‹ La vie et l'œuvre de Robert-W. Mac-AllChapitre 3 sur 52 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

De M" MAC-ALL

Quelqu'un a dit, — un des Français qui Vont le mieux connu, — que celui dont parlent les pages qui vont suivre ne se servait jamais du pronom « moi ». Et il est certain que jamais Un y eut quelqu'un de moins disposé que lui à se produire^ à se mettre en avant ; et cependant son action se faisait sentir, s'imposait.

Comment, du reste, aurait-il pu en être différemment? Sa personnalité si marquée devait faire de lui un guide écouté. En revoyant par la pensée cette vie si mouvementée, on pourrait dire si agitée, Von ne peut s'empêcher de songer au manteau de Joseph à l'étoffe bigarrée^ aux couleurs^ aux images variées d'un kaléidoscope ou à une série de chromos. Oui, la trame en parait, à première vue^ désordonnée et comme dépourvue de lien; mais au fond, cependant, quelle unité puissante!

Ce n'est point une tâche aisée qu'a entreprise celle quia écrit ces lignes, mais c'est une œuvre d'amour. Elle eût pu s'en remettre à des mains moins novices ;

XII AVANT-PIIOPOS

le livre y eût^ à coup sûr\ beaucoup gagné en fini et en confection. Mais, de ravis même de V honoré et éminent ami qui eût entrepris de mener à bonne fin cette œuvre, c'était à elle qu'il incombait naturellement de l'écrire.

Elle a donc accepté la tâche sur V ordre de son cœur, et sur le conseil pressant d'un très cher ami de son mari*

Bien faite était sans doute la matière de ce livre pour l'encourager, et unique l'occasion qui s'offrait à elle. Mais hélas! plus cette constatation s'impose à son esprit, plus s'accuse et s'accentue la faiblesse et l'insuffisance dont elle a fait preuve dans l'exé^ cution de son plan.

Heureusement, Dieu est là pour mettre « sa force dans la faiblesse de ses serviteurs et de ses servantes ». Qui regarde vers lui avec humilité ne peut point perdre courage.

Celle qui écrit ces lignes a eu le bonheur, en outre, de découvrir ce qu'elle pourrait appeler une carte, une instruction nautique qui lui indique les directions générales et lui montre de quel côté il faut diriger la barre. Peu avant sa mort, en effet, son mari avait commencé à écrire ce qui eût été, si telle eût été la volonté de Dieu, un 7'ésumé de son pèlerinage de soixante-douze ans sur la terrée. Il aurait composé ainsi des pages tantôt gaies, tantôt graves, rappelant ses nombreux souvenii's touchant les hommes et les choses, s'étendant surtout sur son

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