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CLASSE DES SPONGIAIRES

L’Éponge est une production naturelle qui a été connue dès la plus haute antiquité. Aristote, Pline et tous les auteurs

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de l'antiquité qui se sont occupés d’histoire naturelle, lui accordent une vie sensitive. Ils reconnaissent que l'Eponge évite la main qui veut la saisir, et se cramponne d’autant plus aux rochers, qu'on fait plus d’efforts pour l’en détacher.

L’Éponge était pour les anciens un être intermédiaire entre les animaux et les plantes.

Rondelet, le célèbre ami de Rabelais, celui que le joyeux curé de Meudon désigne sous le nom de RondWilis , et qui fut médecin et naturaliste à Montpellier, refusa le premier la sensibilité aux Éponges. Il fit naître ainsi l'idée que ces productions appartiennent au règne végétal, idée que Tournefort, Gaspard Bauhin, Rey, et même Linné dans les premières éditions de son Systema naluræ, appuyèrent de la grande autorité de leurs noms.

Toutefois, après les beaux travaux de Trembley et de quelques autres observateurs, Linné retira les Éponges du règne végétal. Il est facile de s’assurer, en efTet, que certains polypes ressemblent beaucoup aux Éponges par la nature de leur parenchyme, et que, d’un autre côté, l’assimilation de l’Éponge avec une plante ne saurait être soutenue longtemps.

Tous les savants sont d’accord aujourd’hui pour reconnaître l’animalité des Éponges. Il faut dire pourtant que ces êtres constituent, malgré les travaux des naturalistes modernes, un groupe quelque peu problématique, et encore imparfaitement connu sous le rapport de l’organisation intime.

Les Éponges forment des masses d’un tissu léger, élastique, résistant, lacuneux, de dispositions extérieures très-variées. On en connaît, en effet, près de 300 espèces, dont les différents aspects ont été caractérisés par les marins sous des noms plus ou moins singuliers. Citons, par exemple, la Plume, l 'Éventail, la Cloche, la Lyre, la Trompette, la Quenouille, la Patte d’oie, la Queue de Paon, le Gant de Neptune, etc.

Il est des Éponges fiuviatiles et des Éponges marines.

Les premières forment des masses irrégulières et friables, qui s’étalent sur les plantes ou sur les corps solides immergés dans les eaux douces. Telles sont les Spongiltes, sur lesquelles ont été particulièrement faites les observations anatomiques et embryogéniques relatives au groupe dont nous esquissons l’histoire.

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Les secondes habitent presque toutes les mers, principalement la Méditerranée, la mer Rouge et le golfe du Mexique. Affectionnant les eaux chaudes et tranquilles, elles adhèrent

Fig. 16. Éponge, (l/l O. N.) ( Spongia .)

aux excavations et aux anfractuosités des rochers, à des profondeurs qui varient de 5 à 25 brasses. Elles se dressent, elles pendent ou s’étalent, suivant leur forme et leur station.

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La ligure 16 représente, d’après nature, une forme assez remarquable de Y Éponge.

L'Éponge usuelle, très-commune dans la Méditerranée, autour de l’Archipel grec, est connue vulgairement sous le nom de Champignon marin, Aid marin, Éponge fine douce de Syrie. C’est une masse plus ou moins arrondie, recouverte d’une couche muqueuse et gluante en dessous, formée d'un tissu résistant, léger, élastique, plein de vides et criblé de lacunes. Ce tissu est formé de fibres déliées, flexibles, anastomosées entre elles dans tous les sens, déterminant des pores nombreux, désignés par Lamarck sous le nom d’oscules, et des conduits irréguliers qui communiquent entre eux. On découvre dans ce tissu de très-petits corps solides, nommés spiculés.

La forme de ces spiculés, qui sont de nature siliceuse ou calcaire, varie avec les espèces, et quelquefois dans la même espèce. Il en est qui ressemblent à des aiguilles, d’autres à des épingles, d’autres à de petites étoiles.

Le rêle physiologique des tubes ou orifices qui se montrent sur divers points de la surface des Éponges, a été diversement interprété. Ellis, en 1765, supposait que ces trous étaient les ouvertures de cellules, ou loges, occupées par des polypes. En 1816, Lamarck adoptait encore cette opinion, et nous la retrouvons émise dans le ilomle de la mer par Frédol.

