PRÉFACE III
Un livre y comme celui-lày7ie se refait pas et ne se refera pas. Il a été si profondément étudié, qv^après vingt ans, personne ne peut se dispenser de le consulter; il est resté un guide sûr et incomparable. Mais ce grand ouvrage, aujourd'hui introuvable et qu'il faudrait rééditer, n'est vraiment utile qu'à ceux qui habitent le territoire de la République Argentine, et qui ne songent, au reste, à le consulter y qvHaprès quelques années de séjour, quand ils veulent étendre les connaissances superficielles, qu'ils ont déjà, eux-mêmes, acquises, du pays.
U ouvrage du docteur Burmeister 71' est pas terminé; les quatre volumes publiés, e?i langu£ française, par le savant berlinois, dénoricent le point de vue spécial où il s'est placé. Le docteur Burmeister est un observateur de la nature, c'est elle qu'il analyse, c'est la faune et la flore, la géologie, le passé préhistorique du sol et sa formation, les habitants fossiles et actuels qu'il décrit; son livre de science profonde, d'une haute utilité, destiné aux savants, n'est pas une œuvre de vulgarisation,
A coté de ces œuvres savantes, il y avait place pour un ouvrage de l'ordre de ceux que les Anglais préfèrent; cette place, les éditeurs du journal thc Standard, publié depuis plus d'un quart de siècle à Buenos- Air es, MM. G. et E. Mulhall se la sont appropriée avec leur Hand book of thc River Plata, dont la première édition remonte à 1875, dont la deriiière, toute récente, contient tous les renseig7iements, précis, que l'on peut désirer sur la géographie, les voies de communication, la population, les industries des villes et de la campagne.
L'ouvrage, que l'on présente ici au public, a été conçu sur un plan différent, il est écrit commue les précédents, par un étranger, ayant, comme ses prédécesseurs, passé de longues anyiées dans ce pays, en y faisant son étude préférée des sciences sociales.
/r PRÉFACE
Cestydonc, la société, ses mœurs extérieures et intimes^ Vorgafiisation légale et sociale de la famille , les origines ethniques de la nation^ les lois de sa formation et de son développement, ses tendances démocratiques, sa constitution politique et ses lois, ses usages judiciaires, son orga- 7iisation commerciale et financière, ses industries tombâmes et rurales, enfin, le caractère de Vimmigration qui renvahit et la condition des étrangers qui s'y établissent, que l'on trouvera ici étudiés.
Ce travail serait incomplet si Vauteur n'avait, aussi, indiqué, à grands ti^aits, le cadre naturel où cette société est née, n'avait recherché les influences de ce milieu sur son développement, en donnant les traits principaux des grandes régions, que ce développement élève rapidement, du rang de ^jays vierges, à celui de contrées fertiles, préparées pour les générations futures.
Quant à la méthode qu'il a suivie, il ne saurait mieux la caractériser qu'en rappelant les expériences physiologiques d'un savant anglais, sir Fr, Galton, qui est parvenu à déterminer, par la photographie d'individus isolés, les traits communs de certains groupes.
Voici comment il procède: il projette, sur le même écran, plusieurs portraits distincts, ceux, par exemple, desfy^ères et des sœurs d'une famille, au moyen de lanternes magiques, disposées de telle sorte, que les images se superposent exactement; loin de produire un dessin grossier et confus, il obtieyit une image où les traits communs, les traits de famille, se y^enf or cent si bien que cette image est le type de la famille.
Il procède, aussi, d'une autre façon. Il photographie, sur la même plaque, une série de portraits, en ayant soin de ne laisser agir la lumière, sur chacun d'eux, que pendant un temps très court, et il obtieiit une photo-