Et Disraeli dans Sybil, Mme Gaskell dans Ruth
h. Ils formaient des sociétés de charité ou d'instruction...
5. Dès 1830 ct 1833 se fondèrent des associations pour la proteclion du travail, mais qui ne purent rien faire.
De ces misères allait sortir, en effet, un mouvement de philanthropie et de justice sociale, qui sera l'éternel honneur de l’Angleterre victorienne.
Ce mouvement était déjà commencé en 1834. En 1833, le ministre des colonies, Stanley, avait fait voter l’abolition de l’esclavage dans les colonies.
L'Angleterre avait aussi, dès 1829, sous le ministère Wellington, réparé une grande injustice, rendant aux catholiques leurs droits politiques. Cette mesure avait adouci la violence des luttes de partis en Irlande, où le grand agitateur O’Connell menaçait l'Angleterre d’une révolution. Toutelois, le fait que l'Irlande pouvait avoir au Parlement de Westminster des représentants, ne mettait pas fin à la situation déplorable de l'île-sœur, écrasée et maltraitée. L’Irlande avait une population trop grande pour ses ressources agricoles; les terres étaient entre les mains de propriétaires anglais non-résidant et ne communiquant avec leurs paysans que par l’intermédiaire de leurs intendants et des collecteurs de redevances. L'Église anglicane avait hérité du droit de lever des dîmes. Le peuple nlandais refusait de payer dimes et redevances, et assassinait les collecteurs. Les mesures prises, soit pour réprimer les crimes, soit pour diminuer la misère, ne produisaient presque aucun effect dans un pays où l'ignorance, la paresse et la famine semblaient inguérissables. 11 faudra plus de cinquante ans, pendant lesquels on verra s'expatrier ou disparaître près de la moitié de la population de l’île, pour que l'Angkterre, par une série de mesures d’une hardiesse presque révolutionnaire, arrive à arracher l'Irlande à cette détresse séculaire.
Au moment où Michelet visitait l’Angleterre et l'Irlande, il périssait tous les ans par la misère et la faim des milliers d'ouvriers ct de paysans irlandais.
Michelet, naturellement, ne put faire, pendant le mois qu'il passa à parcourir les Iles Britanniques des observations ni très approfondies, ni très précisés. Il ne se livra à aucune enquête analogue à celle que nous voyons faire à- Gustave d’Eichthal dans son voyage de 41828. Mais il y a cependant quelques traits à retenir dans Île journal de Michelet. A travers toutes les pages, l'impression constante du contraste entre l'extrême richesse et l'extrême pauvreté. Ce contraste, encore aujourd'hui, frappe le Français vovageant en Angleterre, mais il était bien plus grand en 183% qu'aujourd'hui :
« Nulle part, écrit Michelet le 8 août, la misère ne m'a semblé plus triste qu'ici (l’homme en habit noir dont on voit la chair nue à l'épaule) sur cette route couverte d'admirables équipages, en vue de cette Tamise chargée de riches vaisseaux. Emigration, mendicité, abattement, dégradation morale; tout cela bien plus profond qu'en France. » Et quelques lignes plus loin cette vision pittoresque de l'arrivée à Londres : « De temps à autre, la mer, puis la Tamise npparaissant dans sa grandeur, avec ses vaisseaux à vapeur, ses frégales . Enfin le parc de Greenwich, les bruyères où campent les gypsies, et'enfin | immens Southwark. Spectacle inouï, inattendu, malgré tout ce qu'on m'avait dit. Vue toute absorbante; la révélation immédiate de l'industrie, du plus industrieux, du plus riche des peuples... Le climat de l'Angleterre se révélait aussi : les ondées fréquentes de la journée finissaient par une pluic battante.
