A FEU MON CHIEN
La bécassine sourde et celle au ventre blanc . Se levaient ça et là de l'humide bruyère, Criant à droite, à gauche, ou devant, ou derrière. Brusquement, j'épaulais ou je faisais semblant.
Quand je brisais leur vol d'un plomb dur et cinglant,
Tu t'en allais chercher la victime légère ;
Ta gueule la trouvait parfois sous la fougère
Et tu me rapportais, joyeux, l'oiseau sangl ant.
Mais je fis, tout à coup, ô mon bon chien, regarde : Vingt fauves à cent pas devant nous ! Une harde Nous fixe, le col haut, de ses yeux étonnés.
Tout beau, ne bouge plus. Laisse aller tes barbiches, Laisse trembler ton corps, laisse frémir ton nez, Ne troublons ni les cerfs ni les faons ni les biches.