JE VOUS AI VUE
Je vous ai vue, un soir d'automne, au cabaret ; De gros clients la salle était à moitié pleine. Quelqu'un fit, tout à coup : voici la châtelaine ! Et chaque jeu soudain de subir un arrêt.
O surprise, ô minute où la grâce paraît ! La dame du comptoir retenait son haleine. Si nos tasses n'avaient rien de la porcelaine, Peut-être y voyiez- vous les champs et la forêt.
Et vous disiez : voici les buveurs du village.
Bien qu'ils ne soient pas tous à la fleur du bel âge,
Comme ils sont très polis, je les trouve charmants.
Vous serrâtes les mains de ces bons catholiques. Et puis, votre départ fit, de tous ces Normands, Dans le sombre café des gens mélancoliques.