n'osèrent plus l'interroger. •
Matth. XXII, 46.) « Et les autres se mettant les uns sur des planches, les
autres sur quelques pièces du vaisseau, tous se sauvèrent
à terre. » (Actes, XXVII, 44.)
« Ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville, et la porte s'ouvrit à eux d'elle-même, et ils sortirent. • (Actes, XII, 10.)
« Va, cours au-devant d'elle et demande-lui si elle, son mari et son enfant se portent bien, et elle répondit : Bien, i (II. Rois, IV, 26.)
Quelques jours avant Touverture de la chapelle de London Roady un petit groupe de fidèles se réunit un soir dans ce bel édifice si pur, si simple, et qui donnait cependant une certaine impression de majesté. Nous chantâmes :
« Hère would I find a settled rest
While others go and corne, No more a stranger or a guest
But like a child at home (^). »
Il était certainement délicieux de sentir que dans cette nouvelle maison de prière « le riche et le pauvre se rencontreraient et fraterniseraient ». M. Mac-Ail, habilement secondé par un grand nombre d'aides de bonne volonté, vit l'église remplie d'adorateurs empressés. Les passants de la London Road^ cette promenade favorite des dimanches soirs, furent invités à entrer — autre prophétie de ce qui devait se passer à Paris! La multitude vint — elle revint; tout était bienveil-
(1) Ici, je voudrais me reposer pour toujours, Tandis que d'autres viennent et s'en vont. Non plus comme un étranger ou comme un hôte, Mais comme un enfant dans la maison de son père.
lance et courtoisie; tous répondirent à Finvitation de leurs frères, de leur Dieu! Oui! N'y avait-il pas là la « Main conductrice » qui lui avait fait quitter Sunderland et ses nombreux et chers souvenirs, pour accomplir à Leicester une tâche spéciale?
Ici comme là, les jeunes genç devaient entrer pour une large part dans ses préoccupations et ses travaux. Jusqu'à la fin, ils se réunirent dans son cabinet de travail une fois par semaine. Dans cette tâche aussiy il fut habilement secondé par des amis plus âgés. La session durait généralement d'octobre à avril; puis, une soirée, à laquelle les dames étaient invitées, avait lieu 0).
(1) Voici un aperçu d'une de ces soirées :
Leicester, 7 avril 1865.
A M"»*» Mac-Ail.
Chère Madame,
La charade improvisée d'hier au soir s'étant prolongée assez longtemps, nous nous séparâmes immédiatement après ; un doute peut donc rester sur la politesse de notre classe, doute que nous voudrions nous hâter de dissiper. Nous désirons donc vous offrir, à vous et à M. Mac-Ail, les remerciements de la classe pour l'excessive bienveillance avec laquelle vous nous avez accueillis en cette occasion.
Nous comprenons que ce doit être, de bien des manières, une assez lourde charge que d'avoir un si grand nombre de personnes chez vous, même pour une seule soirée, et nous désirons que nos remerciements vous prouvant à quel point nous l'apprécions. Nous croyons que, grâce à vous, la classe a passé une agréable soirée. Nous voudrions aussi remercier les dames qui vous ont si aimablement donné leur concours.
Signé : John Latchmore, junior, secrétaire.
M. Mac-All écrivit tout spécialement des récits imaginaires, destinés à faire tirer des conséquences pratiques et comme un « Pilgrim's Progress » modifié, à l'intention des classes bibliques pour les jeunes filles, qui se réunissaient le lundi soir dans la salle de lecture, au nombre de centvingt.il posait aussi, par écrit, des questions, auxquelles celles qui les recevaient devaient répondre de même. Les questions étaient si habilement posées, que si celle qui les recevait n'en saisissait pas complètement la portée, elle y faisait infailliblement une mauvaise réponse, ce qui donnait à Vhumour sans fiel de M. Mac-All l'occasion de s'exercer.
