V. — 1.-thérapie, radiothérapie par le radium (rayons
ÿ, y)ou radiumthérapie;
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VI. — J1.-thérapie ou traitement par les ondulations heriziennes à laquelle d’'Arsonval a attaché son nom et qui est aujourd’hui bien connu sous le nomde d’Arsonvalisation.
Nous examinerons rapidement les principaux résultats praüques obtenus sans entrer dans les détails de la technique que ne comporte pas le cadre de cet ouvrage.
Photothérapie. — En dehors de la Finsenthérapie, dont il sera question à propos de l’uviothérapie, il reste peu de chose à ajouter à ce qui a été dit sur l’action de la lumière blanche ou héliothérapie; il serait peut-être ulile pourtant de rechercher son action quand elle est autant que possible dépouillée de radiations infra-rouges et de rayons ultra-violets : elle mériterait alors le nom de Leucothérapie (1). On ne sait que fort peu de choses des propriétés thérapeutiques des lumières . visuelles colorées, dites simples, monochromatiques.
La lumière rouge est ulilisée dans le iraitement de la variole. Sous son influence, les pustules sont moins développées, moins confluentes et les cicatrices peu marquées : on conseille les rideaux rouges, les capuchons de lampe rouge, etc., pour les salles de varioleux. Ces radiations auraient aussi une heureuse influence sur l’état des malades psychiquement déprimés. 3
Elles ont élé aussi conseillées pour les radiodermites, car elles semblent avoir une action antagoniste de celle des rayons ultra-violels.
Chez les agilés, au contraire, les radiations bleues produiraient un effet sédalif, calmant, mais à la condition d'agir d'une manière continue.
On affirme aussi avoir obtenu de bons résultats de l’action intensive des rayons bleus dans certaines névralgies rebelles à d’autres moyens.
J'ai dit qu’on était allé jusqu'à prétendre que les rayons violets favorisent l’engraissement des veaux; il ne faut rien
(1) Récemment, Nogier a installé à l'hôpital de la Charité, à Lyon, une énorme lampe dont les radiations sont filtrées de manière à répondre aux indications formulées ci-dessus. Elle permet, en tous temps, l'application de la leucothérapie.
repousser à priori, mais toutes ces asserlions exigent un contrôle expérimental approfondi, sévère.
Irothérapie. — Dans les essais de traitement qui ont été faits avec les infra-rouges, les radiations optiques rouges se trouvent mélangées aux radiations calorifiques obscures : il y aurait lieu de les étudier séparément.
Les principales notions connues en irothérapie sont dues à Bordier, de Lyon. D'après ce savant, la chaleur par rayonnement a une action essentiellement différente de la chaleur de propagation par conductibilité ou par convection (voir p. 178).
Bordier emploie le rayonnement des ampoules de Dowsing, soit en applications locales, soit en applications générales. Pour les premières, on se sert d'une grosse ampoule contenant un filament peu résistant permettant le passage d’un courant de plusieurs ampères : elle est en verre dépoli et occupe le centre d’un réflecteur parfaitement poli et paraboloïde. Le faisceau direct et le faisceau réfléchi sont dirigés sur la partie malade (torticolis, lumbago) pendant une durée de 20 à 30 minutes. Les applications générales exigent un lit spécial avec matelas d'amiante entouré d’ampoules. De bons résultats ontété obtenus par Bordier, dans les cas de vieilles sciatiques, douleurs lombaires, rhumatisme plantaire et dans la goutte.
Uviothérapie. —Finsen s'était d’abord adressé aux radiations solaires pour l’application de la méthode qui porte aujourd’hui le nom de Finsenthérapie. I donne maintenant la préférence à celles de la lampe à arc que l’on a toujours à sa disposition et qui est plus riche en ultra-violet. Beaucoup de praticiens se servent de la lampe à mercure, plus riche encore en U.-V., et particulièrement de celle de Nogier, de Lyon.
De nombreux appareils ont été imaginés pour régulariser et bien délimiter l’action des U.-V., pour écarter l'action des radiations calorifiques, etc.
Les rayons ultra-violets ayant, comme on l'a dit, une. action peu pénélrante, surtout dans les parties fortement irri-
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guées par les vaisseaux sanguins, on a imaginé un grand nombre d'appareils compresseurs. [ls ont pour objet d’anémier les tissus par compression des vaisseaux et d'augmenter ainsi (rès notablement la pénétration des rayons actifs.
