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DU MÉCANISME FONCTIONNEL COMPARÉ DE LA BIOPHOTOGÉNÈSE

Dans la série végétale, ce sont des organismes inférieurs, achlorophylliens, les Champignons, comprenant les Microbes Jumineux ou Photobactériacées, qui seuls présentent la fonction biophotogénique. Il est curieux de constater que c’est également chezles animauxinférieurs, Infusoires, Radiolaires, Cœlentérés, Polypiers, que se trouve le plus grand nombre d'organismes lumineux. Il ne semble donc pas que la faculté de produire de la lumière soit un signe de perfectionnement, d'évolution avancée, puisqu'on la trouve très répandue chez les Microbes et chez les Protistes. On peut se demander alors si, à l’origine des èlres vivants actuels, quand la lumière solaire ne devait percer que difficilement l'atmosphère épaisse qui enlourait la terre, tous les êtres n'étaient pas lumineux. Il est à retenir, en effet, que dans les grandes profondeurs, dans les obscures régions abyssales, les organismes éclairants sont extrêmement nombreux et sont surtout représentés par des êtres élevés en organisation, par des vertébrés, les Poissons lumineux, qui sont très rares dans les régions superficielles de la mer.

Chez les végétaux photogènes, comme chez les Protistes lumineux, la fonction photogène n'est pas localisée. De plus elle est continue le plus souvent, ce qui fait que les principes photogènes ne s'accumulent pas dans ces organismes, d’où on ne peut les extraire parce qu’ils sont détruits au fur et à mesure de leur formation.

La lumière est également produite dans toute la masse bioprotéonique de l'œuf des organismes lumineux, avant la segmentation, et alors encore elle est continue.

De sorte qu'au double point de vue phylogénique et ontogénique, dans les stades inférieurs de la vie générale ou individuelle, la fonction photogénique est diffuse et continue.

[ei et là, c'est la fonction qui précède l'organe. Chez les Métazoaires, après la fécondation, elle se localise comme je l'ai montré pour l'œuf de l'Insecte, dans l'ectoderme et tous les organes photogènes différenciés que nous rencontrons dans la série animale dérivent de cet ectoderme. Après ce qui a élé dit précédemment, il ne saurait rester aucun doute sur la nature des organes lumineux : ce sont des glandes. Seulement ce qui a pendant longtemps égaré l'opinion des chercheurs c'est l'existence de glandes à sécrélion interne chez les Insectes, au fonctionnement desquelles ils n'avaient rien compris avant nos recherches sur le Pyrophore.

Ce qu'il y a de véritablement étrange, c'est de constater que le siège de la fonction se déplace en passant de l'adulte à l'œuf. Après la fécondation, la petite lampe du mâle s'éteint bien vite, et meurt avec lui : chez la femelle, au fur et à mesure que se développent les œufs, sa belle clarté s'évanouit peu à peu avec sa jeunesse et lorsqu'elle a pondu, la maternité lui a enlevé presque tout son éclat, qui ne tarde pas à disparaître complètement. Ne dirait-on pas qu'il y a dans l'adulte un principe photogène ancestral, qui se [ransmet de générations en générations, comme le flambeau de sa vie, dont 1l n’est pas ici seulement le symbole. Il ne peut être représenté que par ces infiniment pelites granulations que l’on voit partout apparaître, puis grossir, puis se transformer en vacuolides, au fur et à mesure que se déroule le processus lumineux, et dans lesquelles apparaissent finalement des sphéro-cristaux. Julien (voir p.95), chez le Pyrosome, les a considérés comme des mitochondries, mais on ne peut nier que mes anciennes vacuolides et les récentes mitochondries ne sont qu'une seule et même chose, dont dérivent, comme je le soutiens depuis de nombreuses années, les leucites. Cette vérité, dont

quelques-uns voudraient faire une découverte nouvelle pour s’en attribuer le mérite, est vieille de plus d'un quart de siècle !

