‹ La vie et le mystèreChapitre 12 sur 70 · LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA CHASSE

Heureux qui, comme moi sombre amant des futaies, Épaulant son fusil sur un vol de pigeons Les fit saigner dans l'air et tomber dans les joncs, Au bord de l'étang triste où se penchent nos haies.

Plus haut, parmi les houx luisants couverts de baies, La sarcelle, levée au pied des sauvageons. S'abattait dans la mare, y faisait des plongeons, Sous le chien, dont les crocs aigus rouvrent les plaies.

Et tu rentrais, poète, avec des oiseaux morts. Et le massacre en toi n'éveillait nul remords. Ton épagneul dans l'ombre au loin battant la berge,

Tu marchais, renseigné par le souffle des nuits, Oui t'apportait déjà l'âme de ton auberge. Toute pleine de feux, de fumets et de bruits.

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