‹ La vie et le martyre de s. Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et légat du Saint SiègeChapitre 8 sur 79 · THOMAS DE CANTORBÉRY · texte numérisé non relu

THOMAS DE CANTORBÉRY

paux. Roger de Pont-l’Evèque témoigna (4 sa jalousie dès leur première entrevue, en appelant le saint, par dérision, a clerc Baillehache, » du nom de l’homme qui par ses instances l’avait fait entrer au service de l’archevêque. Un de ses biographes, faisant allusion au mot hache contenu dans le nom normand, dit qu’il devait être un jour la haché qui retrancherait Roger et ses complices de la compagnie des justes. Il fît bannir deux fois le saint de la cour de l’archevêque, avant qu’il fût affermi dans la faveur du prélat. Dans chacune de ces occasions, saint Thomas fut replacé par l’influence de Walter, alors archidiacre de Cantorbéry, qui fut son ami constant durant toute sa vie.

Bientôt ses nobles qualités le rendirent si cher à l’archevêque, que celui-ci l’employait dans la conduite des affaires les plus délicates et les plus importantes. Le roi Etienne était assis sur le trône d’Angleterre , et son frère Henri de Blois , bien connu dans l’histoire, était évêque de Winchester. Le pape Innocent avait présidé, en 1139, le concile général, composé de mille évêques, appelé le second de Latran, concile auquel assistèrent Théobald et quatre évêques anglais. Il avait fait Henri de Blois son légat en Angleterre. En vertu de son autorité, Henri tint deux synodes dans l’année 1142. Ce fut à peu près dans ce temps-là que saint Thomas se rendit près de l’archevêque. Cependant, la remise des pouvoirs de légat aux mains d’un suffragant produisit un mauvais effet, et les

(1) Rog. Pont., I, p. 99; Grim, I, p. 10; Fitz-St., I, p. 185.

Page 1