Il était 4 heures et l'on ne voyait plus clair. De brillantes voitures, d'innombrables diligences se croisaient dans l'ombre, tandis que de temps à autre une femme mal mise, légèrement vêtue, vieux chapeau de paille, se blottissut sous une porte. » « L’impression était grande et triste. De petites maisons de briques, des grilles noires, des boutiques, des rues sans fin, un océan de peuple qui flottait dans tous les sens, rapide et sérieux, peu de monuments, pas d'inégalités de terrain, toujours ces rues monstrueuses de soixante pieds de large, d’une demi-lieue de long. Je me sentais de plus en plus sous le poids de l'idée de l'infini, comme si j’eusse été dans la solitude de la mer, dans les déserts de l’Afrique ou parmi les steppes russes. »
Il est très frappé, d’une part, du caractère gigantesque, grandiose, par l'étendue et la continuité des constructions anglaises, et d’autre part, de la vie rustique entretenue au sein de Londres par les
immenses prairies de Hyde Park, de Green Park, de Saint-James Park, où paissent des troupeaux de vaches, à peu de distance de colonnades grecques ou d’ares de triomphe : « L’Achille wellingtonien, au milieu des vaches, fait un drôle d'effet. Ce pauvre diable qui garde les bestiaux devrait avoir une culotte. »
A côté de la peinture de Londres, ie note la description du château de Warwick, de la demeure seigneuriale où les souvenirs de la vie la plus rude et la plus guerrière du Moyen-Age fraternisent avec le confort moderne et où le libéralisme des propriétaires permet aux étrangers de circuler même dans les chambres à coucher pleines de reliques de famille.
La description de Dublin est une des parties les plus saisissantes du journal. Et voici son jugement sur le peuple irlandais, qui a changé de langue, sans changer de génie :
« Dans la population je retrouvais la France, mais enlaidie, abrutie, sauvage. La sensualité, l’ivrognerie étaient sur tous les visages; presque à chaque
porte une femme triste et comme idiote, tenant dans $es bras un, deux enfants’. »
Du voyage en Écosse, dans le nord et dans le pays commerçant et manufacturier de Liverpool, Birmingham et Manchester, je ne vois, comme renseignement original, que celui sur Manchester, où Michelet et son compagnon n'obtinrent pas la permission de pénétrer dans les manufactures : « Tout est fermé ici, Concurrence, jalousie, mystère. »
Je signalerai aussi la description d’un service dans la cathédrale d’York, où aujourd'hui les rites de la High church ont rétabli des formes presque catholiques, tandis qu’alors on y trouvait la froideur indifférente qui était la caractéristique de l’anglicanisme.
Les pages du journal sont remplies de conversations intéressantes avec les voyageurs qu'il rencontre en diligence, avec les hommes politiques, les industriels ou les hommes de lettres qu'il va voir. Toutefois, je ne relèverai, comme ayant une importance pour la peinture des mœurs anglaises à celte époque, que deux morceaux : le récit d'une réception à Dublin et celui d’une réception à Londres. La récep-
1. Cf. le Peuple, p. 315, éd. de 1846, transformation de ce passage.
Original from
LPC eG le UNIVERSITY OF MICHIGAN
lion à Dublin chez un médecin, M. Mac Namara nous montre tout ce qu'il y avait encore d'originalité primesautière dans les mœurs irlan- “aises et la puissance des sentiments patriotiques, entretenus par la poésie, en particulier, celle de Thomas Moore. |
En regard, nous avons le récit du dîner de M.'Masterson, récit trop écourté, mais où l’on discerne la gravité aimable et correcte des mœurs britanniques, avec tous les préjugés que les Anglais nourrissent contre les Français.
Les jugements de Michelet sur le.peuple anglais et sur l'avenir de l'Angleterre nous importent surtout. Il partageait, nous le savons, à son égard, les sentiments d’hostilité et de rancune communs à tous les Français qui avaient grandi pendant les guerres de l’Empire. Waterloo était le symbole du triomphe de l’orgueilleuse Albion et de l'abaissement de la France, et nous avons vu quel tressaillement saisit Michelet quand ce nom abhorré tombe de sa plume en décrivant les plaines de Flandre et de Hainaut.
