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ÉCHINODERMES, ENTÉROPNEUSTES, VERS LUMINEUX

Les organismes lumineux sont relativement rares dans l'embranchement des Échinodermes.

Un seul a été signalé, Diadema setosum Gray, chez les Oursins ; les autres appartiennent aux Stellérides (Brisinga) et aux Ophiures (Ophiothrix, Ophiacantha, Amphiura, etc.).

Les Brisinga sont des Étoiles de mer d’une grande beauté, aux bras longs et flexibles. Asbjoernsen leur a donné ce nom générique dérivé de Brising, qui est celui du bijou étincelant posé sur le sein de Fréia, déesse de l'amour et de la beauté dans la mythologie scandinave. Les Étoiles de mer lumineuses paraissent plus abondantes dans les régions abyssales. Edmond Perrier en a retiré de fonds de 800 à 1.500 mètres sur la côte occidentale d'Afrique, pendant la campagne du Talisman, une espèce (Odinia elegans Perrier) très brillante. Les jeunes sont ordinairement plus lumineux que les adultes.

Chez Ophiacantha, la lumière n'est pas continue et il en est généralement ainsi dans les autres espèces. Pour cette dernière, la lueur de feu dessine le disque, l’éclaire jusqu'au centre et se met à courir le long des bras.

La couleur de la lumière est ordinairement verte, ou jaune vert.

Chez Ophiopsila annulosa, de la baie de Naples, la substance photogène est sécrétée par des glandes unicellulaires : si la sécrétion n’est pas abondante, la cellule brille seule et le liquide ne se répand pas dans l’eau ambiante. La sécrétion

est sous l'influence des nerfs, qui agissent par l'intermédiaire des muscles. Il en est de même pour d’autres espèces.

Morphologiquement, les ÆEnteropneustes forment une transition naturelle entre les Échinodermes et les Vers : c’est ce que l’on constate aussi sous le rapport de la photogénèse.

J'ai trouvé aux environs de Roscoff, enfoui dans le sable, un Balanoglossus émettant, lorsqu'on le brisait, une belle couleur vertémeraude. Diguet a rencontré également un grand Balanoglosse lumineux sur les côtes de Californie.

Parmi les Vers oligochètes, on a signalé, à la Nouvelle- Zélande, une grande espèce de Lombric photogène(Octochætus mulliporus) servant à l'élevage des volailles et rien n’est plus curieux que de voir, le soir, ces volatiles ingurgiter cette sorte de macaroni lumineux. J'ai souvent rencontré dans nos jardins une espèce de Ver de terre phosphorescent, probablement originaire de la Patagonie (Photodrilus phosphoreus Giard, ou Microscolex modestus Rosa). Ce Lombric laisse sur les doigts et sur ses propres traces un mucus lumineux, qui est le résultat d'une sécrétion de glandes cutanées. Je n’y ai jamais trouvé de Photobactéries.

Dans le groupe des Annélides polychètes errantes, on a signalé un certain nombre d'espèces marines photogènes. La plus commune est Polynoe torquata, dont les glandes lumineuses siègent au voisinage des élytrophores. D’après Kutschera, la sécrétion lumineuse, chez Acholoe astericola, se fait par des cellules glandulaires épithéliales en forme d’étoiles au travers de la cuticule des papilles de la surface des élytres.

Par des glandes disséminées sur les élytres, les antennes, les appendices et la peau, Chætopterus variopedatus, annélide polychète sédentaire de la Méditerranée, fournit une abondante sécrétion, qui rend l’eau ambiante phosphorescente.

Chez les larves des Annélides marines, la phosphorescence se montre même avant la différenciation des tissus mésodermiques.

Pour certaines espèces, il se peut que la luminosité ne se manifeste qu’au moment de la période de reproduction et qu'elle facilite cette dernière.

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