La musique avait un grand charme pour M. Mac-All; là où il était, les orgues ne manquaient jamais. Comme on peut s'y attendre, il aimait les airs bien accentués, que les gens pouvaient saisir aisément; et sa belle basse, d'un timbre particulier, s'entendait au milieu d'autres voix et gardait son caractère propre, justifiant ainsi la critique d'une vieille dame deNorth Berwick : « Mistress Mac-All, votre mari a une voix terriblement forte (unco' strang), »
« Nous passions généralement — raconte M*"« Mac- All — nos vacances en Ecosse, à faire des excursions et des marches dans de« endroits où, souvent, il n'y avait pas de routes, comme lorsque nous traversâmes le pays en diagonale de Loch-Duich à Beauly; nous n'eûmes pendant longtemps pour chemin
qu'une piste tracée par le pas des vaches noires de Skye; sentier peu commode, mais délicieux cependant, pour aller de la mer à la mer sur une longueur de cinquante-trois milles, ce qui nous demanda trois jours. Nous eûmes d'autres charmantes vacances en 1864, lorsque nous retournâmes à Glova, séparé de Balmoral, séjour bien connu de la reine Victoria, par une barrière de montagnes sauvages. Ce pays étant favorable à plusieurs plantes alpestres, est le rendez-vous (d'un grand nombre de botanistes d'Edimbourg. »
M. Mac-AU réunit toutes ses remarques et le récit de ses excursions, dans une conférence qu'il donna à sa « classe » de jeunes gens, en décembre 1864, dont nous donnons ici quelques passages.
Jardins de Montagnes, ou excursions botaniques DANS les hautes TERRES (HlGHLANDS)
d'Écosse.
Leicester, décembre 1864.
Vous avez entendu parler de jardins suspendus, de jardins intérieurs, de jardins d'hiver; mais que diriez-vous d'un jardin de montagne ? Un « jardin de montagne » est planté et soigné sans secours humains. « Ses fleurs vivantes », comme dit Coleridge, c bordent les frimas éternels ». La surface verte et veloutée se borne souvent à quelques pieds carrés, ou même à quelques pouces carrés. Et fréquemment Texplorateur, en découvrant l'un de ces jardins, a raison de croire qu'aucun œil humain ne s'est jamais reposé sur cet endroit spécial et sur ses trésors nombreux et diversement colorés.
Après avoir descendu quelque haute montagne, je me suis souvent arrêté pour jeter un regard en arrière, fasciné par la terreur de sa forme et de son front sublimes; et je me suis émerveillé du nombre de choses féeriques qui se nichent sur son âpre surface, complètement invisibles d'en bas, cela va sans dire, mais qui couvrent chaque petit rebord et pointent à chaque crevasse des roches les plus élevées.
Si l'on voulait tirer une morale ou chercher des similitudes, on pourrait trouver une heureuse vérité en ceci : Approchez-vous ! [telle pourrait être l'interprétation de ce langage silencieux). Regardez de plus près les choses providentielles ; ne craignez rien. Le terrible roc vous révélera en détail, sur son sein glacé, cent petits endroits vivifiants, peuplés des plus douces beautés... Les orages dont Dieu a heurté et a déchiré la face de la montagne en pointes menaçantes, ont préparé d'innombrables recoins dérobés et humides, où la vie se manifeste sous forme d'êtres charmants, qui ne pourraient recevoir leur nourriture ni leur couleur dans une atmosphère moins élevée. Et les orages de la vie ne laissent-ils pas ainsi leur trace derrière eux, préparant à une nouvelle patience et à un humble amour le cœur contre lequel ils ont sévi ?
J'ai parlé des roches les plus élevées, et, seules entre toutes les chaînes de montagnes britanniques, celles-là offrent des jardins de montagnes. Aucun des sommets de notre île n'atteint tout à fait la ligne des neiges éternelles.
Là, bien au-dessus des pentes désolées de pierres croulantes et de débris, se trouvent une quantité d'étroits rebords, de petites tablettes qui, lorsque leur structure géologique et leur exposition s'y prêtent, deviennent autant d'endroits verdoyants* et fertiles, à la lettre autant de petits « paradis » . Que trouvons-nous sur ces espaces de la largeur d'une main? Une demi-douzaine de mousses en forment le tapis ; autant d'espèces différentes de marchantia
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et de lichens, et quelques fungi teintent ses rebords de roc; de gracieuses fougères s'élancent des crevasses et des fentes, et des herbes et des joncs alpestres aux formes ondulantes. Tels sont les accessoires ou le cadre de votre jardin ; ses ornements principaux sont de dix à douze des plus admirables plantes alpestres, groupées si naturellement qu'elles charment et reposent l'œil par leurs riches teintes contrastées...
