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LES LOIS ET LE MONDE JUDICL\1RE

Los origines dn barreau. — Le Pouvoir judiciaire et la constitution des tribunaux anciens et modernes. — L'enseignement du droit. — La magistrature moderne. — Ensemble des lois qui régissent les relations sociales. — Aperçu de la procédure. — L'enseignement et la pratique du droit. — Droit criminel. — Le jury populaire dans les affaires de presse. — Les délits et les peines. — Les plaideurs. — L'aspect des tribunaux. — Le rôle de l'avocat.

Une des surprises de tout nouveau venu, qui débarque dans une ville hispano-américaine, est le nombre d'avocats, dont il lit le nom, sur les plaques de cuivre fixées à chaque porte.

C'est un usage général ; tout homme occupé, exerçant un art ou une profession, l'indique avec son nom sur la porte delà rue: médecins, architectes procèdent ainsi; ainsi font peintres et sculpteurs, les artistes comme les artisans, et si le pays avait donné le jour à un Meissonnier, on verrait sur sa porte : « Meissonnier, peintre. »

Les avocats font comme tout le monde ; mais pendant que les autres professions se répandent dans tous les quartiers de la ville, eux se groupent dans un rayon étroit, autour du Cabildo, où siègent les Tribunaux ; aussi toutes les maisons sont-elles envahies, quelques-unes entièrement accaparées par eux. "Sortez de ce rayon, de ce quartier de basoche, vous ne trouverez plus leur nom nulle part.

Sans être aussi nombreux qu'ils en ont Tair, ils tiennent une grande place dans la société ; ce sont eux qui la dirigent, qui occupent les grandes positions politiques, administratives, financières. Comment en pourrait-il être autrement? Dans un pays où la science sociale par excellence, la science

de la vie, domine toutes les autres, comment le premier rang entre les citoyens serait-il refusé ou contesté à ceux qui sortent diplômés de la Faculté do Droit et de Sciences sociales?

A voir le chemin qu'ils ont parcouru, depuis leur première apparition dans la Plata^ on serait vraiment tenté d'oublier Taccueil que reçurent les premiers avocats qui eurent Tidée d'y venir pratiquer leur profession.

C'était en 1613. Buenos- Aires avait trente-trois ans; fondée en 1380, elle n'était encore qu'un village, sous la dépendance administrative du vice-roi du Pérou, résidant à Lima, à mille lieues de là, de l'autre côté de la Cordillère. Elle ne contenait qu'un millier d'habitants, essayant de vivre sur quelques kilomètres carrés de terres, qu'ils disputaient aux Indiens.

Au milieu de ce village, tomba la nouvelle que trois avocats s^élaient embarqués à Séville, et que le navire qui les portait, pouvait, d'un moment à l'autre, jeter l'ancre à proximité de la côte.

Le Cabildo, ce refuge des libertés publiques, ce grand conseil communal des colonies, se réunit, en toute hâte, dans la masure qui servait de palais municipal, prit, séance tenante, des précautions contre cette première épidémie exotique qu'ait eu à redouter la ville naissante.

« Considérant que leur venue est inutile et ne pourrait être que nuisible, en raison des difficultés qu'ils font naître entre les citoyens, nous déclarons et ordonnons que Ton intimera à ces trois personnages, en quelque lieu que cet arrêt leur parvienne, qu'ils aient à retourner en arrière, qu'il leur est fait prohibition de s'arrêter dans cette ville, jusqu'à ce qu'un ordre spécial de S. M. le roi d'Espagne en dispose autrement. »

Nous avons vainement cherché dans la chronique ce qu'il

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