Un grand nombre de cures, le plus souvent sans récidives, ont été oblenues avec le lupus, affection tuberculeuse cutanée, voisine de la lèpre et très rebelle aux autres méthodes de traitement. Finsen est même allé jusqu'à dire qu’un lupus qui ne guérit pas par sa méthode n’est pas un lupus. On fait des irradiations de 20 minutes à une heure, suivant la puissance de l'appareil employé.
Quelques heures après, quelquefois au bout de 12, 24, 48 heures, on observe de la rougeur, de la tuméfaction, de l’æœdème de la région irradiée, à laquelle succède un suintement séreux, des croûtes, puis une cicatrisation à marche beaucoup plus régulière et plus belle que dans les cas où l’on emploie les scarifications ou le galvanocautère. Cela tient à ce que l’on obtient avec les rayons ultraviolets une marche beaucoup plus régulière dans l'évolution fibro-scléreuse réparatrice.
L'A-thérapie se rapproche beaucoup, par ses résultats el même par son mécanisme d'action, de l'uviothérapie. Comme cette dernière, elle s'est montrée très favorable à la guérison de l’acné, de la couperose, du lupus et de plusieurs autres affections cutanées.
Mais, en outre, on a vanté ses effets dans les cas de leucémie, maladie qui consiste surtout dans l’augmentation considérable des globules blancs, bien que l'on ait signalé des récidives. On fait des irradiations de la région de la rate, des ganglions lymphaliques, des apophyses des os longs. On constate d’abord une augmentation du nombre des globules blancs, puis un abaissement consécutif qui peut être durable.
Malgré l'existence avérée de guérison de certaines leucémies, on doit se montrer très prudent dans l'emploi des rayons X dans ces cas, car on sait que l’un des moyens de défense naturelle les plus efficaces dans certaines maladies est
précisément l'augmentation des globules blancs, phagocytes destructeurs de micro-organismes pathogènes.
Les ravons X se sont montrés particulièrement utiles dans le traitement des tumeurs du sein, mais, en général, quand les autres tumeurs siègent au dela du derme, on compte autant d'insuccès que de succès.
On cite cependant des cas de guérison de tumeurs (sarcomes, lymphadénomes du médiastin accompagnés de dyspnée et de cyanose) vis-à-vis desquelles on était autrefois absolument désarmé.
La X-thérapie guérit-elle le cancer? D'après Guilleminot, il y a des cancers qui guérissent sans récidive, d’autres qui récidivent après une guérison passagère ; 1l y en a aussi contre lesquels elle est complètement inefficace avec la technique actuelle. Mais, d'une manière générale, on peut dire que les rayons X frappent de préférence les tissus malades en épargnant les parties saines. Je rappellerai, à ce sujet, que j'ai démontré autrefois que la tension de dissociation de l'eau et des tissus est plus élevée dans les tissus malades que dans ceux qui sont sains. Cette immunité relative des parlies saines peut être encore accrue dans une large mesure par le filtrage au travers de lames métalliques, qui donne beaucoup de radiations pénétrantes tout en évitant les radiodermites. Les résullats les plus favorables se montrent néanmoins dans les tumeurs malignes superficielles telles que l'épithélioma.
C'est encore, selon Guilleminot, le remède le plus efficace, le plus spécifique connu jusqu'ici contre les cancers non soumis à l'intervention chirurgicale et contre les récidives des cancers opérés.
Eufin la X-thérapie a rendu des services dans le traitement de l’eczéma, du prurigo, du psoriasis, de la teigne et même comme simple agent épilatoire. On en peut dire autant pour certaines affections tuberculeuses, telles que les tumeurs blanches, les adénites tuberculeuses, mais la tuberculose pulmonaire ne semble pas justiciable de cette méthode de traitement.
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Radiumthérapie. — Les indications ainsi que les résultats sont à peu près les mêmes que pour les rayons X. Le rayonnement des rayons « et 6, en général, a une action plus superficielle. Les rayons y ont une force de pénétration égale à la plus élevée des rayons X, mais l'avantage est que l’on peut porter l’action des rayons du radium dans des cavités profondes comme l'œsophage et le rectum.
L'emploi de la radiumthérapie a été jugée supérieure à celle des rayons X dans le traitement des nævi vasculaires, tumeurs angiomateuses érectiles. Les rayons filtrés par le plomb, qui ne laissent passer que les rayons y, sont particulièrement recommandés.