Je découvris un trésor des plus précieux. Profondément enfoncée dans un petit bassin de roches en forme de tombe, dans lequel, j'en suis sûr, aucun regard n'avait jamais pénétré auparavant, m'apparut une charmante fougère. Dès que je l'eus découverte, je reconnus qu'elle m'était entièrement nouvelle,.et j'ai toute raison de croire que c'est une variété non encore découverte. J'ai laissé la plante au jardin botanique royal d'Edimbourg, et j'ai le regret de dire que les c frondes » en sont maintenant à Londres, soumises à l'inspection d'un éminent botaniste. Je suis extrêmement fâché de ne pouvoir vous les montrer. Cette plante paraît être une nouvelle variété du polypode pâle des montagnes, et je crois que je puis aspirer à l'honneur de l'avoir découverte.
M. Moore, directeur du Jardin botanique de Ghelsea, écrivait en octobre 1864 :
Relativement à la fougère, autant que j'en puis juger, je n'en ai pas vu de semblable. Je serais, par conséquent, très heureux de voir celle dont vous parlez, et, naturellement, je vous la renverrai.
On envoya la plante qui fut nommée par M. Moore Poly podium PhegopteriSj\2ir. Laciniatum, Ce nom,
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tout resplendissant de la rosée du baptême, et le plaisir de M. Mac- AU valaient la peine d'être vus, sans parler du : « Terriblement beau! » de M"*^ Robbie.
« Jours agréables, continue M°** Mac-Ail, que ceux que nous passâmes dans la chaumière de l'éleveur à Whitehaugh, Clova. La porte était si basse que M. Mac-AU ne pouvait entrer sans se baisser beaucoup; et, quand nous voulions voir le ciel, cela ne nous était possible qu'en nous approchant de la microscopique fenêtre du salon de la ferme, à cause de l'élévation des rochers qui faisaient face. Il y avait derrière la maison un ruisseau avec une passerelle rompue; je me souviens d'avoir essayé de le passer à califourchon, mais je trouvai la plaisanterie assez mauvaise à cause des clous. M"® Robbie, notre hôtesse, le passait sur des échasses en hiver. Nous, les dames, essayâmes, quelques pas seulement! La simplicité et la liberté de notre vie, en cet endroit, étaient charmantes : nous y allâmes pour la première fois en 1863 et nous y revînmes en 1864. Quel charme, après être péniblement arrivé en haut de Jock's Ladder et avoir fait la montée du grand Culrannoch, de descendre le petit Culrannoch, situé à 3.000 pieds au-dessus du niveau de la mer, et là, de contempler un parterre de brillantes lychnis alpestres, aux touffes rosées, molles et parfaites, le seul endroit de la Grande- Bretagne où l'on dit qu'elles croissent.
« Les flancs de la montagne, en face de la vallée de Clova, sont terribles à escalader.
« Feu M. Don, cependant, n'hésita pas. Apercevant un spécimen de la Bartsia alpestre, il grimpa, et resta suspendu comme une araignée. Et comme ses amis effrayés lui criaient d'en bas : « Allezvous risquer votre vie pour une malheureuse plante? » Lui, sans prendre garde, leur cria enthousiasmé : « Eh ! bigre, il y en a « deux ! »
«Cette excursion délicieuse se termina à la baie de Largo. Là, tandis que les vagues déferlaient à nos pieds, nous étions entourés des enfants et de leurs parents. Les vieillards aussi étaient attirés dans le groupe ; nous leur apprenions à chanter des hymnes à Celui qui dit à la mer en fureur : « Calme-toi », et plus d'une larme coula, tandis que, de leurs voix argentines, les enfants chantaient, chaque fois, leur hymne favori du départ :
Little children will be there
Who hâve sought the Lord by prayer (^).
