PRÉFACE
Ce livre est le résultat de dix années éP études y passées y sur la terre étrangère, au milieu d'un peuple sympathiqu£y plus français, plus acquis aux idées françaises que nos colonies^ le plus anciennement unies à la métropole, dans un pays où la France a plus d'intérêts économiques à surveiller, qu'en aucun lieu du monde, où rémigration spontanée a groupé plus de cetit mille de nos compatriotes.
Il y a une utilité grande à faire connaître, dans son ensemble et dans ses détails, d'une façon précise, les aspects naturels y la vie sociale, les mœurs, les institutions, les ressources, les lois, les industries de ces contrées, que la nature a si généreusement dotées, où, pour notre race, la solution du problème de la vie se présente attrayante et facile.
C'est ce travail qice F on voudrait tenter ici.
Ecrit en dehors de toute participation et toute communication officielle, ce livre, tout d'initiative privée, ne contient pas une affirmation, qui n'ait été contrôlée, une observation qui ne soit personnelle, un trait de mœurs qui n'ait été recueilli.
// PHÉFACi:
Il est, avant tout, $i7icè7^c, impartial et consciencieux. Le patriotisme le plus ombrageux n'y saurait trouver ?Hen qui puisse le blesser^ dans les jugements qu'il y rencontrera portés sur les institutions, les hommes, les mœurs et les usages.
Le plan, Vauteur Va voulu co?icevoir aussi complet que possible, essayant de ne inen laisser dans Vomby^e et rien négliger, tout en se plaçant à un point de vue tout à fait différent de ceux qu'avaient choisis les écrivains qui Vont précédé dans Vétude de la République Argentine,
Il n'y avait pas à recommencer la descriptioii déjà ancienne, toujours digne d'être relue et consultée par tout le monde, de la République Argentine, qui compose les trois volumes de Vouvrage magistral, écrit par le docteur Martin de Moussy, en 1863 ; runipluSy la description physique entreprise, en 1874, par le docteur Burmeister. Ces œuvres peuvent désespérer quiconque essayera de décrire le pays, oit ces deux savants ont passé leur vie laborieuse, qu'ils ont éclaiy^é de leur vaste savoir.
Cependant, précisément parce que ces deux maîtres étaient deux hommes de science, — le premier un médecin et un hygiéniste, le second un naturaliste et un paléonlologue, — ils ont imprimé, à leurs œuvy^es, le cachet particulier de leurs études de prédilection. Le docteur Martin de Moussy a étudié le vaste territoire de la République Argentine, région par région, au poiyit de vue sj)écial de la coloyiisation ; il a consacré, à chaque Py^ovince, une monographie embrassant la description physique de la coyitrée, indiquant la nature du sol, les cultures possibles et les cultures faites, instruisant le colon s^ur ce qu'il a à tenter et à éviter, pour s'accliynater, vivre et py*ospérer.