« Les habitants de l’éponge , dit cet auteur, sont des espèces de tubes gélatineux transparents, fugaces, susceptibles de s’étendre et de se contracter. On dirait des polypes jeunes, sans consistance et sans barbillons, ou des polypes commencés, organisation modeste et pourtant suffisante!... L’animalcule de l’éponge est un estomac sans bras , un estomac très-simple , très-élémentaire, un estomac-animal '. »

Cette manière de considérer l’Éponge n’est pas conforme aux vues de la plupart des naturalistes. M. Milne-Edwards, par exemple, considère autrement l’être mystérieux qui nous occupe. Au lieu de voir dans l’Éponge une collection d’êtres réunis pour former une colonie, M. Milne-Edwards en fait un être isolé, un individu unique. Les innombrables canaux,

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dont la substance de l’Éponge est traversée, semblent servir, dit M. Milne-Edwards dans son grand ouvrage sur la Physiologie et l’anatomie comparée des animaux, tout à la fois à la digestion et à la respiration du zoophyte. Les cils vibratiles déterminent le renouvellement de l’eau aérée, c’est-à-dire du fluide respirable, à l’intérieur des canaux de l’Éponge. Ces courants ont une direction constante. L'eau pénètre dans l’Éponge par des orifices nombreux, dont les dimensions sont très-petites et la disposition irrégulière; elle traverse les canaux creusés dans la substance de ces zoophytes, et qui se réunissent pour constituer des troncs de plus en plus gros, à peu près comme les racines d’une plante. Enlin l’eau s’échappe par des orifices spéciaux.

Pour M. Edwards, les canaux de l’Éponge remplissent donc une espèce de cumul physiologique : ils accomplissent les deux fonctions digestive et respiratoire. Les courants rapides d’eau aérée les traversent, pour y amener les substances nécessaires à la nutrition de ces êtres bizarres, et pour rejeter au dehors les matières exerémentitielles. En même temps, les parois de ces conduits qui oirrent une large surface d’absorption, s’emparent de l’oxygène charrié par l’eau et dégagent l’acide carbonique résultant de la respiration.

Lçs Éponges renferment de véritables œufs. De ces œufs sortent des embryons , d’abord non Ciliés, dans l’intérieur desquels naissent des cellules contractiles, puis des spiculés, et qui enfin se recouvrent de cils vibratiles, à l’aide desquels ces larves, de forme ovoïde, nagent, ou plutôt glissent dans l’eau.

Ces sortes d'infusoires nés des Éponges ressemblent aux larves de divers Polypes au moment où elles sortent de l’œuf. Elles se fixent bientôt contre quelque corps étranger, dit M. Milne-Edwards, deviennent complètement immobiles, ne donnent plus aucun signe de sensibilité ni de contractilité, et, en grandissant, se déforment complètement. La substance gélatineuse de leur corps se creuse de canaux, se crible de trous, la charpente fibreuse se complète : l’Éponge est formée.

Nous ferons pourtant remarquer que certains zoologistes (et nous pouvons 'citer à cet égard M.M. Paul (iervais et Van

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tîeneden) ne comprennent point de cette manière le mode de développement des Éponges. Selon eux les embryons, d’abord mobiles, se fixent, se réunissent plusieurs ensemble, se fondent en une colonie commune, qui deviendra l’Éponge, telle que nous la connaissons. Un embryon isolé pourrait aussi, en poussant des germes, produire une semblable colonie, qui serait de celte façon un produit de la génération agame.

La science, on le voit, est loin d’étre fixée sur l'organisation et le mode de développement de ces formations obscures et complexes.

Elle n’est guère plus avancée sur la durée de la vie des Éponges et sur la vitesse de leur accroissement. On s’accorde à dire pourtant qu’on peut revenir pêcher dans les lieux où elles avaient été presque épuisées, dès la troisième année qui suit la dernière pêche.

De nos jours, la pèche des Éponges se fait principalement dans la mer de l’Archipel et sur le littoral de la Syrie. Les Grecs et les Syriens vendent le produit de leur pêche aux Occidentaux. Ce commerce a pris une grande extension depuis que l'usage des Éponges s’est si généralement répandu, soit pour la toilette, soit pour les nettoyages domestiques et industriels.

