Le Sisyphe, ou de la Délibération
Ce morceau, qui n’est pas plus platonicien que le précédent, est du moins un dialogue entre Socrate et un personnage entièrement inconnu, du nom de Sisyphe. On y reprend la première des questions débattues dans ie Démodocus : Qu’est-ce que délibérer? et elle est développée avec plus d’étendue. Si on délibère sur ce qu’on sait, à quoi bon délibérer? Mais comment délibérer sur ce qu’on ne sait pas, et alors comment le trouver et savoir qu’on l’a trouvé? En outre, l’objet de la délibération étant une chose à venir, c’est-à-dire une chose qui n’est pas et n’a pas par conséquent de nature propre, celui qui délibère est comme un archer, qui nonseulement tire où il veut, mais qui n’a pas de but où viser et où décocher sa flèche. Gomment atteindre ce qu’on ne voit pas, ce qu’on ne vise pas, ce qui n’est pas? et comment peut-on dire et croire qu’il y a des personnes qui, dans la délibération, donnent un conseil meilleur que d’autres?
«1 7. De la Vertu.
Ce morceau a plus de valeur : on pourrait le considérer, avec Socher (1), soit comme une esquisse soit éorâme un résumé du Ménon, dont il reproduit la discussion avec tous ses arguments, ses mêmes exemples et presque littéralement dans les mômes termes. Dans l’un comme dans l’autre de ces dialogues, la solution est que la vertu n’est ni un fruit de l’éducation, ni un don de la nature, et que par conséquent elle ne peut être qu’un présent des dieux, une grâce divine, ôeia jjiotpa.