Enfin, il semble que certaines eaux minérales, prises à la source, doivent une partie de leur activité à leur pouvoir radio-actif.
La H.-thérapie où d'Arsonvalisation rentre plutôt dans le domaine de l’électrothérapie. Elle a été préconisée surtout dans les maladies par ralentissement de la nutrition et pour supprimer la douleur dans les névralgies diverses de la goutte et du rhumatisme scialique, douleurs fulgurantes de l’ataxie, asthme, etc. Par les effets calorifiques internes, ou diathermie, résultant du passage des courants de haute fréquence dans l'organisme, on peut, d’après Bergonié, lutter avec avantage contre les causés d’abaissement de la température, contre l'hypothermie. Il serait intéressant d'étudier cette action hyperthermisante dans les intoxications accompagnées parfois d'un abaissement considérable de la température centrale (anesthésiques généraux, alcools, etc...).
EN RÉSUMÉ, l’héliothérapie, connue des anciens, a été l'objet de recherches nouvelles qui ont montré que l'on avait eu tort de renoncer pendant des siècles à l'usage de la lumière solaire, tant au point de vue de l'hygiène proprement dite que de la thérapeutique. L'étude physiologique des propriétés des diverses radiations solaires a conduit à discerner le rôle thérapeutique que l'on peut faire jouer à chacune d'elles en parti-
culier.
Les progrès de la physique ont mis à la disposition des praticiens des sources de lumières artificielles répondant nieux aux etigences de la clinique et au traitement des diverses maladies que la lumière solaire, à laquelle on n'a plus recours que dans des conditions particulières.
Parmi les radiations solaires, les rayons ultra-violets et les rayons infra-rouges ont donné des résultats spécifiques, répondant à des indications cliniques spéciales. Ils ont été appliqués isolément, avec une technique perfectionnée au traitement de diverses maladies.
Les rayons ultra-violets, principalement, ont été utilisés avec succès pour la cure des affections cutanées, en particulier pour célle du lupus.
La radiothérapie à l'aide des rayons X et du radium à fourni des résultats très analogues, au point de vue médical, à ceux de l’uviothérapie, avec des indications spéciales d'une utilité indisculable.
Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'emploi de ces méthodes de traitement, aussi bien que celle qui à pour base les courants de haute fréquence et les ondes hertziennes, ont besoin de subir l'épreuve du temps et de l'expérimentation dans des condilions de déterminisme plus rigoureuses.
Bien qu'il soit impossible d'établir une limite entre ce qui vit et ce qui ne vit pas, on n’en est pas moins d'accord pour comprendre ce que signifie l'expression « substance vivante » à laquelle je préfère le mot « bioprotéon ».
Les êtres vivants, ou bioprotéoniens, sont en constantes et intimes relations avec le milieu où ils vivent, c’est-à-dire avec toutes les formes protéoniques qui leur sont extérieures et dont l’ensemble constitue la Nature : des échanges continuels, incessants se font entre les organismes vivants et le milieu cosmique. Les plus importants sont certainement ceux qui s’effectuent sous forme d’ondulations protéoniques, de protéon « dématérialisé » d'origine solaire, au premier rang desquels il convient de placer la lumière. Avec cette dernière et des matériaux puisés dans le sol et dans l'air, la plante verte, chlorophyllienne, édifie, grâce au bioprotéon ancestral contenu dans la graine, une masse relativement énorme de molécules organiques compliquées et fragiles prêtes à se métamorphoser et à se disloquer sous de légères influences. Celles qui n’ont pas servi au double jeu de la synthèse et de l'analyse, qui entretient la vie de la plante, sont utilisées par l’herbivore qui leur fait subir pour sa nutrition d'autres métamorphoses auxquelles viendront s’ajouter celles qui sont nécessaires à la vie du carnivore et de l’omnivore. Toutes ces molécules construites primitivement avec le protéon inorganique rendront finalement au milieu cosmique ce qu'elles lui avaient emprunté après l'avoir plus ou moins transformé en mouvement, chaleur, lumière, cristalloïdes, etc. Le bioprotéon
ancestral unit et désunit sans cesse ce qu'il prend à la terre et lui vient du soleil :et c’est la Vie; la simple molécule inorganique d'abord élevée à l'état complexe de colloïde organique retombe, par un effet inverse, à l’état de cristalloïde : et c'est la Mort; mais la Mort marche de pair avec la Vie, leur coexistence est forcée : Vivre c’est mourir progressivement, d'abord lentement puis plus ou moins brusquement. La mort totale peut être retardée par la reproduction, mais les genres, les races, les espèces périssent comme les individus, par
l'épuisement du bioprotéon ancestral qui lui aussi s’use en se
transformant.
