A L'AMI CHARITABLE
Les gueux de la contrée usent tous tes habits. J'ai rencontré Sosthène : il avait tes galoches. J'ai croisé l'ancien garde : il avait dans les poches De ton vieux pantalon des morceaux de pain bis.
La femme qui succombe à tant de maux subis, Dans tes grands pardessus a taillé pour ses mioches Des vestes. Et les gâs reçoivent les taloches D'un père dont le nez te doit quelques rubis.
Le vieillard, qu'en hiver ton vin blanc ravigote. Est heureux de porter l'antique redingote Sous laquelle ton oncle allait à des festins.
Les pauvres sont-ils fiers des chapeaux qu'ils arborent ? Ce sont tes couvre-chefs qui les rendent hautains En des fastes auxquels tes souliers collaborent.