Dans l’Introduction à l'Histoire universelle, tout en rendant hommage à l’héroïsme anglais, il ne voit guère dans l’Angleterre qu'orgueil et égoisme. Inutile d’insister sur ce qu'a d'étroit, de prodigieusement arbitraire et insuffisant, cette psychologie du peuple anglais. Il suffit de rappeler combien Michelet avait peu de sympathie pour les Anglais et combien sa tante Hippolyte craignait à tort, en le voyant, de 1822 à 1827, étudier avec passion la littérature anglaise, de le voir devenir anglomane.
En arrivant à Londres, en 1834, il est choqué de l'anglomanie de Talleyrand : « Ce pays-ci est l’idéal du monde pour M. de Talleyrand. Ki est Anglais à nous faire frémir, nous qui tenons encore à la France, »
Quand il voit de près la société anglaise et la vie anglaise, il est frappé et du charme de la vie domestique et des grandes qualités de sérieux, d'indépendance, d'activité, répandues dans toutes les classes de la société. Il l’écrit à Mme Angelet. Il est pénétré de la beauté des paysages anglais; mais en même temps, 1l sent avec viocience tout ce qu'il y a de brutal et de matériel dans la race qui habite ce pays poétique et gracieux. Il écrit de Warwick, le 13 août :
« C'est aujourd’hui véritablement que nous avons vu l'Angleterre. Les vastes prairies encadrées de beaux arbres; les Surrey Hills où le soleil douteux d'ici joue dans les plus douces nuances du vert, égayé de troupeaux. Une de ces pentes sans arbres, sans autre beauté que sa douce verdure, ses troupeaux éche. lonnés paisiblement jusqu'à la ligne de l’horizon, me donnaient je ne sais quel rève de Paradis. Au milieu de toute cette poésie je m'avisai que tout cela était une belle manufacture de viande, que la grandeur des Anglais avait été d’êtr: originairement une race de bouchers, vendeurs de laine en Flandre. Cette forte alimentation les a rendus toujours plus avides et entreprenants, les à menés en France, aux Indes, pour piller, leur a donné cette froide énergie d’entreprise'. »
1. Mme Michelet a transpos, développé et gâté tout cela. Ailleurs Michelet dit dans une note : « L’héroïsme anglais est incontestable. Force ct persé-
Michelet trouve le symbole de la puissance de l’activité anglaise uans le chemin de fer avec qui il fait connaissance, le 26 août, de Rochdale à Liverpool. C'était le premier chemin de fer construit en Furope. L'effet produit sur lui par la rapidité de ce railway, qui faisait vingt lieues en deux heures, fut prodigieux.
Il se met alors à raisonner sur la situation que le machinisme fait à l'Angleterre, et, bien que les événements aient en grande partie démenti ses prévisions, ses réflexions méritent d’être recueillies. Il croit que l’Angleterre verra prochainement s’arrêter sa prospérité et cédera la place à la France, où les trois éléments . agriculture, commerce, industrie, sont ‘plus harmonieusement balancés, et il consîïlle à la France de se refuser au libre échange, vers lequel l'Angleterre se dirige. Il constate que la richesse de l'Angleterre est précaire, et peut-être n'a-t-il pas lort. Si une coalition des puissances rivales de l’Angleterre, sans réaliser le plan gigantesque et fou du blocus continental, mettaient simplement des barrières au commerce anglais, en lui enlevant ses colonies et en lui fermant leurs marchés, on verrait se produire la banqueroute la plus effroyable et une crise économique telle que Île monde n’en à jamais vu.