La pêche commence ordinairement, sur les côtes de Syrie, vers les. premiers jours de juin, et finit en octobre. Mais les mois de juillet et d’août sont particulièrement favorables à la récolte des Éponges. Latakié lui fournit environ 10 bateaux, Uatroun 20, Tripoli 25 à 30, Kalki 50; Simi en expédie jusqu’à 170 et 180 et Kalminos plus de 200.

Nous représentons plus loin (fig. 17) la pêche des Éponges sur les côtes de la Syrie.

Des bateaux montés par 4 ou 5 hommes se dispersent sur les côtes, et vont chercher leur butin à 2 ou 7 kilomètres au large, sous les bancs de roches. Les Éponges de qualité inférieure sont recueillies dans les eaux basses. Les plus belles ne se rencontrent qu’à la profondeur de 12 à 20 brasses. Pour les premières, on se sert de harpons à trois dents, à l’aide desquels on les arrache, non sans les détériorer plus ou moins. Ouant aux secondes, ou aux Éponges fines, d’habiles plongeurs descendent au fond de la mer, et, à l’aide d'un couteau, ils les dé-

tachent avec précaution. Aussi le prix d'une Éponge plongée est-il beaucoup plus considérable que celui d’une Éponge harponnée. Parmi les plongeurs, ceux de Kalminos et dePsara sont particulièrement renommés. Ils descendent jusqu’à 25 brasses de profondeur, restent moins longtemps sous l'eau que les Syriens et font cependant des pêches plus abondantes.

La pêche de l’Archipel fournit au commerce peu d’éponges fines, mais une grande quantité d’éponges communes. La pêche de Syrie fournit en éponges fines ce qui convient le mieux pour la France. Elles sont de taille moyenne. Au contraire, celles que fournit la pêche de Barbarie, sont de fortes dimensions, d’un tissu fin et sont très -recherchées par l’Angleterre.

Sur les bancs des Bahamas, dans le golfe du Mexique, les Éponges croissent à de faibles profondeurs. Les pêcheurs espagnols, américains, anglais, après avoir enfoncé dans l’eau une longue perche, amarrée près du bateau, se laissent glisser sur les Éponges, dont ils font une récolte facile.

Dans la mer Rouge, les Arabes pêchent les Éponges en plongeant. Ils vont ensuite les vendre aux Anglais, à Aden, ou bien les envoient en Égypte.

La pêche des Éponges se fait donc sur divers points de la Méditerranée. Mais elle manque d’une direction intelligente, car elle est exploitée sans prévoyance préservatrice. D’un autre côté, la consommation commerciale de ce produit va toujours en augmentant. Aussi est-il certain que la spéculation, qui éclaircit chaque année les champs sous-marins de ces zoophytes, finira par en amener une telle destruction que la reproduction ne sera plus en rapport avec la demande.

Il serait urgent de prévenir ce résultat fâcheux, en naturalisant en France et en Algérie les diverses espèces d’Eponges, et en favorisant par la culture la reproduction de ces zoophytes. On pourrait utiliser, à cet effet, les côtes rocailleuses de la Méditerranée, depuis le cap Cruz jusqu’à Nice, autour des lies de Corse et d’Hyères , dans les eaux de l’Algérie, et peut-être même dans certains lacs ou étangs salés. de nos départements voisins de la Méditerranée.

M. Lamiral, considérant que la composition de l’eau de la

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Méditerranée est la même sur les côtes de la France et de l’Algérie que sur celles de Syrie; espérant d’ailleurs que la différence de température entre ces deux latitudes, à la profondeur moyenne où vivent les Éponges, ne saurait nuire à l’existence de ces robustes zoophytes, croit que leur acclimatation sur nos côtes de France et d’Algérie serait d’une réussite certaine. Il fait remarquer que plus l’Éponge s’avance vers le nord, plus son tissu devient tin et serré, et que par conséquent il y aurait ici à espérer une amélioration dans la qualité des produits.

