GENRE PEIGNE
Linné a confondu à tort, dans le genre Huître, un grand nombre d’espèces de coquilles qui, par les cannelures et les côtes de leur surface, rappellent un peu la disposition des dents d’un peigne : de là leur nom ( Pecten , peigne). Ces coquilles étaient, du reste, connues des naturalistes bien avant Linné. On les nommait aussi manteaux ou pèlerines. Ce dernier nom vient de l’usage qu’avaient autrefois les pèlerins, d’orner leur robe et leur chapeau, en y appliquant, on n’a jamais su pourquoi, les valves de ces coquilles.
Les coquilles de Peignes en général sont circulaires, plus ou moins allongées. Elles se terminent, vers le sommet, par une ligne droite, dont les extrémités se prolongent, de chaque
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côté de la charnière, en deux appendices triangulaires que l’on nomme ortilleilts. Les valves sont très-régulières, mais dissemblables entre elles. Chez quelques espèces, dont la co-
Fig 115. Peigne manteau ducal.
{Pecten julUum. Lin )
Fig. 110. Peigne pourpré.
( Pecten pvrpuratue. Lamk.)
quille se ferme exactement, la valve inférieure est plus ou moins convexe, et la supérieure plate. Dans d'autres, les deux valves sont convexes. La charnière est sans dents, et
Fig. M7. Peigne coralline.
{Pecten nodotus. Lin.)
Fig. 118. Peigne tigre.
( Pecten iigrit. Lamk.)
le ligament destiné à fermer la coquille est inséré dans une fossette triangulaire. Le muscle rétracteur est unique et presque central. Les valves ne sont pas nacrées en dedans ; elles
MOLLUSQUES
présentent, sur leur surface extérieure, des côtes plus ou moins nombreuses, qui partent du sommet, et divergent vers la circonférence. Ces côtes sont quelquefois lisses, mais le plus souvent elles offrent des stries ou des écailles.
Fig. 119. Peigne foliacé.
{Pecten foliactus. Quoy.)
Fig. 120. Peigne da nord.
(Pecten iilattdiciu. ChemnitxO
En somme la structure des valves chez les Pectens est trèsvariée, mais toujours très-élégante. Les couleurs qui les décorent sont souvent éclatantes et vives.
Fig. 121. Peigne arrosé.
( Pectcn pseudamutsium. Chemn.)
Fig. 122. Peigne glabre.
( Pecten glaber. Lin.)
Nous présenterons comme spécimen de ce genre de coquilles les figures de huit espèces : 1 e Peigne manteau Jurai (fig. 115), le Peign» pourpre (Gg. 116), le Peigne coralline (fig. 117), le Peigne tigre (fig. 118), le Peigne foliacé (lig. 119), le Peigne du
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nord (fig. 120), le Peigne arrosé (fig. 121) et le Peigne glabre (fig. 182).
L’animal qui habite la coquille des Peignes a la forme générale de celui de l'Huître. 11 en diffère pourtant d’une manière assez notable. Les bords du manteau sont garnis d’une frange mulliple de tentacules simples, entre lesquels se trouvent espacés des tentacules un peu plus gros, terminés chacun par une sorte de petite perle vivement colorée, à laquelle se rend un filet nerveux, qu’on a pris pour un œil. Autre différence : les branchies, au lieu d’être réunies en une lame striée, comme chez les Huîtres, sont découpées en filaments capillaires pa-
Fig. t*J3. Peigne operculalN.
( Peclen operculariu Lin )
rallèles, formant des franges libres et flottantes; la bouche est entourée de lèvres saillantes multifides, etc.
Tandis que l'Huître est complètement fixe, le Peigne est, au contraire, libre, et peut se déplacer. Il se meut dans l’eau avec une certaine agilité. En fermant brusquement ses valves entr’ouvertes, il chasse le liquide avec force, et se trouve repoussé en sens inverse, par un effet de réaction. Répété à plusieurs reprises, ce mouvement suffit pour faire progresser l’animal à son gré, et lui faire éviter les dangers, ou le diriger vers le but qu’il doit atteindre. Quelques naturalistes ont même prétendu que lorsqu’il s’élève à la surface de l’eau, le Peign
MOLLUSQUES
entr’ouvre sa coquille de manière que sa valve supérieure lui serve de voile, et lui permette de naviguer, comme une embarcation à voiles.
Les Peignes habitent toutes les mers. On en a décrit une centaine d’espèces, dont une vingtaine appartiennent aux mers d'Europe. Nous citerons parmi ces dernières le Peigne à côtes rondes.
On pèche ce mollusque aux bords de l’Océan, et on l’apporte sur les marchés des lies voisines, car il est comestible, bien que le muscle rétracteur qui forme presque toute sa masse charnue soit d'une dureté extrême.
Le Peigne bigairc se trouve souvent mêlé avec les Huîtres que
l’on apporte sur les marchés de l’Ouest. Sa couleur, assez variable, est noire, brune, rouge, violette ou orangée; cette couleur est tantôt uniforme, tantôt tachetée.
Le Peigne operculaire, que l’on voit représenté dans la figure 123, et le Peigne manlclet, sont encore des espèces propres aux mers de l’Europe.
Parmi les espèces des autres mers, nous citerons : le Manteau ducal (fig. 115),, qui habite les mers de l’Inde, et qui est remarquable par l’élégance de ses douze côtes ou rayons striés longitudinalement, hérissés d’ècailles saillantes, et par l’élégante distribution de scs tachas blanches, sur un fond rouge nuancé et marbré de brun; le Peigne manteau blanc de l’océan Indien et
Fig- 1514. Peigne manteleL ( Pecten plica. Lin.)
Fig. 1 25. Peigne concentrique.
{Peclm Japonica. Gmel.)
ACEPHALES.
le Peigne concentrique. La figure 124 représente le Peigne mantelet de l'océan Indien, et la figure 125 le Peigne concentrique, ou du Japon.
GENRE PÉTONCLE.
Les Pétoncles ( Pectunculus ) abondent sur les rivages de l'Océan et de la Méditerranée. Si l’on ramasse au hasard une poignée de coquillages sur les plages de nos côtes, un tiers sera formé
Fig. IÜ6.
Pectunculus auriflua. (Recve.)
Fig. 127. Pétoncle de Delcseert.
{Pectunculus Delesstrtii. Reere.)
de Pétoncles. On les trouve mélés aux Cardiums, aux Vénus aux Couteaux, aux Peignes. Leurs formes arrondies et robustes attirent l’attention. Les enfants les font figurer au premier
Fig. 128. Pétoncle peclinf forme. Fig. 129. Pétoncle écrit.
(/VcJuntu/iu peciiniformis. Lamk.) ( pectunculus scriptus Born.)
rang de ces collections charmantes qui s’amassent sur les genoux d’une mère, et qui durent l’espace d’un baiser.
L'animal qui vit dans l’intérieur de cette bonne et grosse co-
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quille s’est moulé sur sa courbure : il est arrondi et ramassé comme elle. Il est pourvu d'une bouche large, épaisse, et de doubles branchies.
Souvent à travers ces coquilles, quand on les prend vivantes, il s’exhale un liquide épais et muqueux. L’enfanl, qui a Tait cette conquête au bord de la plage, la rejette, de dégoût et d'effroi , à l’aspect de cette bave peu engageante.
Comme espèces particulières des Pétoncles, nous signalerons celles que l’on voit représentées dans la page précédente, savoir: les Pectunculus aurijlua (fig. 126), le Pétoncle de Delessert (Gg. 127), le Pétoncle pectiniforme (lig. 128), le Pétoncle écrit (lig. 128).