LA FORÊT DÉTRUITE
A René Bazin.
Elle était devant nous, muette, dépouillée, Sans arbres. Nul aboi ne montait dans les airs. Solitude, abandon, silence des déserts.
Pas même ce léger frisson d'une feuillée !
Dépassant des chevreuils la bande éparpillée, En de grands débuchés s'étaient enfuis les cerfs. Plus d'oiseaux où jadis éclataient leurs concerts. Alors notre paupière un instant s'est mouillée.
LA VIE ET LE MYSTERE i8
Terre sans animaux, en ton immensité
Le souffle de la mort a donc tout dévasté.
Tout détruit, les moustiers, les moines et les chênes ?
Oui. Mais d'un vieil amour, ô forêt des aïeux, Et qui nous lie à toi, rien n'a brisé les chaînes. Et ton ombre éternelle est entrée en nos yeux.