La seule difficulté consisterait donc dans la transplantation des Éponges de Syrie sur les côtes d’Alger et sur celles de France. Un bateau sous-marin, tel que celui dont M. Lamiral a fait usage pour plusieurs travaux qui s’exécutent à de grandes profondeurs sous l’eau, permettrait, selon ce naturaliste, d’exécuter avec la plus grande facilité la récolte des Éponges destinées à être acclimatées sur nos côtes. Le bateau plongeur de M. Lamiral peut descendre à d’assez grandes profondeurs , et son équipage y séjourner assez longtemps, car il est constamment alimenté d'air au dehors , qui est envoyé par une pompe et un tuyau à l'intérieur du bateau. Les hommes qui composent l’équipage sous-marin pourraient manœuvrer au milieu des Éponges, et choisir celles qu’il faudrait transplanter dans les eaux françaises. Les blocs de rochers auxquels les Éponges sont adhérentes seraient enlevés. Après les avoir placées dans des caisses percées de trous , on les remorquerait jusque sur les côtes où l’on désire les acclimater. Tout annonce que dès l’année suivante ces zoophytes pourraient se multiplier dans leur patrie nouvelle.

On pourrait aussi, dans les mois d’avril et de mai, recueillir les larves qui s’échappent de l’animal, et les transporter rapidement de Syrie en Algérie.

Au bout de trois ans, lorsque ces véritables champs sousmarins seraient en plein rapport , on pourrait les mettre en exploitation méthodique, et les moissonner par couples réglées, au moyen de bateaux plongeurs.

L’éponge de luxe , ou , pour mieux dire , l'éponge de toilette , est une matière commerciale dont le prix est très-élevé; il dé-

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passe, en effet, 100 francs le kilogramme pour les qualités dites de choix. Bien peu de produits commerciaux ont une telle valeur, sous le même poids. Il y aurait donc grand intérêt à voir celle matière devenir usuelle et se mettre à la disposition de tous, par suite de l'abaissement de son prix. Si les éponges fines étaient plus abondantes et à bon marché, l’usage s’en répandrait dans nos campagnes, qui en connaissent aujourd'hui à peine l’existence. Les qualités spéciales de cette matière lui ouvriraient même toute une série d’applications industrielles, On pourrait en faire d’excellents sommiers de couchette, des garnitures de meubles, des tissus pour l’épuration et la filtration des liquides (tout un système de filtrage des eaux, le filtre Souchon, a pour base l’emploi des éponges); on pourrait s’en servir pour remplacer le crin dans la garniture des meubles, etc., etc.

Par toutes ces considérations, il serait très-désirable que l'on mit à exécution, sur nos côtes, l’entreprise sous-marine proposée par M. Lamiral. Avec l’appui de la Société d’AcclinuUalion de Paris, quelques essais ont déjà été tentés dans cette direction. Les premiers résultats n'ont pas été, il est vrai, satisfaisants. Mais la voie est excellente; elle est tracée parla nature, cl tout indique qu’en y persévérant, on verra cette entreprise couronnée du succès qu’elle mérite.

Telles qu’elles arrivent dans nos ports et sont livrées à la consommation, les éponges se distinguent en plusieurs sortes , suivant leur aspect, leur qualité, leur origine, etc.

L'éponge fine-douce de Syrie se distingue par sa légèreté, sa belle couleur blonde, sa forme, qui est celle d'une coupe, sa surface convexe veloutée, percée d'innombrables petits trous, et dont la partie concave présente des canaux d’un plus grand diamètre, qui se prolongent jusqu’à la face extérieure, en sorte que le sommet est presque toujours percé à jour en plusieurs endroits. Celte éponge est quelquefois blanchie à l’aide de substances caustiques, acides ou alcalines; mais cette préparation diminue sa durée et altère sa couleur. L’éponge finedouce de Syrie est particulièrement employée pour la toilette, et son prix est élevé. Celles qui sont arrondies, moelleuses et très-volumineuses, se payent jusqu’à 100 et 150 francs la pièce.

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L’éponge fine-douce de l'Archipel se distingue à peine de celle dont nous venons de parler, soit avant, soit après le nettoyage. Cependant elle est un peu plus pesante; sa texture est moins fine, et les trous dont elle est percée sont plus grands et moins nombreux. Elle a la même patrie que l 'éponge fine-douce de Syrie, qu’on pêche plus particulièrement le long des côtes de Syrie, bien qu’elle se retrouve aussi sur le littoral barbaresque et dans l’Archipel.

L’éponge fine-dure, dite grecque, est moins recherchée pour la toilette que les précédentes. On en fait usage dans l’économie domestique et dans quelques industries. Sa masse est irrégulière, de couleur fauve, dure, compacte, percée de petits trous.

L’éponge blonde de Syrie, dite de Venise, est estimée à cause de sa légèreté, de sa forme régulière et de sa solidité. Brute, elle est de couleur brune, de texture fine, serrée et nerveuse. Purifiée, elle devient blonde et d’un tissu plus lâche. L’orifice des grands trous qui la traversent est bordé <le poils rudes et piquants.

