FAMILLE DES ASCIDIES
Les Ascidies (du grec aa*iSiov, petite outre) ont, comme leur nom l'indique, la figure d’une outre, ou d’une bourse. L’analogie devient plus évidente encore, si l’on considère que ces êtres sont habituellement remplis d’eau, que l’on peut expulser de leur corps, et leur faire rendre, en les pressant un peu fortement.
Les Ascidies sont tantôt entièrement libres et formant des individus séparés, tantôt réunies les unes aux autres, d’une manière plus ou moins intime. De là leur division en trois groupes particuliers : les Ascidies simples, sociales et composées.
Les Ascidies simples se fixent, chaque individu isolément, sur les rochers et autres corps sous-marins, et généralement à une certaine profondeur. Nous citerons comme type, la Cynihie petit monde de la Méditerranée, que l’on voit représentée sur la figure 104.
Ce nom de petit monde vient sans doute de ce que la Cynihie est, en effet, habitée partout un monde animé, par des Algues et des Polypiers, qui ont pour séjour sa surface, et lui donnent une physionomie particulière, mais tpeu attrayante. Le goût
MOLLUSQUES
de ces molluscoides est fort âcre, ce qui n’cmpéchc pas les pauvres habitants de nos côtes de les manger.
Le Phallusia est un autre type à citer dans le même groupe.
Kig. loi. Cyrtlhie petit monde ( Cynlhia nticrocotmut). (AtciJia microcosmus, Cuvier.)
Une espèce de couleur rouge, et de la grosseur d'une groseille, se loge communément dans les Huîtres de certaines localités, c’est la Pliallusia gressuturia.
On voit une autre espèce ( Pliallusia ampultoïdes ) se développer, en quantité prodigieuse, à Ostende, dans les parcs à Huîtres. Ce parasite indiscret envahit jusqu’aux Homards vivants.
Les Ascidies sociales comprennent des Tuniciers vivants réunis sur des prolongements communs en forme de racines, mais libres d'ailleuis, de toute adhérence entre eux. Nous citerons dans ce genre, la Boltènic pédoiuulée.
Les Ascidies composées sont associées d’une manière plus intime encore, l'n grand nombre de ces petits êtres vivent réunis en une seule masse. Tels sont les Boirylles et les Py.-osomes.
Le Botrylle est un des genres les plus intéressants du groupe que nous considérons. Qu’on se figure de dix à vingt individus, de forme ovale, plus ou moins aplatis , qui adhèrent, par leur face dorsale, aux corps sous-murins, et se tiennent entre eux par leurs côtés, de manière à former une sorte de roue.
» Quand on irrite une des branches de l'ensemble, dit Frédol, un
TUNICIERS
seul Mollusque se contracte; quand on tourmente le centre, ils se contractent tous (Cuvier). Les orifices buccaux se trouvent aux extrémités extérieures des rayons; mais les terminaisons intestinales aboutissent il une cavité commune qui est au moyeu de la roue.
Voilà donc des animaux qui mangent séparément et qui remplissent ensemble une singulière fonction! Ce genre d’union et do communauté nous rappelle ce qui se passait dans Ritta-Christina. Mais chez nos Mollusques au lieu de deux individus soudés nous en avons une quinzaine.
Fig. les. Bollénla péJonaolée {Bollenia pedimcuiaia).
(Aicidia peduncvlata, Mlle. Edw.)
On peut considérer l’étoile entière comme une seule bèto à plusieurs bouches! Mais alors il y a chez elle luxe d’organes pour la fonction intelligente qui cherche et qui choisit, et parcimonie pour la fonction stupido qui ne cherche pas et ne choisit pas 1 ! »
Tandis que le Botrylle est fixe et adhérent, le Pyrosome, au