« Jamais je n'oublierai les sons entraînants des trois hourras qu'ils poussèrent en notre honneur sur le rivage, le dernier soir, ni les adieux aimables de ces braves gens, tandis que nous passions dans la rue assez primitive du village, le jour
(1) « Là seront les petits enfants
<c Qui, dans leurs prières, auront cherché le Seigneur. »
de notre départ, et qu'ils disaient: «Les enfants se souviendront toujours de vous. »
« En 1862, reprend M"" Mac- AU, nous visitâmes la région du Ben Lawers. Nous demeurions dans une délicieuse ferme, sur les bords du lac Tay, juste au pied de la montagne. Comme nous avions le vif désir de trouver le Cysiopteris montana, qui croît dans la gorge de Lockay, non loin de Killin, nous louâmes la charrette de M. Mac-Diarmid, et nous partîmes, troupe joyeuse, pleine du désir de s'amuser, non de dévaster; aussi, ne transcrirons-nous pas les indications très claires et très tentantes sur la manière et l'endroit où découvrir le trésor... que nous ne découvrîmes pas! Partis à une heure trop avancée de la journée, le crépuscule (ou plutôt la nuit) nous surprit dans la gorge, et nous fûmes obligés d'y rester toute la nuit, jusqu'à ce que les chevaux se fussent reposés, et qu'il nous fût raisonnablement possible de repartir, ce que nous fîmes, de bonne heure, le lendemain matin. Nous n'avions pas à regretter de nous être fatigués, pour voir les brumes se dissiper au-dessus du lac Tay, à mesure que le soleil s'élevait de plus en plus haut; mais nous avions bien sommeil. »
La biographie anglaise cite ici plusieurs extraits de la correspondance de M. Mac-AU en 1863 et 1864, qui peuvent donner une idée de son ministère à Leicester, et qui montrent combien ce ministère
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fut actif, riche en consolations et en bénédictions. Forcé de faire un choix, nous donnons seulement la courte lettre qui suit, et la réponse encore plus brève :
Leiceiter, 7 mari 1864.
A M. Parsons
Cher Monsieur,
Je considère Tinvitation si bienveillante que vous m'avez envoyée, de prêcher à l'anniversaire d'York, comme un honneur que je ne mérite en aucune façon. Elle m'est des plus agréables, en ce qu'elle me montre la place que j'occupe dans l'estime de quelqu'un que je ne puis que révérer et honorer... Je regretterais de vous donner la peine de m'écrire encore, et je ne le ferais certainement pas, si je n'étais sous l'impression que vous vous êtes laissé influencer par une pensée bienveillante pour quelqu'un qui n'est plus (son pèrej.
Nous nous ferons un plaisir tout particulier de vous recevoir en avril. Tous sont sincèrement reconnaissants de votre promesse.
Croyez-moi toujours à vous avec le plus grand respect.
R.-W. Mac-All.
York, 8 mars 1868.
A M. Mac-All.
Mon cher Monsieur,
Permettez-moi, en dépit de vos doutes, de vous considérer comme engagé à être avec nous le second dimanche de juin, et le jour suivant, le 12 et le 13. Je ne puis qu'ajouter que je reste affectueusement à vous.
James Par sons.
Quand M. Mac- AU était petit enfant, M. Parsons était venu prêcher pour son père. En allant à l'office, on vit le jeune garçon qui s'admirait beaucoup dans son habit de nankin neuf, aux boutons dorés.
En 1857, M. Mac-Ail écrivit, en prenant sur ses soirées et sur ses nuits, un livre qu'il publia sous le titre allégorique Chapeltown ou les Condisciples, Çétait, sous la forme instructive, intéressante et suggestive d'un conte, une critique, d'ailleurs aimable et fraternelle, des défauts qu'il avait observés chez les pasteurs des Eglises congrégationalistes. Dans sa préface, l'auteur dit:
Chaque personnage esquissé dans ce livre est inventé, et chaque incident est imaginaire. Le lecteur perdrait son temps s'il cherchait à appliquer les allusions ou les descriptions ù un modèle, puisque non seulement toute coïncidence est fortuite, mais qu'elle est ignorée de Fauteur lui-même. Et cependant ces pages traitent de réalités, car dès ses premières années, il a été entouré d'objets qui lui ont rendu possible une connaissance approfondie des sujets. Il écrit une fiction pure en un sens, et, en un autre sens, il n'écrit que sur des « choses qu'il a vues ou entendues ».
L'auteur ne sympathise pas avec les cris des faiseurs de présages du jour. Une charge d'honneur incombe aux Églises britanniques de cette dénomination, tant pour élever le niveau spirituel des âmes que pour diriger l'œuvre d*évaiigélisation ; l'auteur est persuadé qu'elles comprendront et rempliront leur mission sacrée; cependant, l'attention des pasteurs n'est pas toujours tellement réglée qu'elle tende au plus haut point à atteindre ce but. Le fait que
«OBERT-W. MAC-ALL 131
certaines manières d*étre distincles, différant même dans les principes les plus importants, caractérisent le saint ministère à notre époque, est une preuve suffisante de cette assertion. On a tenté de définir ici ces différentes manières, afin que le lecteur puisse juger quelle est la meilleure. Mais tout en essayant de faire une distinction, Tauteur tient à protester sincèrement contre deux erreurs communes — celle d'imputer à un système les fautes des individus, et celle de mettre en doute la sincérité de nos frères, en raison des variations qui ne vont pas au delà de la forme de la pensée et de l'expression (*).