L'examen des bandes d'absorption du spectre de la chlorophylle semblait prouver que les radiations solaires de moindre réfrangibilité ont une importance prépondérante dans la synthèse bioproléonique, mais les recherches les plus récentes ont montré que les radiations ultra-violettes sont susceptibles de provoquer in vitro à peu près tous les effets de synthèse qui s'effectuent normalement dans les végétaux verts pendant la vie. Il convient donc de faire aux radiations ac'iniques ou chimiques une large part. Mais il ne faut pas oublier que l’équilibre vital ne se maintient que par la coopération de toutes les énergies solaires. Les radiations ultra-violettes agissant seules ou d'une manière prépondérante sur le bioprotéon, ne produiraient que des effets destructeurs, abiotiques, el ce n’est pas une des choses les moins curieuses de leur histoire que de les voir par leur pouvoir de reversibilité, aussi bien concourir à la Vie que travailler pour la Mort, faire, selon les cas, œuvre de synthèse où d'analyse.
S'il est curieux de voir comment les radiations astrales concourent à l’accomplissement des phénomènes chimiques les plus fondamentaux de la nutrition, il n’est pas moins intéressant d'analyser les photoréactions engendrées par elles sous d’autres rapports. Ces dernières révèlent chez les êtres vivants, même les plus inférieurs, des procédés merveilleux de défense, de protection des organismes contre Paction excessive des agents extérieurs, et aussi des moyens imprévus pour leur meilleure utilisation. Ces photoréactions se tra-
duisent par des mouvements plus ou moins apparents, localisés ou généralisés, par l'émission ou la suppression de Jumière chez les organismes phologènes, la production de phénomènes électro-moteurs, etc.
Dans ces temps derniers, les photoréactions motrices ont joué un grand rôle dans la doctrine mécaniste.
C’est surtout en s'appuyant sur les phénomènes divers 1mproprement groupés sous le nom de phototropismes, que les néocartésiens ont tenté d'élablir que les êtres vivants obéissent à la manière des êtres non vivants à l'influence des forces extérieures. Si, dans certains cas, il paraît en être réellement ainsi, comme je l’ai démontré depuis fort longtemps, dans beaucoup d’autres, on est forcé de reconnaître que les orga nismes opposent à des « tropismes » donnés, des « antitropismes » résultant d’influences venues du milieu intérieur, du milieu antérieur, individuel où ancestral, etc., qu'ils sont susceptibles d'adaptation, d'éducation, de mémoire associalive el sont doués de mécanismes qui leur permettent de réagir contre des influences passagères du milieu ambiant.
Dans ces considérations générales, il serait bien difficile de rappeler toutes les conclusions qui ressortent plus ou moins nettement des faits nombreux relatifs à l’action de la lumière, des radialions infra-rouges et des rayons ultra-violets, et puis, il faut bien l'avouer, dans beaucoup de cas, on se trouve en présence de faits contradictoires, au moins en apparence, d'incerlitude tenant au défaut d’un déterminisme expérimental rigoureusement établi dans des conditions comparables entre elles.
Ceci est plus vrai encore pour ce qui concerne l'étude physiologique et thérapeulique de l’action des rayons X, de celle du radium et des ondes hertziennes. Pourtant, il semble se dégager assez nettement déjà des essais entrepris dans cette dernière direction que ce qui domine, c'est l’action abiotique, antibioprotéonique, destructive. Mais cette puissance peut être utilisée pour la destruclion d'organismes parasites nuisibles ou de parties malades dangereuses pour le reste de l'économie. Sous ce rapport, une des plus intéres-
santes découvertes est l'action élective de certaines radialions. laquelle n’est pas la même pour tous les éléments des tissus et des organes et peut être obtenue à volonté par le filtrage.
Bien que ces diverses radialions protéoniques soient surtout abiotiques, leur action physiologique se rattache cependant à celle de la lumière par les analogies qu’elle présente avec celle des rayons actiniques et particulièrement des rayons ultra-violets; mais, en réalité, les quelques lignes qui leur ont été consacrées ne doivent être considérées que comme un simple appendice de l'histoire physiologique de la lumière.
