‹ La vie et le mystèreChapitre 13 sur 70 · L'AUBERGE · texte numérisé non relu

L'AUBERGE

Aussitôt qu'un valet annonçait ma venue, Les commis voyageurs, toujours un peu gamins, Venaient m'interroger sur l'état des chemins, Comme un type arrivé d'une terre inconnue.

Un grand alcoolique à la barbe chenue M'offrait l'absinthe amère aux amers lendemains. Un vieil acteur clamait, en se chauffant les mains : La masse des ramiers tantôt voilait la nue !

Pendant que des gloutons me glissaient, d'un air fin : « Vous êtes fatigué, vous devez avoir faim... » Une femme au bras fort posait dans la balance,

Devant le fauteuil, doux à mes membres quiets, Les pigeons alourdis, les canards grassouillets. Et le chien sur son cul regardait en silence.

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