LA COUR DE CÀNTORBÊRY
des sièges épiscopaux du royaume. La première éducation de notre saint semble avoir été fort décousue, et il sentit vivement combien il était inférieur à ceux dont il était alors entouré. Son génie naturel étant d'un ordre très élevé et sa persévérance indomptable, il ne se passa pas longtemps avant qu'il se rendit capable de remplir aussi bien qu’aucun de ses compétiteurs les postes et les missions qui pouvaient lui être confiés.
La finesse de ses sens était extrême. On s’étonna souvent de la faculté qu’il avait d’entendre, quand il le voulait, ce qu’on disait en sa présence, bien qu’à voix basse et fort loin de lui. De même rien ne pouvait affecter son odorat, même à une grande distance, qu’il ne reçût à l’instant une sensation agréable ou pénible. Ses yeux étaient remarquablement grands et limpides; et son regard tellement vif et profond que rien ne lui échappait. Il était d’une taille peu ordinaire, son nez était long et légèrement aquilin, son visage était beau et d’une expression habituellement calme. La vivacité de sa conversation et son abondance, jointes à l’élégance de son langage, trahissaient à la fois les hautes qualités de son intelligence et le genre d’éducation qu’il avait reçu.
Bientôt Théobald le connut parfaitement et l’apprécia comme il le méritait; il le fit membre de son conseil et lui donna la plus grande confiance. Mais d’abord la place qu’il occupait dans les bonnes grâces de l’archevêque fut compromise par la jalousie d’un homme dont les hostilités continuèrent pendant toute sa vie, même alors que Thomas et lui occupaient tous deux des sièges épisco-