CHAP. 111. — LES ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS
Depuis son origine, elle a prêté 170 millions de piastrefl, sur lesquels 1 00 millions sont encore en circulation. Ces opérations ont été faites, à peuprès, sans le secours des capitaux européens; l'épargne locale a pu absorber, snccessivement, les titres offerts.
La Banque n'a pas d'actionnaires, pas plus que la Banque de la Province dont elle est une bouture : ses bénéfices pro* viennent de la commission de 1 0/0, qu'elle prélève annuellement sur ses prêts, ce qui surcharge loiu'dement l'emprunteur, sans constituer, pour elle, de gros profits.
Ces deux Banques ont conservé, jusqu'ici, leur principal établissement à Buenos- Aires, oCi elles ont été créées, alors que cette ville était encore capitale de la Province ; depuis que cette ville est fédéralisée et devenue capitale nationale, elles doivent songer à déplacer leur centre d'action et à se transporter dans la nouvelle capitale provinciale : la ville de La Plata.
Des établissements, de création plus récente et de caractère national : la Banque nationale et la Banque hypothécaire national, émanations du Pouvoir National, ont déjà, en partie, pris dans la ville de Buenos-Aires la place qu'y occupaient les établissements provinciaux du même ordre.
Ces deux Banques sont de fondation récente, la première date de 1873^ , la seconde de 1886.
Les événements de 1880, l'extension du Pouvoir national, que nous avons eu déjà l'occasion de résumer, devaient avoir et ODt eu, sur la Banque d'État national, une influence directe. Us ont été Torigine de son relèvement et de laccroissement considérable qu'elle a subi.
Depuis 1876, époque où, après un^an de fonctionnement, elle avait dû interrompre ses opérations en cessant de rembourser ses billets émis, elle avait traîné une existence difficile
i. Les péripéties par lesquelles a passé cet établissement, de i873 à 1879, ont été contées par nous dans notre ouvrage publié alors : Buenos* Aires, la pampa et la Patagonie. -^ Hachette, in^iBé
qui n'était ni la liquidation ni la continuation des affaires. Ses billets acceptés dans les Provinces, avec la dépréciation queleur donnait le cours forcé, n'étaient, à Buenos-Aires, qu'une marchandise, recherchée par ses débiteurs à 40 7o de leur valeur.
Après 1880, la situation changea; la Banque avait pu, dans l'intervalle, régulariser sa situation, reprendre la conversion de ses billets; elle obtint du gouvernement l'augmentation de son capital, qui fut porté à 100 millions de francs.
Le dernier bilan, publié à la fin de 1885, prouve que sa situation est des plus prospères. Elle a donné 12 7o de dividende à ses actionnaires, porté à la réserve 2 millions et demi, ce qui élève ce fonds à 5. 110.000 francs. Les dépôts atteignent 126 millions de francs, la circulation de ses billets 200 millions, son encaisse métallique seulement 12 millions, ce qui a décidé le Gouvernement à rendre, en janvier 1887, un décret prorogeant, pour deux ans, la loi de cours forcé.
L'importance, prise par la Banque, la faculté, qu'elle a, d'opérer par ses succursales dans toutes les Provinces et les Territoires nationaux, sont une des causes qui ont le plus contribué à généraliser le mouvement des affaires et les grandes industries agricoles dans toutes les régions.
Le seul point noir de cette situation, est que la Banque nationale, bien que son capital soit formé, pour près des deux tiers, par des actionnaires, n'en est pas moins la vassale du Gouvernement national, qui a 40 Vo de ses actions, nomme son gouverneur et la majorité de son conseil. On peut donc supposer que ses fonds disponibles, provenant de sou capital, de sa réserve^ ou, ce qui est plus grave, de ses dépôts, soient, le cas échéant, employés h couvrir des besoins extra-budgétaires, que l'Etat ne se fera pas faute de rembourser périodiquement, en fonds d'État, créés spécialement *.