LB BATEAU-MISSION
ment, en amenant au Sauveur un grand nombre d*âmes précieuses! (*).
(1) Voici un extrait d'une lettre que M. Mac-Ail adressait à M. Louis Sautter, le 19 juin 1891 :
« Cher Monsieur Sautler,
« Nous sommes vivement peines à la pensée que vous êtes souffrant : il est évident que vous avez trop travaillé. Mais nous aimons à croire que vous retrouverez votre santé et vos forces en vous reposant, et en respirant l'air des montagnes.
« Qu'il en soit ainsi!... »
Le 17 décembre 1891, la maison, dans la Villa Molitor, vit arriver en foule des visiteurs amis — Français, Américains, Suisses — qui venaient offrir, avec des fleurs exquises, leurs meilleures félicitations au D'* Mac-Ail, à Toccasion de son soixante-dixième anniversaire. Le cabinet de travailfut transformé en une serre. Et voici ce que M. Mac-AU lui-même dit, dans une de ses nombreuses lettres de remerciement, la seule que l'espace nous permette d'insérer :
18 décembre 1891.
Madame Mariné J. Chase,
Je suis plein de reconnaissance pour toutes les marques de bon souvenir et de sincère affection qui me sont arrivées hier, et c'est à vous que je veux avoir le plaisir d'adresser ma première lettre, parmi les nombreuses que je voudrais pouvoir écrire. Certes, je puis bien dire que je me suis senti accablé par la solennité (intervalle d'un jour, 19 décembre) de la crise t les jours de nos années » déjà achevée. Jamais je n'ai senti l'éternité si près. En passant ma vie en revue, je conclus, sans hésiter, qu'aucune créature humaine n'a jamais été t aussi privilégiée » que moi. Mon enfance entière a été marquée par tout ce qui pouvait incliner mon cœur vers Dieu et vers Christ. Et puis, que dire de ce privilège unique, étonnant, de mes derniers jours... avoir été choisi pour être, en un certain sens, le pionnier de l'Evangile dans ce pays! Plus je réfléchis, plus je suis étonné que Dieu ait pu choisir un homme comme moi pour une telle œuvre. Il me semble que j'aurais plutôt dû être le dernier à recevoir un tel honneur.
Je ne puis vous remercier autant que je le voudrais pour
toutes les bonnes expressions contenues dans votre délicieuse lettre. Entre autres choses, elle me prouve que vous êtes sensible à la profonde affection que nous avons les uns pour les autres, au prix que nous attachons à votre amitié. Le vêtement nous estbien parvenu, et il est à la fois le plus seyant et le plus commode de tous les dons de ce genre que nous avons reçus le 17 décembre. Il est remarquable que le temps vraiment froid soit venu juste quelques heures après l'arrivée du paquet ; et hier soir, j'ai trouvé doux abri et agréable chaleur grâce à votre présent» M"® Mac-AU l'admire tant, qu'elle voudrait, je crois, que je le porte toute la journée; elle trouve qu' « il me va bien ». Oui, vous nous avez envoyé un souvenir qui, jour et nuit, sera un vivant témoignage de votre affection pour nous.
J'ai été profondément touché des visites, des lettres et de tous les petits cadeaux qui sont arrivés en masse (*). Mon cabinet de travail est devenu une véritable serre avec les plantes et les fleurs. Le Dr. Loba a essayé de les photographier en groupe hier. Je crains que le jour n'ait pas été suflisant. Un grand nombre de nos amis français ont été touchants dans le témoignage de leur amitié, le vénérable pasteur Dhombres, entre autres. Et aussi nos amis d'Ecosse, — le Principal Gairns, d'Edimbourg, et une longue liste de pasteurs d'Edimbourg. Mais rien ne nous fait plus de plaisir que le récit que vous nous faites de la réunion chez Lady Gongleton, et du mouvement parmi les dames de Londres. Je suis on ne peut plus reconnaissant que, sous ce rapport, vous soyez si encouragée.
Mais il faut me hâter de finir. La correspondance, en ce moment, m'accable véritablement. Je vous remets ci-inclus
(1) Bien longue serait la liste qui les énumérerait tous. Citons seulement la famille Barbour. Sur les lettres venant de Bonskied^ ce vrai paradis d'Ecosse, M. Mac- Ail avait inscrit de sa main : d Archives de la Mission. »
ROBERT-W. MÀC-ALL 417
une étiquette des paquets de conserves de Ëasthampton Auxiliary, vendus par la maison pour aider la Mission. Le bon M. Anderson m'a envoyé cette curiosité — la dernière nouveauté américaine Mac-Ail.
Le lancement du bateau-mission est définitivement fixé au 6 mars. Ne tenterez-vous pas la traversée de la Manche avant cette date, afin d'être avec nous pour cette occasion intéressante?