L’éponge brune de Barbarie, dite de Marseille, se présente, au sortir de l’eau, sous la forme d’un corps allongé et aplati, à contours arrondis, chargé d'une boue noirâtre et gélatineuse. Elle est alors dure, lourde, d’une trame serrée et de couleur rougeâtre. Par le lavage à l’eau simple, elle s’arrondit en demeurant lourde et rougeâtre. Elle ofTre un grand nombre de lacunes, dont l’intervalle est occupé par un lacis de fibres nerveuses et tenaces. Elle est très-précieuse pour les usages domestiques, à cause de la facilité avec laquelle elle absorbe l'eau, et de son extrême solidité.

D’autres sortes d’éponges sont . l 'éponge blonde de l’Archipel, que l’on confond souvent avec l’éponge dite de Venise ; — réponse dure de Barbarie, dite Geline, qu’on ne reçoit qu’accidentellemcnt en France; — l 'éponge de Salonique, dont la qualité est médiocre; — enfin Yéponge de Bahama,q\ii provient de la mer des Antilles. Elle manque de souplesse, dure peu ; on la vend très-bas prix, mais elle n’a aucune qualité utile, et doit être rejetée de tout emploi.

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CLASSE DES ALGYONAIRES, OU CTÉNOCÈRES.

Les Alcyonaires tirent leur nom de leur principal type, celui des Alcyons.

Les tentacules de ces polypes sont généralement au nombre de huit, disposés à peu près comme les barbes d’une plume, et comme dentés en scie sur leurs bords, ce qui leur a fait donner le nom de Ctènocères (du grec /tci;, peigne). Leur corps présente huit lamelles perigastriqucs. Leur polypier est le plus souvent formé de spiculés. Nous verrons plus loin, dans les Gorgones, le polypier cesser d’être parenchymateux, et son axe prendre une consistance cornée très- résistante, qui devient même pierreuse dans le Corail. Dans ce dernier groupe, il reste toutefois à la surface de cët axe une couche plus molle, destinée spécialement à loger les polypes.

On aura une idée générale de l'organisation , des mœurs et du mode de multiplication des Alcyonaires, lorsque nous ferons plus loin l’histoire du Corail.

La classe des Alcyonaires peut être partagée en plusieurs ordres : 1° les Tubiporaires, 2“ les Gorgonaires, 3° les Pen militaires, k° les Alcyonaires proprement dits.

ORDRE DES TUBIPORAIRES.

Les Tubiporaires forment un groupe composé de diverses espèces qui vivent au sein des mers tropicales, là où se trouvent les îles à coraux.

Ce groupe est exclusivement formé par le curieux genre Tubipora.

Le Tubipora est un polypier calcaire, formé par la réunion de tubes distincts, réguliers, réunis entre eux, de distance en distance, par des expansions lamellaires, également pierreuses. Les polypiers agrégés résultant de la réunion des tubes constituent des masses arrondies, qui atteignent

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souvent un volume très-considérable, à raison de leur aspect. On voit représenté dans la ligure 18 ce zoophyte, qui est souvent désigné sous le nom vulgaire d'Onjut de mer. Sur cette ligure, 1 , est l’individu réduit à la moitié de sa grandeur naturelle ; 2, une portion de l’individu de grandeur naturelle ; 3, les tubes grossis et contenant les polypes, qui occupent les espèces de tuyaux d’orgue, dont l’ensemble constitue ce curieux poly-

Fig. 10. Tubipore musique (1.7 G. N.). — {Tubiporu mutiia , Lmn.j

pier; 4 est le polype grossi; 5, la tête, c'est-à-dire l’ensemble des tentacules du même polype.

Les zoologistes du dernier siècle confondaient toutes les espèces de ce genre qui habitent les mers tropicales; ils en faisaient une seule, à laquelle ils donnaient le nom de Tubipora musica. Mais il est reconnu aujourd’hui qu’il existe plusieurs espèces de Tubiporaires se distinguant nettement, à l’état frais, par des différences dans la coloration des polypes.

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Le tissu de ces singuliers polypiers est toujours d'une couleur rouge intense. La disposition de leurs tubes en tuyau d’orgue a toujours fixé l’attention des curieux de la nature.

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