‹ La vie et les moeurs des animauxChapitre 50 sur 87 · BRYOZOAIRES · texte numérisé non relu

BRYOZOAIRES

Quelques espèces de Flustrcs existent sur nos eûtes. Nous citerons la Flustre foliacée (fi;?. 103), dont le testier peut acquérir jusqu'à un mètre de grandeur dans tous les sens.

< Les expansions, dit l’auteur du Monde de la Mer, représentent des ruches microscopiques dont les citoyens jouissent à la fois d’un existence •ommune et d une existence indépendante. Comme chez les Polypiers, chacun mange pour le compte de l’association et pour son propre compte.

Fig. 103. Flustre foliacée.

( Flvsiru fol meta , Lin.)

Travail et nutrition pour la république; travail et nutrition pour soi! Très-probablement il règne, entre tous les habitants d’uu même groupe, des sentiments de fraternité d’une nature particulière dont nous n’avons aucune idée. Puisque ce qui est digéré par un membre de la famille, profite, jusqu'à un certain point, à tous les autres, ne doit-il pas y avoir entre tous les divers individus, surtout entre les plus rapprochés, un lien physiologique plus ou moins étroit, lequel entraîne peut-être un lien moral plus ou moins fort. Et, s’il en était ainsi, les animalcules d’une Jlustre ne déviaient pas connaître le sentiment de l'égoïsme. •

TUNICIERS

En apercevant la plupart des Tuniciers, une personne étrangère à la zoologie ne saurait guère les prendre pour des animaux. Presque toujours attachés aux rochers sous-marins, ces êtres affectent ordinairement la forme d’un sac. Leur peau, gélatineuse, cornée, ou rocailleuse, est parfois hérissée de plantes marines et de polypiers. Ils n’ont ni bras, ni pieds, ni tête. En revanche, ils ont une bouche, placée à l’entrée du tube digestif, et une ouverture spéciale destinée à l’évacuation des produits de la digestion , — ce qui est d’ailleurs un privilège parmi la série de ces êtres imparfaits que nous considérons depuis le commencement de ce volume. La bouche est précédée d’une grande cavité, dont les parois sont tapissées de vaisseaux, qui rendent cette cavité propre à la respiration, et qui sont recouverts de cils vibratiles. Le même canal sert donc, en avant, à la respiration, et plus loin à la digestion. C’est toujours la même et savante parcimonie de la nature.

Autre disposition tout aussi remarquable dans l'organisation de l’appareil circulatoire. On ne saurait appliquer aux Tuniciers le dicton vulgaire : Mauvaise tête et bon coeur, attendu qu’ils ont un cœur, à la vérité, mais qu’ils n’ont pas de tète.

Ce cœur est le centre d'un système vasculaire assez développé. Seulement, il n’est pas fait comme les autres. Le sang, qui le traverse, prend une telle route, que, dans l’espace de quelques minutes, le cœur change son oreillette en ventricule et son ventricule en oreillette. En même temps ses artères se changent en veines et ses veines en artères. C’est que le cou-

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rant qui traverse ces canaux, change de direction à chaque contraction du cœur.

Si simples qu'ils soient, les Tuniciers ont un système nerveux. C’est un ganglion unique, d'où partent divers petits filets. Les organes des sens se montrent chez eux d’une façon rudimentaire : on leur trouve des yeux.

En cherchant bien, on a même pu découvrir une oreille, une seule! La nature ne va pas si vite d’accorder, du premier coup, deux oreilles à des êtres aussi arriérés que les Tuniciers.

Ces animaux se reproduisent par des bourgeons, et aussi par des œufs. Les petits subissent les plus curieuses métamorphoses. Nous signalerons plus loin les prodigieuses particularités que présente la multiplication de certains Tuniciers.

On divise les Tuniciers en deux familles : les Ascidies et les Salpes.

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