‹ La vie et les moeurs des animauxChapitre 11 sur 87 · I . Le Monde de la mer, paire · texte numérisé non relu

I . Le Monde de la mer, paire

PROTOZOAIRES

comme les chaudes. Les grands fleuves eu charrient constamment des quantités énormes dans la mer.

« Le Gange en transporte, dans l’espace d'une année, une masse égale à six ou huit fois le volume de la plus grande pyramide d'Égypte. Parmi ces animalcules, on en a compté soixante et onze espèces différentes (Ehrenberg).

« L'eau et la vase recueillies entre les lies Philippines et les lies Mariannes, à une profondeur de 6600 mètres, en ont donné cent seize espèces.

« Près des deux pèles, là où do grands organismes ne pourraient pas exister, on rencontre encore des myriades d’infusoires. Ceux qu’on a observés dans les mers du pèle austral, pendant le voyage du capitaine James lloss, offraient une richesse toute particulière d'organisations inconnues jusqu’ici, et souvent d'une élégance remarquable. Dans les résidus de la fonte des glaces qui flottent en blocs arrondis, par 78° 10, de latitude, on a trouvé près de cinquante espèces différentes. Plusieurs d’entre elles portaient des ovaires encore verts, ce qui prouvait qu’elles avaient vécu et lutté avec succès contre les rigueurs d’un froid arrivé jusqu’à l’extrême (Ehrenberg).

« A des profondeurs do la mer qui dépassent les hauteurs des plus puissantes montagnes, chaque couche d’eau est animée par des phalanges innombrables d’imperceptibles habitants (Humboldt).

• Les infusoires sont donc à la fois les animaux les plus petits et les plus nombreux de la nature. Ces êtres microscopiques constituent, aussi bien que l’espèce humaine, un des rouages de la machine si compliquée de notre globe. Ils sont à leur rang et à leur échelon : ainsi l’a voulu la grande pensée première! Supprimez ces microscopiques bestiolettes, et le monde sera incomplet! On l'a dit il y a longtemps, il n’est rien de si petit à la vue qui ne devienne grand par la réflexion! ' >

Les Infusoires existent partout. On les trouve depuis la cime des plus hautes montagnes, jusqu’aux plus profonds abîmes des mers. Ils vivent et se multiplient indifféremment, sous l’équateur et vers les régions polaires. La mer, les fleuves, les étangs, le vase à fleurs qui est sur notre fenêtre, et jusqu'à nos tissus et nos humeurs, tout cela contient des animalcules infusoires.

Des couches de terrain, souvent épaisses de plusieurs mètres, et qui occupent une étendue considérable, sont pfesque exclusivement formées des débris accumulés de ces êtres.

C’est aux Infusoires que le limon du Nil, et d’autres dépôts fluviatiles ou lacustres, doivent leur prodigieuse fertilité.

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