‹ La vie et les moeurs des animauxChapitre 35 sur 87 · U Monde de ta mer , page · texte numérisé non relu

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ZOOPHYTES

Nous avons déjà dit que, d’après les recherches récentes, on a été conduit à séparer du voisinage des Sertulaires et à confondre avec les Médusaires des animaux dont on ne connaissait autrefois que l’une des formes, la forme polype, ou plutôt leur premier âge. Pendant cet âge, ils possèdent un polypier, des tentacules et un corps en forme de clochette. Pendant l’âge médusoitle, ils montrent un estomac central, avec quatre canaux en croix et à ou 8 cirrhes tentaculaires. Ces animaux constituent la famille des Tubularidés, qui comprennent plusieurs genres, entre autres les Tubulaires et les Cnmpanulaires. En étudiant la génération des Tubulaires et des Campanulaires, M. Van Beneden, de Louvain, a découvert des faits extrêmement curieux, qui donnent des exemples remarquables du mode de génération dite allernanie.

Les Tubulaires ont un polypier qui ressemble à des tuyaux d’orgue un peu flexueux et réunis en touffe, et ne s'élevant qu’à quelques pouces de hauteur. Les polypes ont les tentacules disposés sur une double rangée : l’une entoure la bouche, l’autre la cavité stomacale.

La Tubulaire chalumeau, qu’on trouve dans toutes les mers d’Europe, a des tiges nombreuses, cornées, jaunes, noueuses d’espace en espace, et qui ressemblent jusqu’à un certain point aux tiges sèches de nos plantes graminées Au sommet de chaque tige , s’étale une sorte de corolle écarlate, formée par les tentacules rangés en double série. Les corolles se flétrissent au bout de quelque temps et elles sont remplacées par un bouton. Ce bouton forme nouveau polype et ainsi de suite. De cette manière les tiges s’allongent successivement comme une plante, chaque corolle s’ajoutant à la corolle du tube qu’elle termine.

Les Méduses de ces Tubulaires se développent dans les tentacules inférieurs.

Les Campanulaires se multiplient par bourgeonnement. Les bourgeons se formentde la même manière que dans les Hydres. C’est une simple excroissance qui s’étend en dehors et qui prend la même forme que la branche dont elle provient. Ces bourgeons naissent à des distances et forment un polypier.

Des loges d'une forme particulière présentent dans l’inté-

POLYPES

rieur de la masse charnue des corps oviformcs , que M. Van Beneden appelle des œufs.

Cet observateur a suivi le développement de ces œufs, il les a vus passer par différentes formes et se changer en embryons étoilés, qui sont encore contenus dans la loge ovifère et dont on aperçoit les mouvements distincts au travers des parois de cette loge. Les rayons de cette étoile ressemblent aux cirrhes des Méduses. Tant que cette petite étoile est prisonnière, ils sont repliés en dessous du disque ; mais lorsqu’elle vient au jour, ils se déploient et se meuvent régulièrement. Au milieu de la face inférieure du disque, un tubercule se développe avec les cirrhes, et représente cet appendice, si varié dans sa forme chez les Médusaires, qui se trouve au milieu et en dessous de l'ombrelle. Il se contracte et s’étend dans tous les sens et présente de bonne heure une ouverture ou bouche à sou extrémité. 11 se produit ainsi une véritable Méduse.

Nous bornerons à ces quelques faits, pris seulement comme exemples, la notion très-sommaire que nous avons voulu présenter à nos lecteurs , des métamorphoses des polypes, et de la question générale de la génération alternante, question qui lient aujourd’hui une grande place dans les préoccupations des naturalistes. Ceux de nos lecteurs qui voudront étudier cette question, la trouveront exposée avec grand soin, dans un travail de M. Paul Gervais, aujourd’hui professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Paris. Ce travail a pour litre : lie la métamorphose des organes et des générations ullernantes dans la série animale et dans la série végétale'.

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