PI. XI.VIII
* Mus. Capitol., 1. 1. pl. 22.
i Mon. iiiedili, n° 169.
LA VIE DE PLATON
de la beauté de son large.front, soit enfin à cause du caractère large et étendu de son esprit (1).
Aiit ■voitXaxl» xat <xvauenT«[Jiévov x^ç tppâacw;.
nom du philosophe : IDiaxcov. Il est représenté à l'âge où la vieillesse n’a pas perdu la pureté et la fermeté des lignes du visage, et où elle lui donne quelque chose de grave, de vénérable, de divin; la tête est sereine, noble, belle, et, de face, a quelque analogie avec celle d'Homère, dont elle se distingue par l’ampleur du front et l’arc fortement accusé des sourcils; elle est ceinte du cordon appelé strophium, marque ordinaire des têtes de dieu. Le profil, où le caractère du type grec est peut-être plus visible, laisse apercevoir également dans le mouvement des narines, de la bouche, cet air de vanité qui parait avoir été son principal défaut, et que la lettre XIII, qui lui est attribuée, ne fait pas difficulté de reconnaître. Il est probable que ce buste, comme la statue que Cicéron possédait dans sa villa de Tusculum {Brut., 6), comme la statue qui ornait le gymnase de Zeuxippe, à Constantinople (Cbristodore, Analect, Brunck., t. II, p. 459), était une copie de la statue originale exécutée par Silanion, d’Athènes, sculpteur autodidacte, qui vivait après la guerre du Péloponnèse, et aux frais d’un satrape du Pont, qui la fit placer dans l’Académie avec cette inscription : MtOpiSâxYii; i *Po5oêàxou IIépoY]( àvSpiâvxa àvÉOexo IlXâxuvo;, r^'^ £iXavîfa)v ènoiTiare. (Diog. L., III, 25, d’après Favorin.) Visconti n’est pas éloigné de croire que la statue du gymnase du Constantinople, décrite par Cbristodore, ne so|t la statue originale de Silanion : il est vrai que Silanion n’a travaillé qu’en bronze ; mais, comme Diogène ne mentionne pas la matière de la statue de l’Académie, son silence, s’il n’autorise pas cette conjecture, ne la renverse certainement pas.
(1) Anonym.; Diog. L., III, 4 ; Olympiod., Sénèque, ep. 58 ; Apul., de Dogm. Plat. Jnit., L I; Sext. Empiric,, Aefv. Math., I, 258 : Hésychius, v. nXâxuv, qui cite à l’appui du nom de Platon le vers de Timon : Twv nàvxcuv 5’ ■fiyeïxo itXaxûcxaxo;. Tzetzès Ch il., VI, 419 ; XI, 853.
Nous voyons ici un double procédé de nomenclature des individus : l’enfant, le fils, prend le nom de son grand-père et
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La famille de sa mère, Périctione ou Potone,-a joué au contraire un grand rôle dans l’histoire intérieure d’Athènes et dans ses révolutions et agitations politiques. Elle se rattachait par Glaucon et Gritias à Dropide, frère ou cousin de Solou, qui descendait également de Codrus (1). Gritias, fils de Callæschros, son grand-oncle, Charmide , son oncle maternel , avaient pris parti pour le gouvernement oligarchique, et après s’y être fait, le premier surtout, une triste célébrité, étaient morts le même jour dans le combat queThrasybule livra aux Tyrans (2), et dont le succès délivra enfin Athènes de leur violente et
non celui de son père; puis souvent il le change, tantôt pour prendre celui d’un étranger,' hôte de sa famille, comme le fils de Clinias prit le nom dorien et lacédémonien d’Alcibiade, tanlôt pour prendre un sobriquet, qui devient un nom propre, comme Théophraste, dont le vrai nom était Tyrtame, et qui reçut son honorable surnom Sià và 6sIov tî)c çpâdeu;; c’est encore ainsi que, d'après Suidas, Tisias reçut le nom de Stésichore, qu’il avait mérité par d’heureuses innovations introduites dans la danse et le chant des chœurs.
Dropide.
Gritias I.
Callæschros.
Gritias II,
Glaucon.
Charmide, Périctione
Platon, Glaucon, Adimantus.
(2) Xénoph. , Ilellen., 11, 4’, 19. ’AitéÔavov 5’ âvtaüOa twv pèv Tpiàxovxa Kpixîa; ... xwv 5’ èv lUipaisi Séxa àpjrôvriüv XappiSriç ô rXaôxfovo;.
■ Cvtic IVrictionc a lia épouser, en prcmic-rcs ou deuxièmes noces, oulie Arlslon, père de Platon, un Pyrilampe, père d’Anliplion, qui est appelé (Parm., 120, b) frère, par sa mère, d« Glaucon et d’Adiinante.