Je n'ai point mentionné ce qui a été dit de certaines radiations pour le moins hypothétiques comme les rayons N et Y, et d’autres encore. J'ai vainement cherché, par de nombreuses expériences personnelles, à mettre en évidence expérimentalement, soit l’action de ces prétendues radiations sur les organismes vivants, soit leur production par ces derniers. Je n'ai eu à enregistrer que des insuccès. Cela ne signifie pas que Je pense qu'il n'existe pas d'ondes capables d’influencer le bioprotéon, autres que celles dont l’action a été étudiée dans ce livre. Je suis convaincu du contraire, en raison de certains faits d'observation que j'ai signalés en passant. Ce que j'ai appelé le « Continent noir de la Science » est formé de vastes lerritoires encore inexplorés qui réservent aux chercheurs de riches moissons de découvertes.
On me pardonnera peut-être d'avoir beaucoup insisté sur mes recherches personnelles. Il m'a semblé que plusieurs d'entre elles étaient susceptibles de modifier, de transformer, et même de remplacer complètement certaines notions à mon avis manifestement erronées, et qui trouvent encore un crédit immérité auprès d'auteurs d'ouvrages classiques incapables de critique expérimentale, ou même de savants plus prompts à condamner qu’à examiner d’une manière impartiale les opinions contraires à celles auxquelles ils sont accoutumés,
J'ai appelé plus particulièrement l'attention sur ma théorie phosphénique de la vision et sur les considérations générales relatives aux sensations qui en découlent.
En ramenant la vision à un phénomène d'ordre mécanique, je n’ai d’ailleurs fait que confirmer expérimentalement cette hypothèse des anciens philosophes qui soutenaient que toutes les sensations ne sont que des variétés du tact.
Mes recherches sur le mode de formation de la Pourpre, et ma découverte de la purpurase et de son mode d'action intime, m'ont permis de substituer à toutes les hypothèses relatives à l’action des ferments zymasiques une théorie dont l'exactitude est facile à vérifier par l'observation et par l'expérimentation. Les travaux les plus récents, et en particulier ceux du professeur Mulon, en ont montré la grande généralité, surtout en ce qui concerne la formation des pigments.
Cette explication du fonctionnement des zymases se rattache, en effet, étroitement à ma théorie vacuolidaire qui assimile le bioprotéon aux colloïdes instables, dont les propriétés essentielles résident dans des particules infinitésimales représentant une faune ouuneflore intracellulaire ancestrale de corpuscules élémentaires susceptibles de se multiplier et de s’accroître pour donner naissance aux vacuolides et aux leucites, qui sont les véritables agents organisés du fonctionnement vital.
Cette théorie vacuolidaire est née incidemment de mes recherches en vue de découvrir le secret de la biophotogénèse.
C'est dans les organes lumineux que j'ai vu pour la première fois des vacuolides. En leur donnant ce nom j'ai voulu montrer que leur constitution morphologique ne m'avait pas échappé. Elles sont, en effet, composées de deux parties de composition distincte : une centrale et l’autre périphérique, et je ne puis m'expliquer pourquoi les « mitochondries » présentant la même constitution morphologique que mes vacuolides, on se refuse encore à leur rendre le seul nom qui leur convienne pour lui substituer une dénomination nouvelle, qui ne signifie rien.
Mes travaux sur les organismes lumineux m'ont donc servi à me rendre compte du mécanisme d'action intime de la substance vivante et des zymases, qui en sont la partie active.
Ce n'était pas ce résultat que je poursuivais : 1l a dépassé mon attente.
J'ai été pendant de nombreuses années comme fasciné par le problème de la production de la lumière par les êtres vivants, qui avait pourtant déjà suscité lant de travaux, tant d'efforts infruclueux de la part d’un si grand nombre de savants, dont quelques-uns portaient des noms illusires.
Comment pourrait-on se désintéresser d'un phénomène aussi étrange que celui de la lumière vivante, ou plus exactement de celle qui semble être une émanation directe de la substance vivante?
Dans l'air, dans les prés, dans les bois, dans les eaux s’agitent des fanaux animés, aux lueurs étranges, chatoyantes, incomparablement belles et suggestives,autant pour le poète que pour le savant. À la surface des océans, parfois sur d'immenses étendues, la mer lutte de splendeur avec le firmament étoilé, et par une multitude d'êtres infiniment petits produit des effets infiniment grands, tandis qu'à des centaines de brasses de profondeur, de féeriques illuminations s’allument dans des forêts de polypiers resplendissants au passage d'animaux fantastiques, tout enguirlandés de perles étincelantes, de feux dont le merveilleux éclat ferait pâlir les plus riches pierreries !