Un esprit naturel et qui coule de source est répandu dans tout cet ouvrage, et le plus chaleureux défenseur du système des congrégations indépendantes ne saurait s'offenser d'un quolibet et d'une plaisanterie faits en passant, puisque le
(1) On peut juger du caractère et du contenu du livre, par les appréciations faites à ce sujet dans la presse contemporaine :
a Ce conte a été évidemment écrit par un homme qui connaît bien les Églises indépendantes anglaises. Il décrit la carrière de trois étudiants : l'un d'eux, à la parole facile et populaire, est, quoiq%^ bon, trop désireux d'éloges; un autre présente une théorie teutonne du Christianisme, apprise de Schleiermacher, habillée à TAnglo-Germanique et incompréhensible aux intelligences des paysans et des boutiquiers. Le but du troisième est pur et sa méthode est sage, mais il est quelque peu pharisaïque. Le premier obtient, dès le début, un poste en vue et de gros appointements, niaîe il tombe malade quelque temps après. Le deuxième ne peut arrîifer à s'établir à la façon ordinaire, et il se voit obligé de répondre à des annonces; l'une de ces annonces le met en rapport, à Londres, avec une congrégation peu nombreuse, mais que ses membres croient distingpuée. Le
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b\it du conte est de montrer, qu'il ne faut pas chercher querelle au système en raison des excentricités et des absurdités de quelques-uns de ses adhérents. L'écrivain nie avoir eu l'intention de donner un exemple de la moyenne des membres d'une congrégation, et affirme que ses personnages les plus comiques sont exceptionnels. Nous ne devons pas omettre de louer 1' « humour » contenu dans bien des passages de ce livre.
Parmi ses autres occupations à Leicester, M . Mac-Ail compila, en tout ou en partie, deuxlivres d'hymnes pour les écoles du dimanche. L'un de ceux-ci était à l'usage de ses moniteurs et de ses écoliers de Bond-Street, l'autre destiné aux écoles du dimanche de la ville.
Très adroit de ses mains, il avait plusieurs
troisième répond à l'appel de quelques braves gens de la campagne, où, après un travail court, mais heureux dans ses résultats, il meurt d'épuisement. Ses deux amis, cependant, tirent de son ministère dévoué et de sa digne mort les leçons nécessaires. Chacun d'eux reconnaît son erreur et y renonce, et, dès lors. ils recommencent à travailler sous de nouveaux et meilleurs auspices — purifiés, l'un d'un mysticisme et d'une phraséologie sans but, l'autre de sa personnalité. Telle est l'esquisse. Dans le corps du récit se trouvent un assez grand nombre de peintures delà nature humaine, sous tous les aspects, inspirées parla dissidence. L'esprit du livre est bon, et la facture en est vive et charmante. Nous souhaitons un grand succès à Ckapeltown, convaincus qu'il peut faire un grand bien aux habitants de cette ville célèbre. »
(L'HOMILISTE.)
»OBEirr-W. MAC-ALL 133
fois, à Sunderland, fait des fleurs de cire pour donner des exemples à des écoles du dimanche f). Plus tard, il se risqua à reproduire les fleurs du Snowdon et de Ben-Lawers. Il en découpait les patrons dans la botanique de Sowerby, et quand elles étaient terniinées, il les plantait sur des blocs de bois, découpés et sculptés de façon à les faire ressembler à des sommets de montagnes. Il avait une fois, non sans peine, produit une représentation de Foula, dans les Shetland, après le séjour qu'il y avait fait en 1852. Pendant le déménagement pour Leicester,le Vandale qui surveillait l'emballage détacha toute la structure de la planche qui, sans doute, aux yeux du pauvre homme, était une tablette précieuse contenant plus d'un pouce d'épaisseur de bon bois blanc !