Michelet sentait bien, d’ailleurs, que cette ruine de l’Angleterre, qu'il prévoyait et désirait peut-être (Talleyrand, plus judicieux, disait déjà en 1834 que la prospérité de la France était liée à celle de l'Angleterre), n’était pas près de se produire, et, rentré en France, il éprouve un sentiment d’humiliation en comparant notre indigence à l'opulence britannique. Faucher lui écrivait un an après, le 2 août 1835, en revenant, lui aussi, d'Angleterre :
« J'ai éprouvé plus d’une fois en traversant ces campagnes, ou plutôt ces jardins, ces comptoirs, ces immenses ateliers, l’humiliation nationale dont vous m'avez parlé. Mais l'impression la plus vive et Ja plus profonde a été celle du milieu aristocratique où l’on se trouve plongé au premier pas que l'on fait en Angleterre : c'est l’aristocratie du monde. »
Dans les notes qu’il consacre à l'Angleterre, de 1834 à 1839, Michelet revient constamment sur ces pensées : « Nous sommes, dit-il, pour l'alliance anglaise plutôt que russe, car c'est la cause de la civilisation. » Il sent la grandeur de l'Angleterre et concède que le niveau moral moyen de la population y est plus élevé qu'ailleurs; il se livre à de vraies méditations sur le flux et le reflux de l’histoire, sur le perpétuel échange qui a eu lieu entre la France et l’Angleterre, par leurs relations de mariages royaux, par les invasions des Français en Angleterre, des Anglais en France, par le commerce, par les luttes de tous genres, et il reconnaît tout l’avantage que les deux pays, la France surtout, ont tiré de ces échanges. Il va jusqu'à dire que
vérance, esprit d'association par l'intérèt. C'est l'héroique conjuration d'une nation qui s'engage à combattre (et mourir, s’il le faut) contre le monde et la nature pour bien diner ct bien faire ses affaires ».
1. Et on voit par une note avec quelle précision Michelet a étudié le question V. p. 279-277.
MICHELET A LA SORBONNE d31
« l'Angleterre est peut-être jusqu'ici le but de l'humanité, ayant dompté la nature la plus indomptable, mer et métaux. » Il ajoute cependant que, par cela seul qu'elle est déterminée, elle est moins humaine que. la France, principe indéterminé, et par là perfectible.
Malgré les efforts qu'il fait pour rendre justice aux Anglais, malgré son admiration pour « cette grandeur orientale dans les brumes du Nord », pour les cent millions de sujets qu'ils ont en Orient et la nouvelle Angleterre du Canada et de l’Australie, pour la majesté de Westminster et de ses souvenirs, il éprouve une insurmontable aversion à son égard. Il Jui faut la vue d'Oxford pour calmer en lui la révolte du souvenir que tous les monuments de Londres réveillent : « Waterloo, Waterloo partout ! » Il ne blâme pas le cant anglais, Car il y reconnaît le scrupule de ne rien faire que de convenable et de digne; mais il s'élève contre le dur légalisme qui permet la ruse dans le respect de la lettre, le pharisaïsme et l'orgueil, qut s'associent à un manque de délicatesse chevaleresque, jusque dans les choses religieuses, et à une incapacité totale de comprendre la force de grandes choses comme les Croisades, Jeanne d'Arc ou la Révolution. Dans ses lettres à sa femme, on sent à chaque ligne son malaise. Îl lui écrit de Londres, le 10 août :
« Tout bien considéré je me félicite de ne pas vous avoir amenées dans ctte Babylone, au milieu de ce pays d'’insolence ct d’inégalité. Plus tard peut-être sera-t-il bon de le faire connaître à nos enfants, comme nécessité d'éducation. J'ai cru devoir avant tout te donner historiquement l'emploi de mes jours. Mais jen y ajoute pas l'impression générale de fatigue et d'ennui qui résulte de tout ceci. Cette ville, bien plus belle, bien plus grande que la nôtre, a quelque chose de sérieux, de dur qui, à la longue, briserait le cœur. »
Naturellement, comme toujours en voyage, il souffre cruellement d'être séparé des siens, et soupire après le jour du retour. Au début, le régime anglais, les viandes succulentes, le saumon à tous les repas,
lui paraissent excellents, et il se porte à merveille. Mais il s’en lasse bientôt, et, le 29 août, il écrit :