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sanglante domination. Platon avait donc les relations les plus intimes avec le parti aristocratique, et semble n’avoir pas été insensible à l’illustration de sa race, qu’il mentionne avec une certaine complaisance dans le C harmïde {{) et le Timée (2). C’est par cette parenté, et par suite de ses rapports intimes avec Critias et Gharmide, qu’on a voulu e.xpliquer le caractère de ses idées politiques et ses préférences marquées, bien qu’accompagnées de réserves expresses (3), pour le régime aristocratique dont Lacédémone était le type. Sans nier l’influence des traditions de famille, je tiens à constater qu’ elles n’expli-
(1) Charmid^, 155, a. nôp^toOsv vnüv tô xaXôv Onàpx®* lôXcdvo; (TUYlfevEÎa; et 157, e. "H te yàp Tcarpüa vniiv olxia , i’t KptTÎou ToO ApuniSou, xac uti' ’AvaxpeovToE xai Ouà XôXuivo;, xai On’ âXXodv noXXûv noiTjTÜv èyxsx(o|jLta(T|i.év>) napa^ÉSoTat ^p.Tv u>; oiaç^poviffa xâXX.si te xai àper^ xai tÿ) iXXif) Xe^oiiÉvY) eùôatjxovîcf.
(2) Tini. 20, d. Critias, parlant de Solon , dit : ^Hv piÈv o5v oixeîoe xai a^oSpa çiXo; ApuniSou toO nponânnou, ce qui semble exclure l’hypothèse que Solon était lé frère de Dropidc.
Croirait- ou que cette nuance d’orgueil est une des raisons pour lesquelles Ast rejette le dialogue du Charmide, parce que ce sentiment ne lui paraît pas conforme avec le mépris que doit faire un vrai philosophe des avantages de la naissance, et avec le mot que Sénèque (ep. 44) prête à Platon : « Plato ait neminem regem non ex servis oriundum, neminem servum non ex regibus? »
(3) Par exemple, l’éducation qui, à Sparte, négligeait râtnc et ne s'occupait que du corps , la politique ambitieuse et avide de domination, la passion guerrière, l’immoralilc des femmes, sont sévèrement appréciées par Platon, «ep., VIll, 547, e. et 548 ; Lcgg., II , 073, c.; Legg., I, G37, c.; VI, 781 a VII, 800, c.; Rep., VIII , 548 : Atà TÔ TŸj; AXTiOiv-îji; Moûaïi; xr,; pexà Xôywv xe xaî ipiXoao- <flai T)u.eXr,xÉvai xaî npeaSuxépu; Yvpvaaxixi^v [iouatxt)i; xexi|XT]xîvai.
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quent pas tout, et je réserve les libres déterminations de la personne morale. C’est surtout le propre des grands esprits de se dégager des influences extérieures et de se faire eux-mêmes et eux seuls ce qu’ils sont. La fatalité des causes purement externes ne pèse pas d’un si grand poids sur l’homme, surtout sur l’homme de génie, et il n"est nullement riécessaire qu’il hérite des opinions et des préjugés de ses pères. La politique de Platon est dans un accord trop intime avec les tendances de son maître, avec les principes de sa propre philosophie, et particulièrement avec la théorie des Idées, pour avoir besoin d’uiie autre explication.
Platon avait deux frères , Adimante et Glaucon, qu’on a cru longtemps être les personnages de ce nom qui tigurent dans la République (1) , et une
(1) C’était le sentiment de Plutarque, de Fratern. amore , c. 12; deProclus, t. IV, p. 67, éd. Cousin, in-8°, accepté encore par Groen van Prinsterer, Prosopographia Plat., p. 211. Ces deux personnages, qu’on retrouve dans le Parménide, avec un demi-frère nommé Antiphon, ne peuvent être les frères de Platon, parce que les deux fils d’Ariston, de la République, figurent ii un combat livré en 456, auprès de Mégare, et parce que ce dialogue est censé avoir lieu vers 430 av. J.-C , époque à laquelle les frères de Platon n’étaient pas nés. Quant au Parménide , comment Antiphon, s’il était frère cadet de Platon, pouvait-il se trouver, avec Pythodore, ami de Zénon, et chez lequel Parménide et Zénon étaient descendus, à une date où Socrate lui-méine n’était qu’un jeune homme de quiuze ou seize ans.^ On voit dans le Charmide, 158, a., un Antiphon, fils de Pyrilampe, nommé l’oncle de Charmide, qui était le frère de la mère de Platon. On peut donc supposer, avec K. Hermann , que Pyrilampe , père d’Autiphon , avait épousé une sœur de la mère de Charmide , et qu’Ariston, mari en premières noces de cette même sœur, et père