(1) Voici un petit tableau dû à la plume du Rév. \V. Hope Davison, M. A., l'un des secrétaires de l'Union congrcgationaliste d'Ecosse. Nous le trouvons dans une lettre qu'il écrivait àM«°« Mac-All,le 15 janvier 1897 :
« Je crois encore entendre mon père me racontant 1 histoire de l'un de ces célèbres « services d'enfants » : la chapelle d'Ebenezer archi-comble ; tout l'auditoire en suspens, les yeux braqués sur la chaire; lui (M. Mac-Ail) dans la chaire; le moment d'attente silencieuse; le texte annoncé : « quelque chose dans cette boite d ; redoublement de l'attente et de la curiosité ; toutes les haleines suspendues au moment où le voile était enlevé; et alors, retirée par ses longs doigts blancs, une belle rose en cire apparaissant, œuvre de ses mains, et ensuite le discours sur le sujet. Ainsi s'est photographiée dans mon esprit, à travers l'esprit dun autre, l'image d'une scène que je xi'ai jamais vue, mais qu'il me semble voir cependant. Cette
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La lettre suivante a sa place en cette période de notre récit :
48, Euston-Square, Londres, 7 février 1865.
A M. Mac-All
Mon cher monsieur,
Dans la soirée de mardi dernier, vous avez été élu membre de la Société Linnéenne, en même temps qu'un autre excellent associé, le capitaine Douglas Galton; ainsi, je compterai sur la visite que vous nous avez promise, pour le mardi 16, afin que j'aie le plaisir de vous accompagner à Burlington-House, siège de la Société Linnéenne. Il y a une somme de 130 francs à payer au début.
Croyez-moi tout à vous,
J. Hamilton.
C'était la coutume, parmi les pasteurs, d'offrir, chacun à son tour, un déjeuner aux autres. A peu près à cette époque arriva le tour de M. Mac-All de donner le sien. Parmi les invités se trouvait le Rév. R.-P. Mursell, successeur de Robert Hall, et une lumière de l'Église baptiste de Leicester. Le
« photographie » nous ramène à quelque quarante ans en arrière. »
Le même ami déclare : « Je me rappeUe, quand j'étais encore tout petit enfant, avoir entendu les gens de Sunderland, et notamment mes parents, parler avec ravissement de Robert Mac-All. Je me rappelle aussi, comment mon père parlait' des heures qu'il lui avait été donné de passer avec lui dans son cabinet de travail, des plans de sermons qu'il écrivait et de ses prières. »
nouveau membre de la Société Linnéenne(FLS) fut mis sur le tapis; et M. Mursell, qui aimait beaucoup à plaisanter, dit à mon mari : «FLS, FLS, qu'est-ce que cela veut dire? Est-ce quelque chose qui désigne une fleur ? Flos ! » Ainsi raillé, M. Mac- AU répondit vivement : « Oh! je vais vous dire, cela signifie : Fellow^ Membre de la Société orthodoxe de Leicester! »
Il est assez singulier que le jour même oùM.Hamilton écrivait sa lettre, M. Mac-Ail, dans la soirée, faisait à Ashby-de-la-Zouch, avec de nombreux diagrammes et des exemples, sa conférence sur les « Jardins de montagnes » dont il a été déjà parlé. La préparation de ces diagrammes avait occupé toute la maison. Quel temps délicieux que celui où, dans son vieil habit de travail, pinceaux et couleurs en main, il travaillait « comme un Troyen » ! Toujours très occupé, il acceptait avec plaisir l'aide cordiale de ceux de ses jeunes amis qui pouvaient dessiner ou peindre. C'était une petite réunion de travail, joyeuse, pleine de gaieté, et dont le capitaine, avec ses bottes de sept lieues, les dépassait tous par la taille.
De cette façon, il avait préparé plusieurs autres conférences : « Le Mont Rose » ou « la Neige perpétuelle », « Le sixième jour, ou la Terre préparée pour l'homme », « Les Juifs », « Comment les plantes se nourrissent », « Les Hébrides du comté d'Argyle », et d'autres.
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C'étaient des heures bien agréables, péniblement gagnées par un travail assidu, raconte M""* Mac-AU, que celles où nous pouvions aller dans la forêt de Charnwood, nous imaginant, quand nous avions atteint le sommet de la colline du Phare, que nous étions sur une montagne double de hauteur; car il y a là une chaîne de montagnes granitiques en miniature, et Ton peut y trouver bien des fleurs de montagne, si on les y cherche.
