‹ La vie et le mystèreChapitre 15 sur 70 · LE COUP DE FUSIL · texte numérisé non relu

LE COUP DE FUSIL

A Charles Baussan.

J'ai blessé le pigeon qui traversait les bois. C'était un beau ramier au plumage de cendre. Je l'ai vu s'arrêter, tournoyer, puis descendre Sous les genévriers, pour la dernière fois.

Pendant que la forêt, en de brusques émois, Livrait au vent du soir sa cime pâle et tendre, Les ombres de la nuit partout venaient s'étendre, "Éteignant, peu à peu, les reflets et les voix.

LA VIE El LE MYSTÈRE ,6

Je n'ai pas retrouvé l'oiseau dans la clairière ; Essuyait-il son corps à l'épaisse bruyère, Y cachait-il la plaie ouverte jusqu'aux os

Et les hérissements de son col déjà roide ? Ou, les ailes en croix, au milieu des roseaux, Tachait-il d'un sang noir quelque nappe d'eau froide...

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