Ce n'est pas seulement chez les Insectes que l'on voit la fonclion photogénique se localiser dans l'œuf; nous en avons cilé des exemples chez les Cœlentérés, les Vers, les Mollusques, les Tuniciers, peut-être même existe-t-elle chez tous les organismes photogènes métazoaires : cela est fort probable.

Ehrenberg a observé chez un Ver marin, Polynoë fulgurans, que les étincelles lumineuses se montraient seulement dans le champ des ovaires, et qu'il en était de même chez un Ccœælentéré, Cydippe. pileus. D'après Johnston, un Alcyonaire, Finiculina quadrangularis aurait à la base des polypes une lumière bleue dont le point d'émission est en rapport avec les ovaires.

Il y aurait donc une sorle de localisation de la fonction, mais dans d'infimes granulations pouvant être contenues par millions dans l'œuf et susceptibles de se déplacer, de se concentrer transitoirement dans des organes parliculiers pour faire retour à l'œuf, sorte de patrimoine, d’héritage ancestral Lransmis de générations en générations (voir la théorie vacuolidaire, p. 5), mais dont une faible partie seulement est dépensée pour les besoins de chaque individu de la lumineuse lignée.

On peut grouper de la façon suivante tous les modes foncüionnels de la photogénèse :

1° Sécrétion intrabioprotéonique chez les végétaux et chez les protistes, dont le type est la Noctiluque;

2° Sécrétion localisée dans les cellules épidermiques, comme chez Hippopodius gleba (voir p. 37) et chez Pelagia noctiluca, où elles peuvent fournir par leur fonte une véritable sécrétion

épidermique d’un mucus lumineux ;

3° Certaines cellules glandulaires dépourvues de canal excréteur peuvent être lumineuses; mais à un degré plus avancé, on voit ces glandes unicellulaires déboucher à l'extérieur par un conduit plus ou moins long destiné à verser au dehors la sécrélion photogène, c’est la sécrétion externe. Chez

certaines Ophiures, d’après Trojan, la luminosité resterait intracellulaire, le conduit ne servant qu’à éliminer les détritus de la réaction photogène. Peut-être, dans ce cas, s'agit-il simplement d'un phénomène que j'ai observé chez les Myriapodes (Scolioplanes crassipes). Le mucus lumineux est sécrété par des glandes unicellulaires cutanées débouchant à l'extérieur. Tant que l'animal n’est pas fatigué, ou que ses glandes lumineuses n'ont pas été surmenées, la sécrétion externe se produit. Dans le cas contraire, les petites glandes peuvent briller par elles-mêmes, mais elles ne laissent plus rien transsuder.

On voit ensuite, chez Phillirhoë bucephale, plusieurs glandes unicellulaires à sécrétions externe déboucher dans un même canal et s'ouvrir à l'extérieur par un orifice unique: c’est ici la glande composée, à sécrétion externe, qui apparaît. On entrouve d’autres exemples chez les Poissons.

Enfin, chez les Céphalopodes, les Poissons et les Insectes, nous voyons se développer de magnifiques glandes à sécrétion interne, dont le mécanisme fonctionnel m'a été révélé par l'étude du Pyrophore. Le sang, richement hématosé, est introduit et injecté dans les glandes photogènes par le jeu des muscles intrinsèques et extrinsèques. Ceux-ci à leur tour sont régis par le système nerveux. Tous ces systèmes ou organes respiratoires, musculaires et nerveux concourent au même but : apporter à la glande photogène les matériaux nécessaires à son fonctionnement et en règler le jeu.

Mais c’est toujours, en dernière analyse, à la cellule glandulaire photogène, ou plutôt à son contenu, qu'il faut s’adresser pour demander le secret du mécanisme intime de la réaction, tant cherchée, qui produit la lumière.

Ex RÉSUMÉ, La fonction photogénique est partout réductible à un processus de sécrétion glandulaire fournissant des produits photogènes.

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