Un. proverbe français dit: « C'est toujours rinattendu qui arrive. » Dans les derniers mois de 1865, des troubles s'élevèrent dans la communauté de la chapelle de London-Road. On ne peut les comparer qu'à ces courants contraires, dans la traversée de Newhaven à Dieppe, qui, tout en dessous de la surface, peuvent être soudain troublés dans leur course par le grand courant qui part des côtes nord de la Bretagne. La mer s'élève vite et retombe non moins vitei
Le 1®' novembre 1865, le pasteur, et son collègue le pasteur adjoint, donnèrent leur démission. On supplia, une fois, deux fois, M. Mac-AU, à des assemblées de Téglise, de revenir sur sa résolution, et deux fois il la confirma. On ne voulut pourtant pas l'accepter; mais le 20 novembre, voyant que la chose était inévitable, on forma un comité d'administration pour douze mois, dont M. Mac-AU fut élu membre. Dès lors il mit tous ses soins à leur trouver le pasteur qu'il leur fallait.
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Sar ces entrefaites, aussitôt que ôa démission à Leicester fut connue, l'église de Grosvenor Street, Piccadilly, à Manchester, porta ses vues sur lui, et il en reçut le 2 décembre une invitation des plus cordiales. Les lettres suivantes révèlent sa profonde anxiété, et son désir d'obéir à « la main qui dirige tout ».
Leicester, 12 janyier 1866.
A John Holt, Esq.
Je sens que le temps arrive rapidement, où il me faudra prendre une décision sur l'importante alternative de rester ici ou d'aller à Manchester. Ce qui me soutient beaucoup, en pensant à tout ce que cela implique, c'est de croire que, en réponse aux nombreuses prières de bien des cœurs, Celui qui dirige tous les esprits, et qui dirige même nos pensées, nous inspirera, au moment nécessaire, une résolution en rapport avec sa volonté. Et s'il en est ainsi, qu'avons-nous à craindre ?
Ecrivant encore le 16, il dit au même ami :
Quand j'écrirai officiellement à M. Armitage, je vous enverrai aussi un mot. J'ai l'intention d'écrire jeudi, si tout va bien. Il nous faut encore demander que mon esprit reçoive l'inspiration nécessaire au moment de la décision .
Leicester, 18 janvier 1866.
Au MÊME*
J*ai envoyé à M. Armitage, par ce courrier, une lettre à l'adresse de l'église deGrosvenor-Street et de la congrégation, pour les aviser que j'accepte leur offre. Je me sens très reconnaissant d'avoir pu en venir à cette conclusion ;
le doute et l'anxiété quant à mon devoir semblent avoir cessé. J'ose en conclure que si la volonté divine avait été contraire, quelque empêchement, ou au moins une impression, m'aurait marqué que je devais agir autrement.
Le l**" février 1866, il écrit au même ami :
Je suis heureux de dire que l'Église a adressé une invitation unanime et des plus cordiales à M. Allen, hier au soir, et une assemblée de la congrégation doit avoir lieu mercredi prochain pour la confirmer. Je crois qu'il acceptera.
Sa sollicitude pour le temple de la London-Road l'emportait sur tout. Il ne voulait pas quitter le vaisseau avant de le voir pourvu d'un autre capitaine. Il en aurait été de même à Sunderland si le pasteur appelé, et qui semblait implicitement engagé, ne s'était retiré au dernier moment; aussi, là, M. Mac-Ail fut-il obligé de quitter son troupeau sans avoir le bonheur de lui laisser un guide. Un excellent monsieur et sa famille étant arrivés à Leicester vers l'époque de [son départ et se montrant disposés à aller à l'église de London-Road, M. Mac- AU mit en œuvre tout son art de persuasion, et de la façon enjouée qui lui était familière, leur offrit de « leur louer sa maison à bas prix s'ils promettaient d'aller à cette église ».
Le repos définitif que nous chantâmes, écrit M°** Mac-AU, ce doux soir de printemps, dans le nouvel et agréable édifice, ne devait pas précisé-
M^e Sarah Mac-Ali.
(mère de Robert-W. Mac-Ail).
ment être le nôtre . La « main qui conduit » nous poussait en avant et encore en avant. A personne plus qu'à Robert-Whitaker Mac-AU les relations pastorales n'étaientprécieuses. Cependant, la main qui lui montrait la sortie, lui avait aussi donné une merveilleuse vitalité, montrant sa faculté d'adaptation à un nouvel entourage, comme on le vit spécialement lors de son séjour en France.
Aujourd'hui, sur le mur oriental de la chapelle de London-Road et près de la chaire, on voit deux tablettes commémoratives, ainsi conçues :