L ABBAYE ET LES CHAMPS
Seule, frappée à mort, l'Abbaye agonise. Demain ses murs glacés n'auront aucun vivant. Et dans la basilique en deuil, ouverte au vent. Du jour et de la nuit la plainte s'éternise.
Là -bas, près du village, animés par la brise. Tiges d'or, épis lourds et nappe au front mouvant. Les blés font et refont, dans le soleil levant. Le grand salut de l'aube à la très vieille église.
Mais du troupeau sacré la voix manque au bercail. Le moine, ô paysan, protégeait le travail En répandant sur lui l'oraison tutélaire.
Elle protège encor nos biens, en vérité.
Car il faut, pour que Dieu les aime ou les tolère
Le don, proche ou lointain, de la mysticité.