« Le régime de ce pays ne m'arrange guère mieux que le climat. Il «st échauffant et pourtant relâchant, malsain, au total, pour nous autres qui n’en avons pas l'habitude. Le matin, du thé, du beurre; leur café n'est pas potable. Le lait est servi en si petite quantité que chacun n'en à qu'une goutte. A diner, bœuf, mouton, fortement saupoudré de poivre; à cela près, excellent. S'il y a du poisson, c’est du saumon. Nous en voilà, je crois, rassasiés à jamais. Enfin, l'invariable fromage de Chester, assez bon malgré l’àcreté. La boisson est de l’eau, mais on peut demander et payer à part une assez bonne petite bière. Nous n’avons osé goûter encore ni l'ale ni le porter. Le vin de Sherry ou de Porto dont on boit souvent un petit verre après Île
repas pour se réchauffer est une des drogues les plus malsaincs dont on puisse faire usagc. »
Nous voyons, d'après les lettres de Célestine, que Michelet étai' revenu d'Angleterre dans une disposition chagrine, qui contrastait avec l'enthousiasme que son cousin Lefebvre éprouva quand il fit le même voyage. Toutefois, il en avait bien profité, et quand le troisième volume paraît. en 1839, on y trouve l'impression directe
des observations faites en 1834. On y sent l'admiration que lui inspire la puissance et l'énergie du peuple anglais. Dans son second volume, il avait bien rendu justice à la prodigieuse force sociale créée par la conquête normande, mais il avail exagéré au-delà de toute
vraisemblance l'oppression exercée sur les Anglo-Saxons par leurs conquérants :
«Là, le serf fut tout un peuple ct le servage approche en horreur de l'esclavage antique ou de celui de nos colonies. Nul lien entre les vaincus et ls vainqueurs; autre langue, autre race; l'habitude de tout pouvoir, une exécrable férocité; nul respect humain, nul frein légal. »
Au tome II, Michelet trace un tableau remarquable et impartial ‘le l'Angleterre d’Édouard III et marque admirablement comment, déjà commerçante, elle a, au Moyen-Age, ce double caractère mercantile et guerrier qu'elle gardera toujours. Il discerne avec clairvoyance l'une des supériorilés de l'Angleterre au Moyen-Age, avoir de bonnes monnaies, faire de bonnes lois, parce que l'intérêt bien entendu le commande.
Au tome V, paru en 1841, arrivant à la fin de la guerre anglo. française et montrant le pauvre roi Henri IV comme la victime de cette longue lutte, il résume en quelques lignes admirables les résultats de ce combat perpétuel et de ce contact des deux nations. Maïs ces lignes étaient sinon écrites, du moins déjà conçues et préparée: dans une note de 1839. Les événements de 1840, la dure humiliation infligée à la France par l'Angleterre, réveillèrent toute l’animosité de Michelet. Surtout il fut indigné quand, aussitôt après, il vit, sous l'influence de Guizot, l’'Entente cordiale devenir le pivot même de notrt politique étrangère, et, après la mort du duc d'Orléans, en 1842, l’anglomanie sévir à la cour, dans la politique, la société mondaine et la littérature. Il a un retour violent de colère et d'enthousiasme patriotique. Ïl est convaincu qu'une guerre européenne est menaçante sous les apparences d’une paix perpétuelle *. Il proteste contre un cosmopolitisme aveugle sur les dangers dont la France est menacée; et il méconnaît la puissance trop réelle de l’Angleterre : « L’Angleterre et la Russie, dit-il, deux géantes faibles et bouffies, font illusion à l'Europe. Grands empires, faibles peuples! »
Au fond, Michelet, en écrivant ces lignes, en voulait surtout au gouvernement de Louis-Philippe et à la politique de la paix à tout prix. L'affaire Pritchard s'était terminée en 1845 par le paiement d’une indemnité, et la visite de la reine Victoria le 8 septembre à Paris avait paru aux ennemis du gouvernement de Juillet la consécration de l’humiliation française.
À mesure, cependant, que Michelet étudia davantage son histoire, il devint juste pour l'Angleterre. S’il jugea sévèrement sa politique au xvir cièele, quand elle foulait aux pieds les principes du droit des gens et jusqu'aux intérêts des puissances protestantes, pour asSu-