Ces curieux organismes se rencontrent à tous les degrés de l'échelle des êtres vivants : le nombre en est considérable. L'organisation, le fonctionnement, les mœurs de chacun d’entre eux nous intéresse à cause de leurs rapports avec la fonction photogénique et, sous une apparente complexité, nous découvrons que la façon dont ils fabriquent leur lumière est la même pour tous. Malgré cela, ce qui est accessoire ou de perfectionnement présente un réel intérêt : par exemple cette substance fluorescente, la luciférescéine, dont l'éclat vient s'ajouter à l'intensité de la lumière engendrée par le conflit de la luciférase et de la luciférine.
Grâce aux méthodes et aux appareils que la physique met à la disposition du physiologiste, on découvre que cette
lumière a une composition très spéciale, qui lui est propre, et des qualités que l’on demanderait vainement à nos procédés d'éclairage.
Elle ne s'éteint ni par le vent ni par la pluie et ne saurait produire d'incendie, car c'est de la lumière froide. Nos foyers artificiels, au contraire, produisent d'énormes quantités de chaleur et {très peu de lumière d’une qualité d’ailleurs fort inférieure : au point de vue du rendement, ils ne sont guère supérieurs à la torche du sauvage, puisque 95 p.100, et plus,de l'énergie sont dépensés à faire autre chose que de lalumière, La lumière physiologique ne coûte presque rien et son rendement est presque de 100 p. 100. Elle s'offre à nous comme un modèle que nous devons nous efforcer sans retard d'imiler artificiellement pour nous affranchir de tout ce matériel encombrant, dangereux et si onéreux qu’entraine l'emploi du gaz et de l'électricité.
La solution du problème pratique est-elle plus inabordable que ne l’a été la découverte du secret du procédé vital? En aucune façon.
Non seulement j'ai montré que la lumière vivante résulle de l’action d'une zymase oxydante sur un produit chimique isolable, mais j'ai pu remplacer la zymase, c'est-à-dire ce qui, dans la réaction, représente en quelque sorte la vie, en dernière analyse, par un composé chimique vulgaire, tel que le permanganale de polasse. Pourquoi désespérer puisque, d’une part, j'ai fait connaître la nature de la réaction qui produit la lumière et que, d'autre part, un des deux agents de cette réaction est déjà un produit de l’industrie ?
Le point important était de savoir exactement à quel genre de phénomène on avait affaire; or, comme on l'avait soupconné depuis longtemps d’ailleurs, mais sans pouvoirle démontrer, il s'agit d'un processus d'oxyluminescence.
Dans mes essais d'éclairage avec la « lampe vivante », l’intensité lumineuse ne s’est pas montrée suffisante pour tous nos besoins : elle ne dépassait guère celle d'un beau clair de lune; celle du Pyrophore, ou même celle du Ver luisant, esl bien supérieure, mais seulement grâce à des accessoires de
perfectionnement, car le principe est le même. Ces derniers nous sontdéjà en grande partie connus. Nous sommes, en vérité, infiniment plus près d’une solution pratique, que Galvani et Volta ne l'étaient au moment de leurs immortelles découvertes.
I n’est pas indispensable, d'ailleurs, de copier servilement la Nature.
J'ai montré déjà qu'avec un vulgaire glucoside, l’esculine que fabriquent en abondance certains végétaux, on peut obtenir par oxyluminescence chimique une lumière presque comparable à celle que donne la luciférase et la luciférine des organismes photogènes.
Il ne s’agit donc plus maintenant que de perfectionner, le principe étant trouvé.
Mais ce n'est pas l'espoir de doter l'humanité d’un nouveau procédé usuel d'éclairage qui m'a guidé et soutenu dans mes recherches : c'est le désir de pénétrer plus avant dans la connaissance du secret de la Vie. Il m'avait semblé que de toutes les manifestations énergétiques des êtres vivants : mouvement, chaleur, électricité, la production de la lumière était celle qui devait me conduire plus directement aux sources même de ce qui fait la Vie. Mon attente n'a pas été trompée puisque c'est à l'étude de la biophotogénèse que je dois la découverte de la théorie vacuolidaire et la conception du Protéon.